En prélude au 30e Salon de la Revue qui a dû hélas être annulé pour cause de crise sanitaire, Diacritik partenaire de l’événement avait rencontré les revues qui auraient dû être présentes. Pour que vivent les revues et pour patienter avant le retour du Salon l’an prochain, nous avons décidé de faire paraître ces entretiens. Aujourd’hui, Guillaume Soulez autour de sa belle revue Théorème.
Les débats sur l’autofiction font rage en cette rentrée littéraire 2020 : écrire sur soi, depuis soi, affirmer ne pas mentir et pourtant en partie cacher ou inventer, est-ce faire œuvre littéraire ? (Qui penserait à la polémique Yoga viserait juste). La question est vaine, en soi, et elle tombe d’elle-même quand on lit les deux premiers volets de la Living Autobiography de Deborah Levy, tout juste parus aux éditions du Sous-Sol, dans une traduction magistrale de Céline Leroy : Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie.
Audacieux, inventif et splendide : tels sont les trois adjectifs qui viennent spontanément à l’esprit du public qui vient d’assister à la représentation du Côté de Guermantes de Marcel Proust adapté et mis en scène par Christophe Honoré. Une très grande réussite en effet qui se joue actuellement au théâtre de Marigny tant Christophe Honoré réussit un pari plus que délicat : celui non de simplement parvenir à mettre Proust en scène mais à faire de Proust une pièce maîtresse de son œuvre même.
Avant la photographie, il y a l’accident. Franck Gérard le raconte : une chute de trois étages, la mort ou presque, le retour à la vie, la survie, une sorte de sursis, et la vie encore, mais différente. C’était le 4 juin 1999. Cette vie, désormais, est inséparable de la photographie. Pour Franck Gérard, la photographie est un mouvement vital. Comme la vie, ses photographies sont faites d’accidents, de bifurcations, de rencontres et hasard, d’une abondance, d’un excès…
Comment à Marseille, chacun rentre chez soi une bière à la main comme on porte sa croix.
En parallèle de la programmation hebdomadaire en ligne sur Diacritik depuis le 8 avril, le cinéma La Clef Revival projettera deux films de la collection de portraits documentaires de Joffrey Speno, La parole aux morts, le 5 octobre à 19h30.
Dévotionde Patti Smith paraît chez Folio. Le livre s’offre un art poétique dans lequel une patineuse est la métaphore de l’artiste : la parution du livre en grand format fut l’occasion pour Christine Marcandier et Jean-Philippe Cazier de rencontrer Patti Smith à Paris et de l’interroger sur l’écriture, les morts et fantômes qui hantent son œuvre mais surtout de l’écouter évoquer William Burroughs, Cocteau, Modiano ou Le jeu des perles de verre. Entretien.
Une bombe tombe dans le quartier alors que Marcel vient de sortir de la maison de passe de Jupien. La ville est plongée dans l’obscurité.
Retour gagnant pour Abir Mukherjee avec le deuxième volet des enquêtes indiennes de Wyndham et Banerjee, duo de policiers impériaux dans l’Inde coloniale du début du XXème siècle. Les princes de Sambalpur paraît le 1er octobre en France (toujours traduit par Fanchita Gonzalez Batlle, aux éditions Liana Levi), une affaire qui mêle habilement Histoire et polar, meurtres et mœurs, poids des traditions et cultures inconciliables.
Étrange objet que Mireille Calle-Gruber met entre les mains du lecteur en publiant les Carnets de Tante Mie – et d’abord entre les mains de son premier lecteur, et quel lecteur !, Pascal Quignard, lequel préface l’ouvrage.
Dans un Paris jaune éclatant, Étienne Dardel couvre manifestations et soulèvements, il documente l’urgence et les dérapages policiers. Sous cette identité fictionnelle, on reconnaîtra facilement David Dufresne, auteur d’un roman (c’est le terme revendiqué par l’auteur) furieusement politique, Dernière sommation, qui sort aujourd’hui en poche chez Points, un récit qui articule les événements brûlants d’un quinquennat qui ne cesse de déraper.