« Je suis né le 1er avril. Ce n’est pas sans impact sur le plan métaphysique », avait déclaré Milan Kundera dans un entretien, en 1970, ajoutant, ailleurs mais toujours en 1970, que l’« on doit presque toujours au succès au fait d’être mal compris » : mal compris puisque peu lu en Tchécoslovaquie, son pays de naissance qu’il dut quitter, mal compris en France après des années de grâce quand son passé le rattrape à l’automne 2008. Ce « mal compris » fut une forme de d’ethos pour un écrivain qui a toujours cultivé ce rapport au monde et à ses lecteurs, dans un décalage constant, géographique, linguistique, ironique. C’est ce mystère qu’Ariane Chemin a interrogé dans un feuilleton du Monde, du 17 au 22 décembre 2019, qui vient de paraître sous forme de récit aux éditions du Sous-Sol.
Vous les avez ratés en grand format ? Ils sortent en poche.
Toute vie humaine suppose et affronte la discorde et la perte. Chaque femme, chaque homme, au cours de son existence, rencontrera, sous une forme ou sous une autre, ces deux piliers de la condition humaine. Caractère tragique, universel, de toute vie humaine. Caractère unique, aussi. Bien que personne n’y échappe, nulle discorde, nulle perte n’est interchangeable.
Y’a plus de littérature, là. Il n’y a plus que cette photo, ce visage de Riley, 12 ans, qui s’est donné la mort par asphyxie le 15 octobre 2019, à Sidmouth, dans le sud-ouest de Angleterre. Une enquête vient de révéler qu’il était martyrisé par ses camarades de classe et subissait au quotidien des insultes homophobes, des bousculades, des intimidations.
2 Extraits de l’album « Bye Bye Baby » (KMS Disques, 2021).
Stéphane Habib s’entretient pour Diacritik avec les philosophes Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly autour de leur remarquable essai, L’Adversaire privilégié. Heidegger, les Juifs et nous paru chez Galilée qui avance avec force l’idée selon laquelle la fameuse pensée de l’Être de Heidegger repose en vérité sur une forclusion du judaïsme. Indéniable forclusion des Juifs qui n’est pas sans entretenir une affinité avec certains motifs des questionnements postcoloniaux.
Les plus anciens de nos dialectrices et lecteurs s’en souviennent : Diacritik avait ouvert ses colonnes aux recettes littéraires. Ainsi se constituait une anthologie gustative, Book and cooks, qui fait son retour aujourd’hui avec le grand Jim Harrison et ses Aventures d’un gourmand vagabond, publié en 2002, chez Christian Bourgois, dans une traduction de Brice Matthieussent.
Même par indulgence, même biberonné aux comics de DC et Marvel, on se passera allègrement de Zack Snyder’s Justice League, autrement appelé « version du réalisateur qui a enfin son mot à dire alors qu’à la sortie du film, sa vision artistique a été bafouée par des producteurs désireux de gagner de l’argent plutôt qu’un Oscar ». Pourquoi un ton si péremptoire ? Parce que tant qu’à passer 4 heures devant un écran, autant vous munir de votre smartphone pour aller attendre dans la file du vaccinodrome près de chez vous pour être sûr.e de prétendre au pass sanitaire lors de la réouverture des salles de cinéma.
La vieillesse est un naufrage, à l’artiste d’en faire de l’or. Telle est la loi de Falling de Viggo Mortensen qui, il faut le dire d’emblée, s’impose comme un film important.
Le 14 septembre 1967, Gabrielle Nogues, née Russier, 30 ans et tout juste agrégée de Lettres, fait sa rentrée au lycée Nord de Marseille. Elle aime la littérature, elle veut la faire aimer à ses élèves. Elle leur lit L’Écume des jours de Vian, crée une bibliothèque au lycée, s’implique, se passionne, trop peut-être. Elle aime par dessus tout Antigone — « Il y a l’amour. Et puis il y a la vie, son ennemie ».
Cher Olivier,
J’ai eu une journée étrange hier. Actuellement je vis un moment difficile, avec de grandes transformations, certaines positives, certaines moins positives, certaines assez insupportablement douloureuses.
Le documentaire de David France, Bienvenue en Tchétchénie, porte sur ce qui est plus qu’une persécution des personnes gays et lesbiennes en Tchétchénie : le film met en évidence une volonté délibérée, organisée, soutenue par l’Etat tchétchène, ainsi que par une partie de la population, d’arrêter, de violenter, d’assassiner les gays et lesbiennes en tant que tel.le.s – ce que l’on appelle un génocide.
Extrait de l’album « Triggers » (Tricatel, 2002).
« Une fois ôtés les deux cadenas qui tiennent ma porte close, l’odeur familière vient me chatouiller les narines. Une odeur composite, dominée par celle de moisissure.