Pour sa 17e édition, le Festival Jerk Off se tiendra du 13 au 29 septembre 2024 et accueillera des événements autant à Paris qu’à Bagnolet, Pantin ou Aubervilliers.
Diacritik
La Journée du moelleux est le premier livre de Léo Dekowski. Il a une forme surprenante : la plupart des poèmes sont constitués de longs vers centrés sur la page, certains ne comportant qu’une phrase, voire un seul mot.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.
« Ce qui n’est pas la même chose que de taire. » C’est probablement la seule position tenable pour le récit généalogique et archéologique qu’entreprend Kim de L’Horizon dans son livre de sang (Blutbuch). Le titre allemand referme comme un conteneur le hêtre pourpre que Rose Labourie, sa traductrice, a choisi pour la version française.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.
Le livre de Laure Gauthier est un récit, un conte, une fable – à la fois une dystopie, de la SF, un texte poétique, politique.
Entretien avec Jean-François Santoro à propos de son ouvrage Midlife crisis.
Anna Funder, L’Invisible madame Orwell (entretien)
« Qu’est-ce que la condition d’épouse ? » Voilà la question que s’est posée l’autrice australienne, Anna Funder, lorsqu’elle […]
La poésie de Ronelda Kamfer (1981- ), voix réputée incontournable de la poésie sud-africaine contemporaine, est souvent rapportée aux expériences de violences qu’elle a traversé au Cap : gang, drogues, pauvreté, violences intrafamiliales… Si de toutes évidences sa poésie est marquée par ces expériences elle ne saurait se résumer à des éclats de vie hantés par un passé douloureux. Le cœur de son recueil Chinatown semble d’avantage travaillé par une question en lame de fond : comment vivre quand nous sommes presque ontologiquement assigné.es à la survie? Que faire de la colère ou de l’amertume ? Et comment se maintenir droite sans tirer sa révérence ?
De février à novembre 2019, j’ai suivi Ellen Ripley le long des épisodes de la saga Alien pour Diacritik ; et au-delà : pour ce que cette (auto)fiction-là disait de l’héroïne que j’étais, dedans.
Avec Un jour d’avril, retrouvons le meilleur de Michael Cunningham en un roman : le récit se déploie sur trois journées entre 2019 et 2021, chaque fois le 5 avril, d’une matinée à Brooklyn à un crépuscule dans une campagne américaine, en passant par un zénith islandais. En 2020 tout aura basculé pour le monde (le confinement) comme pour une famille… Chacune des trois journées est le concentré d’une année comme d’une vie et le roman se déploie comme un panneau peint, les ellipses entre les années venant concentrer les bascules dramatiques. Du grand art romanesque et un page-turner redoutable et bouleversant.
22 août. Relecture de Mélusine reloaded de Laure Gauthier, ouvrage d’à peine plus de cent pages qui, bien que présenté comme un « premier roman », fraie clairement entre les genres, prenant langue avec le plus ancien comme avec ce qui arrive. J’attends un peu avant d’en apporter un écho, en profitant pour ranger mes acquisitions d’été, avec en tête l’idée de déposer une note aussi brève que possible pour chaque livre. Huit semaines sans rien publier rend la reprise délicate tant on s’habitue à voir, à écouter, à lire, sans même songer à rompre le silence : laissant s’éteindre tranquillement les résonances propres à ces visions, ces écoutes, ces lectures – même si, en réalité, rien ne meurt, car, entre autres activités, le rêve réanime sans prévenir ce qui nous chuchote à l’oreille de quoi écrire trois mots ou trente-mille signes.
L’histoire se répète toujours deux fois nous dit Marx, “la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.” Aurélien Bellanger est un écrivain pressé. Avec son septième roman, Les derniers jours du Parti socialiste, il fait les deux en même temps.
En 1993, à Chicago, leurs appartements se font face, chacun au troisième étage, séparés par une étroite ruelle. Ils s’épient, apprennent à se connaître, de loin, en secret, tentent de tout apprendre de l’autre de ce qu’ils voient et imaginent en interprétant les images accrochées au mur, les livres lus, les vinyles écoutés. Il la trouve belle et cultivée, elle aime sa minutie quand il travaille à ses photographies. L’observation vire à l’obsession. Ils vont bien sûr se croiser, s’aimer, se marier, avoir un enfant. Mais cette situation initiale — si loin si proches — ne variera pas, variant seulement les échelles (de très proches à très loin). Nathan Hill fait de ce chapitre initial, magnifique, le point de départ d’un très grand roman, mêlant couple et chronique, récit et réflexions très aiguës sur ce qui fait nos quotidiens, de l’amour à Facebook, en passant par le complotisme ou les algorithmes.
Hélène Giannecchini : « J’écris en me disant que ma vie ne suffit pas » (Un désir démesuré d’amitié)
À l’occasion de la parution d’Un désir démesuré d’amitié, son nouveau livre, grand entretien avec Hélène Giannecchini où l’on croise Derrida, Barthes, Montaigne, Monique Wittig, Donna Haraway, Michel Foucault ou Maggie Nelson, comme autant d’amies et amis, puisque l’amitié se voit pensée dans ce récit comme une possibilité subjective, éthique, politique.