Hiver 2016. Les jeunes Éditions Denise Labouche, maison parisienne fondée par un collectif d’auteurs-éditeurs éclectiques et aventureux publient L’Alpine le premier roman du journaliste François Moreau Martinez. Foisonnant, bourré de clins d’œil ancrés sur un socle classique rigoureux et un sens du rythme très jazzy, ce roman résolument pop apporte une touche beat dans le paysage de la littérature contemporaine française.
Rencontre avec un écrivain sans prétentions dont le cerveau abrite une belle famille de références et d’inspirations.

En 1993, Robert Doisneau acceptait de recevoir Eden’Art chez lui, à Montrouge, pour un long entretien ponctué de son rire et de sa gentillesse. Il avait même accepté de se laisser tirer le portrait, une photo dont le négatif a disparu, reproduite ici avec le grain du papier. Cet entretien date d’une époque qui était encore celle de l’argentique…

Amy Winehouse : Fuck Me Pumps

On peut s’interroger sur ce qui a pu pousser l’académie à récompenser, par l’Oscar du meilleur documentaire, Amy, portrait d’une des premières icônes des années 2000, face à des films aux sujets moins egocentrés tels que les massacres en Indonésie en 1965, l’Ukraine, ou les cartels de drogue au Mexique. Ne pouvant moi-même pas comparer avec les autres réalisations nominées, faute de les avoir vues, je vais tout de même essayer d’avancer une théorie sur les raisons de cette victoire.

Amaury da Cunha — Amaury — m’a envoyé par courriel quatre de ses photographies. C’est toujours flatteur une photographie vue sur un moniteur avec sa lumière, cela donne du relief qui, sans doute, nous trompe. J’aurais aimé les voir dans la réalité, apprécier le papier choisi par Amaury da Cunha — Amaury —, considérer les rendus, jauger le format pour, enfin, sentir l’émanation de l’énergie issue de ses photographies — il s’agit bien de cela.

J’ai commencé à pratiquer la photographie à l’adolescence. Je désirais faire des films mais mes parents n’avaient pas de caméra. Je voulais raconter des histoires, j’essayais de créer des images qui fassent passer des sensations. J’ai réellement appris en photographiant les concerts de groupes d’amis. J’essaie d’explorer les possibilités que peuvent offrir les appareils, les pellicules. Pour cette série aux États-Unis, j’ai voulu photographier autant l’aspect road que l’aspect trip, que le résultat ne soit pas de simples paysages mais aussi des visions, des songes.

« Le problème avec la vérité est qu’elle relève souvent du cliché et de la banalité », écrivait Michael Cunningham dans Crépuscule (2012) — un roman de désir et de mort, dans un New York à « l’attrait cruel », « un foutoir comme l’était le Paris de Courbet », une ville « dangereuse » en ce qu’elle accentue les failles intimes et dérives individuelles.

Virginie Despentes, écrivain française vivante, née à Nancy en 1969.
8 romans, 1 manifeste, 1 roman graphique et 1 recueil de nouvelles à son actif : Il y a peu de voix comme celle de Virginie Despentes en France. Un style taillé dans le roc(k), une plume acérée, un humour au napalm et une bonne dose de réflexion politique déguisée en provocation punk. On pourrait, maladroitement et en alignant ainsi les poncifs, tenter de résumer l’ouragan Despentes, la tempête trash et féministe qu’elle fait souffler sur la littérature française depuis le milieu des années 1990. On pourrait. On pourrait aussi songer au frisson de subversion qui a parcouru notre peau à la lecture de Baise Moi, et souhaiter que tout le monde le ressente. Même si en vrai, le frisson était une droite en pleine face.

En 2014, le Prix Médicis étranger 2014 a couronné un roman de Lily Brett, Lola Bensky, édité à La Grande Ourse, chez l’un de ces éditeurs qu’inlassablement on qualifie de « petits », pour la taille de leur structure, pour leur jeunesse (La Grande Ourse a vu le jour en 2012). Ce roman paraît en édition de poche (chez 10/18) alors que sort Chaud devant ! à La Grande Ourse.