Le journaliste américain David Grann a placé un épisode oublié de l’Histoire des États-Unis au centre de son enquête, La Note américaine : la manière dont une tribu amérindienne, les Osages, a été déportée sur une terre stérile qui s’est révélée être le plus important gisement de pétrole du pays. La richesse des Osages est sans doute le mobile d’une série de meurtres, longtemps inexpliqués, dont David Grann démêle l’écheveau. L’ensemble de son enquête apparaît ainsi comme métonymique du rapport des États-Unis aux Native Americans, ce « péché originel sur lequel le pays était né ».
Ripley : Hey, I feel like kind of a fifth wheel around here. Is there anything I can do?
Sergeant Apone : I don’t know, is there anything you can do?
Dans l’une des premières scènes de la Director’s Cut d’Aliens (James Cameron, 1986), Ripley est assise sur un banc face à un paysage de forêt virtuel, dans la station orbitale qui l’a recueillie. Sa navette a dérivé cinquante-sept ans dans l’espace : c’est par un hasard incroyable qu’elle a été retrouvée vivante.
Lundi soir, comme beaucoup de Français, je me suis senti veuf et, dans ma brûlante solitude, j’ai versé quelques larmes en voyant la flèche de Notre-Dame s’effondrer. J’étais déjà triste, ce soir-là, parce qu’on commémorait le trentenaire de la mort de Bernard-Marie Koltès et que, bien malgré moi, je n’avais pu me rendre à la grande soirée de remise des Prix Topor 2019 orchestrée par l’inénarrable Jean-Michel Ribes au Théâtre du Rond-Point.
« La mémoire est une affaire de surfaces colorées, fugitives, conservées imparfaitement dans un cerveau périssable » : cette phrase pourrait, imparfaitement, illustrer le propos de Paysage perdu de Joyce Carol Oates qui paraît en poche chez Points, dans une traduction de Claude Seban.
Le titre du film de Christophe Pellet, Aujourd’hui, rien, peut s’entendre comme l’énoncé d’un parti-pris qui est celui de la banalité : aujourd’hui, rien de spécial, rien de particulier, de notable, de nouveau.
« Tu t’abîmes les yeux. Tu t’abîmes les yeux » lance d’emblée, depuis son fauteuil dont elle ne bougera désormais presque plus, la grand-mère à sa petite-fille, Pascale Bodet qui la filme dans son splendide et bouleversant Presque un siècle.
Présenté au du Cinéma du Réel et au festival du court-métrage de Brive, Presque un siècle de Pascale Bodet s’impose comme un des films les plus remarquables de ce début d’année. Filmant sa grand-mère entrée dans sa 99e année, la cinéaste livre avec une rare force un vibrant documentaire qui interroge notamment les frontières même du documentaire, de l’intime et du film de famille. C’est au retour de Brive que Siryne Zoughlami pour Diacritik est allée à la rencontre de Pascale Bodet.
Après un premier album surprenant et plus que convaincant, les Psychotic Monks proposent aujourd’hui Private Meaning First, un second opus tout aussi surprenant et très réussi. Les quatre musiciens sont d’abord préoccupés de leur art et s’y engagent ici avec plus de radicalité encore. Tout y est plus resserré, incisif, tranché, en quelque sorte brut, pour un album qui affirme sans concession sa singularité et ses partis pris.
Retissant il y a peu ici-même un lien trop souvent interrompu avec ce qu’on entend par “bande dessinée” – ces suites de dessins traversées par un ou plusieurs flux narratifs, parfois au bord d’une certaine forme d’abstraction, parfois au plus près de la représentation de ce qu’on se risque encore à nommer “réalité” –, je notais, un peu marri, qu’il m’était de plus en plus difficile d’entrer dans les derniers avatars des formes les plus conventionnelles du genre. D’où cette quête de singularité ; et ces détours aux postes d’observation à la frontière.
Que peut la littérature ? Non plus ce qu’elle est ou n’est pas, précieuse tracasserie à l’usage de spécialistes, mais ce qu’elle peut aujourd’hui. Aujourd’hui comme chacun sait : premier tiers d’un siècle assombri par l’urgence écologique. La réponse n’est pas facile et fait penser peu ou prou à l’intellectuel qui bricole et, à défaut de marteau, s’avise de planter un clou avec le cul d’un bibelot. Enrôler la littérature dans l’urgence qui est la nôtre suppose un nouvel art d’accommoder les textes. Pour ne pas nous résigner à rester les bras ballants pendant que le bateau coule et que chacun s’est saisi de sa pratique ou discipline qu’il manœuvre comme une écope, interrogeons la vraisemblance d’un tel aggiornamento.
L’Europe n’a pas été donnée d’emblée à Valéry.
Depuis des mois, chaque samedi, la police frappe, gaze, éborgne, arrache des mains. Si en France la police n’est pas un pouvoir indépendant du reste de l’État et de ceux qui le dirigent, elle est aujourd’hui l’arme la plus violente du pouvoir violent que celui-ci exerce sous le mandat d’Emmanuel Macron.
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Pour retrouver des Maghrébins dans les listes des Brigades internationales, les chercheurs ont dû consulter les listes des Français car l’Algérie et le Maroc sont alors colonie et protectorat français et ceux qui se sont engagés sont ainsi recensés. Avant de présenter le seul roman consacré à un brigadiste algérien et, en contrepoint, la seule nouvelle consacrée à un des 100.000 Moros de Franco, il n’est pas inutile de faire un rappel de l’Histoire.