Sous le titre Le grand camouflage, Écrits de dissidence (1941-1945) (Paris, Seuil, 2009, puis 2015), Daniel Maximin a eu l’heureuse idée de réunir en un volume les articles rédigés par Suzanne Césaire dans la revue littéraire et culturelle martiniquaise Tropiques, durant les années de guerre. Heureuse et lumineuse idée car cette édition permet de (re)découvrir une voix féminine restée dans l’ombre, cachée derrière la présence solaire de son époux Aimé Césaire.

Mtrain : 18 stations dans la « carte de l’existence » de Patti Smith, un voyage à travers les bars, cafés — elle qui a toujours rêvé de tenir le sien — et lieux qui l’ont inspirée, prétexte à l’évocation d’un univers littéraire, poétique, intime, puisque, comme l’écrit Wittgenstein, cité dans le livre, « le monde est ce qui arrive » et c’est bien ce monde tel qu’il advient que consigne Patti Smith, « zombie optimiste », « noircissant des pages somnambuliques ».

Faire un journal, c’est d’abord une affaire de choix, ne pas succomber à la tentation du copier-coller racoleur, éviter les titres «à la manière de» (suivez mon regard). Et même si au sein de la rédaction certains revendiquent haut et fort l’influence de lectures passées et affichent un goût certain pour les mots et leurs jeux… petit florilège de manchettes qui auraient pu voir le jour sur Diacritik. Mais en fait, non. Attention, il y a un piège.

Dans la mouvance de #NuitDebout et de #BanlieueDebout, une libraire d’Achères dans les Yvelines lance #LibrairieDebout. Mélanie Le Saux-Glaymann, la patronne de la librairie Neverland, librairie de l’imaginaire, s’associe en effet au mouvement et invite ses clients à venir discuter, débattre ou, comme elle le précise sur le blog de la librairie, « tout simplement se réunir pour parler ensemble de notre avenir commun. »

S’il existe peu de livres dont le titre formule une question, il en est sans doute encore moins qui livrent la réponse en quatrième de couverture. Or c’est précisément ce qu’ose ici Marc Cholodenko ; et comme pour rendre la chose encore plus lumineuse, sinon plus coupante, titre et quatrième relèvent d’un seul et même énoncé, repris tel quel, au signe de ponctuation près : Il est mort ? Il est mort. Est-il d’ores et déjà besoin de préciser que l’enjeu de ce livre est homogène au temps qui s’écoulera entre ces deux formulations ?

Comment expliquer le charme étrange et paradoxal que le fait divers, cette « horreur miniaturisée », exerce sur nous ? Cette question est à l’origine de l’«essai» que publie Mara Goyet chez Stock, Sous le charme du fait divers, interrogeant son « inquiétant enchantement », sa « promotion », son « style » et son « esthétique », à travers journaux, romans, films et séries.

Quand il n’y a pas de langage, quand on se demande où est le sujet, que reste-t-il ? Les traces et les rythmes. Les traces des mouvements inscrits dans le sol, des déplacements du corps dans l’espace, des coulissures de peinture sur la toile. C’est cela qui reste, mais c’est également ainsi que tout commence. Les cliniques de l’extrême – extrêmes parce qu’elles amènent aux confins de ce qui est humain et aux frontières de ce qui est pensable – nous incitent à un questionnement sur la constitution du premier espace psychique, en rapport avec l’espace du rêve et l’espace du monde extérieur, aussi bien physique qu’intersubjectif.