Jean-Clet Martin (DR)

Jean-Clet Martin (DR)

Le siècle deleuzien de Jean-Clet Martin, n’est pas un livre sur Deleuze mais avec Deleuze. Loin de s’enfermer dans l’exercice d’un commentaire fort peu deleuzien, de vouloir expliquer Deleuze, de le réciter selon une approche très scolaire ou de le rabattre sur des questions et problèmes que son œuvre a précisément contribué à vider de leur sens, Le siècle deleuzien propose une pensée avec Deleuze, pensée qui ne peut ainsi qu’être originale, nouvelle – puisqu’il s’agit avant tout de créer.

Ce livre fait de Gilles Deleuze l’opérateur d’une constellation traversée de thèmes, d’idées, de forces étranges, de rapports aux animaux ou aux machines mais aussi à d’autres philosophes comme Sartre ou Derrida – constellation qui dessine les points et trajectoires d’un autre monde dans le monde, d’un autre siècle dans le siècle. Il s’agit donc aussi de penser la possibilité d’autres possibles du monde, d’autres possibles de l’histoire, d’autres possibles du futur.

Juliette Mézenc
Juliette Mézenc

Casier du lycée : Je l’ai découvert assez tard, au fond de mon casier de prof en « lycée sensible », sous la forme de mauvaises photocopies que j’ai lues entre deux cours, une fesse sur une chaise puis les deux, puis la salle des profs a disparu. Il s’est mis à me parler, ce type me parlait à moi, il avait écrit ce texte exprès pour moi et quelqu’un, un Hermès de salle de profs, l’avait photocopié et mis là dans mon casier, à mon intention, sa parole m’était exclusivement adressée, comme ce fut le cas pour tous les livres qui m’ont marquée, cette conviction qu’ils ont été écrits à mon adresse (et que d’autres ressentent la même chose pour le même texte ne fait bien sûr que renforcer l’idée qu’un grand livre est un livre qui ne parle pas à tous mais à chacun et à peu. Combien dans ce monde sommes-nous à avoir lu Rimbaud en dehors du « Dormeur du val » et de l’école ? Un pourcentage serait ici utile à ma démonstration).