Il est facile – et parfois utile – de lire l’ensemble des rapports de force sous un prisme unique.
Le titre du livre d’Anne-Lise Broyer, Journal de l’œil, est une référence à Georges Bataille et à son Histoire de l’œil. Pourtant, il ne s’agit pas de la référence d’un écrivain à un autre écrivain. Anne-Lise Broyer est photographe et la référence à l’œuvre de Bataille est d’abord, ici, l’indice d’un écart, d’une séparation entre une œuvre de langage et une œuvre du visible, entre l’écriture et l’image photographique.
La rue Lucien Leuwen, dans le 20° arrondissement, est l’une des rares voies parisiennes à porter le nom d’un personnage de roman. Promenade littéraire.
À Paris, le 12 novembre dernier, une manifestation de militantes féministes est parvenue à provoquer l’annulation de la projection du dernier film de Roman Polanski, sur qui pèse une dizaine d’accusations de viol.
Dans le cadre de son programme national d’éducation artistique et culturelle l’Ami littéraire (rencontres d’écrivains en milieu scolaire de la maternelle à la Terminale), la Maison des écrivains et de la littérature propose une action novatrice dans les classes, autour de la lecture et de l’interprétation des textes : À la table de lecture, lire et interpréter, un jeu pluriel.
Alien: (Re)Generation s’ouvre sur les corridors déserts de l’Auriga. Le vaisseau flotte dans l’espace, en orbite autour de la Terre.
Près d’un an après le baiser refusé à l’hôtel de Balbec (avec sonnerie d’alerte), Albertine rend visite à Marcel chez lui. Elle a bien changé et son langage s’est affranchi ; mieux : elle ne refuserait pas d’accorder un baiser.
Par où commencer ? Par le chant des voyelles qui pépient dès le début du recueil, piaillent et crient.
Après Comme si quelque (Comp’Act, 2006) et Icare crie dans un ciel de craie (Belin, 2007), Martin Rueff n’avait plus publié de livre de poésie. Il faut par conséquent saluer ce retour, ou ce recours de nouveau au poème avec La jonction (Nous, 2019).
« Il n’était pas armé pour répondre aux histoires de Jude, parce que la plupart constituaient des histoires auxquelles il ne pouvait pas répondre » : le trouble de Willem face aux multiples drames peu à peu révélés par Jude, tant ce dernier demeure longtemps incapable de verbaliser ce qu’il a traversé, est celui que Hanya Yanagihara transmet à ses lecteurs dans Une vie comme les autres. Ce roman somme est un tour de force, dévastateur et perturbant.
Il m’aura fallu attendre 43 ans bientôt 44 pour comprendre, savoir, découvrir ce que veut dire vivre un concert historique, c’était hier soir à l’Olympia Paris, mardi 19 novembre 2019. Il s’appelle Tamino comme le Prince de la Flûte enchantée, Mozart est le compositeur préféré de sa mère anthropologue et passionnée de musique, et son album Amir n’est autre que son deuxième prénom signifiant « prince » en arabe.
« (…) les yeux dirigés vers l’aurore, je m’aventurai dans le val étroit des métempsycoses. » André Gide, Le Voyage d’Urien
La vie est une chienne qui n’a pas épargné Samuel Dock.
Tout part d’Isadora Duncan, célèbre danseuse et chorégraphe des années 20 au destin tragique lié au décès de ses enfants. Dans Les enfants d’Isadora, Damien Manivel approche avec une immense délicatesse ce que pourrait être son héritage, celui de ses chorégraphies, des répliques de son chagrin, prenant des chemins insoupçonnés. Quatre femmes poursuivent ainsi à leur manière son œuvre, dans une temporalité cotonneuse propice à l’éclosion d’un sentiment de deuil, d’un partage de l’indicible. Il y a contenu dans ces gestes et l’attention formelle leur étant portée, une totalité évanescente, quelque chose de précieux aussi abouti qu’évanescent, qui se dérobe à l’instant où il éclot, saisissant par le cinéma la fugacité perpétuelle de la mort. Entretien avec Damien Manivel.