Dans En France (2014), Florence Aubenas rappelait cette question constamment posée aux journalistes par leurs lecteurs : « pourquoi cette histoire et pas une autre ? » Chaque fois, répond-elle, « un événement », « incendie ou élection, meurtre ou mariage, peu importe, quelque chose ». Et le reportage surgit « dans cette zone d’opacité-là, entre des questions et des réponses qui ne coïncident pas ». Ainsi est né L’inconnu de la poste, enquête de six ans sur un fait divers saturé de questions sans réponses.

L’Algérie de tous les débats et de toutes les certitudes contraires… Un projet original, à la diffusion inédite, réunit dix-sept rêves ou cauchemars… on ne sait ? Ils dessinent une sociologie du pays par la fiction ou le témoignage, en faisant un pied de nez aux interventions plus « savantes ». Ils nous entraînent dans une autre Algérie…

Florence Cestac est une immense artiste. Son humour, sa vision du monde, son talent pour mettre l’intime en images et raconter des histoires drôles, douces-amères et touchantes n’ont d’égal que la constance de ses combats. Un papa, une maman – sous-titré Une famille formidable (la mienne !) –  paru chez Dargaud le 29 janvier dernier est une nouvelle preuve de l’importance de la scénariste et dessinatrice dans le monde très masculin de la bande dessinée.

Il faudrait d’abord inscrire ce texte dans son contexte, encore davantage que pour d’autres. Vaguement parler de l’écriture critique en temps de Covid-19, son anéantissement, sa vacuité, alors que nos salles de cinéma sont fermées, que les festivals sont annulés, et que par-dessus tout, les rencontres et véritables conversations que ces endroits permettent sont empêchées.

À l’heure où la loi Lang fête ses 40 ans, qu’un géant comme Amazon ne cesse de menacer les librairies indépendantes, où on annonce encore qu’un logiciel comme Alexandre et Aristote remplacera bientôt tout travail de conseil de libraire, Diacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre de Patricia Sorel qui sort une suggestive et fort instructive Petite histoire de la librairie française à la Fabrique. L’occasion de faire avec la chercheuse le point sur un commerce qui, dès ses origines, a toujours été menacé mais a toujours su résister.

Alors que, après des mois de non-gestion d’un ministre plus occupé à soigner quelques syndicats lycéens à sa botte, la situation sanitaire dans les écoles et les lycées est calamiteuse et qu’elle ne cesse de s’aggraver en France, alors que les conditions d’apprentissage sont rendues désastreuses par l’absence de moyens et de protocole sanitaire digne de ce nom, la priorité du rectorat et du ministre semble être aujourd’hui de faire repasser aux élèves de Terminale les épreuves de la classe de Première dites E3C1 qu’ils avaient largement refusés l’année dernière, dénonçant  par leurs manifestations l’injustice d’un bac au rabais. Cela concerne la grande majorité des élèves de terminale du lycée Mozart du Blanc-Mesnil et près de 2000 élèves sur l’académie de Créteil.