Les 10, 11 et 12 juin 2021, Aides, association de lutte contre le VIH et les hépatites virales mobilise, en partenariat avec Diacritik, 70 artistes et personnalités à l’occasion d’un événement culturel et digital d’ampleur : #fetelamour. Jenny Bel’Air et Thierry Thieû Niang autour du texte « Comme une ombre portée » d’Olivier Steiner.
Dos, pensée (poème), revenant de Jacques Jouet et Nous allons perdre deux minutes de lumière de Frédéric Forte paraissent respectivement en 2019 et 2021 aux éditions P.O.L. Membres de l’Oulipo, les deux auteurs intègrent différentes contraintes dans leur travail d’écriture. Entretien avec Frédéric Forte et Jacques Jouet.
L’une des caractéristiques du fabuleux roman de Lydia Flem, Paris Fantasme, est de faire des recettes de cuisine l’un des moteurs romanesques de son arpentage de la rue Férou. Son enquête brasse les siècles et les imaginaires et la cuisine y apparaît pleinement comme une archive, dès la trace du mot « pot-au-feu » au bas d’un mur de la rue. Une recette de cuisine est un condensé d’histoire des sensibilités, elle dit les variations dans nos rapports à la nourriture, aux dîners privés, amicaux ou aux réceptions, c’est aussi la transmission entre les générations et un genre littéraire, de la Renaissance à aujourd’hui, en passant par Dumas et Giono.
Dans deux semaines, ce sera l’été. Il faut donc accélérer un peu : la pile des ouvrages à “traiter” n’est pas épuisée. Elle fait plaisir à voir. Tout n’est pas perdu en ces temps de manque. Tirons quelques volumes de cette pile, disons sept – c’était trois la dernière fois, ce serait bien que ce soit cinq la prochaine fois – et admettons que ce huitième épisode soit l’avant-dernier de la saison. C’est parti.
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« Je est un autre. […] J’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène ». Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871
La publication par Jean-Philippe Ould Aoudia de son enquête sur les disparus de la « Bataille d’Alger » en 1957 touche à un point fort de la guerre en Algérie. Comme l’écrit Benjamin Stora : « La question des « disparus » n’a cessé de hanter les mémoires blessées de la guerre d’Algérie. Comment accomplir un travail de deuil en l’absence du corps de celui qui a disparu ? » (France-Algérie. Les passions douloureuses). Nous voudrions en rendre compte et accompagner cette nouvelle publication d’un retour sur des ouvrages antérieurs signés H.G. Esméralda, Alexis Jenni et Mouloud Feraounqui ont fait de 1957 une date incontournable.
Voici un livre qui s’est donné les moyens, pour rendre compte de la Commune de Paris, d’excéder ses propres limites. Écrit par Ludivine Bantigny, que la quatrième de couverture présente comme « historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen », cet ouvrage s’écarte délibérément, dans sa composition, de l’essai historique, en présentant 62 lettres écrites aujourd’hui à celles et ceux qui vécurent et qui firent la Commune.
« Les journées pénibles dans notre cellule, dans cette « famille de huit » avec le neuvième cloué au mur, ont été suivies par des jours et des nuits de routine carcérale : chacun de nous dans son atelier respectif. Les jours d’hiver brefs, les nuits longues.
Les 10, 11 et 12 juin 2021, Aides, association de lutte contre le VIH et les hépatites virales mobilise, en partenariat avec Diacritik, 70 artistes et personnalités à l’occasion d’un événement culturel et digital d’ampleur : #fetelamour. Sur trois jours découvrez autant de créations originales qui, comme Diacritik, placent la culture en leur centre, et font de la culture l’arène politique même où les enjeux liés au VIH sont interrogés, sondés, où les amours sont fêtées, où cinéma et littérature ont plus que jamais quelque chose à nous montrer, où la musique a quelque chose à nous faire entendre que les discours n’épuisent pas.
Alors que les éditions Bouquins vient, en mai, de republier Jules Verne, se repose une question récurrente : comment éditer la masse impressionnante, bouillonnante, tumultueuse des soixante-huit récits qui composent les Voyages Extraordinaires ? Comment prétendre contenir et publier dans un même espace autant de matières brassées par l’en-avant vernien ? Question qui en entraine une autre, plus simple mais encore plus vitale : comment lire Verne, et quelle place a-t-il dans notre littérature aujourd’hui ?
« Dans son œuvre et son travail, Etel Adnan « contient des multitudes », elle est notre Whitman moderne. » Lynne Tillman
Etel Adnan est la femme des confluences. Confluence des origines : née à Beyrouth, d’une mère grecque orthodoxe de Smyrne, et d’un père turc musulman de Damas, haut gradé de l’armée ottomane, elle illustre ce qu’il y a de meilleur dans la rencontre de l’Orient et de l’Occident. Confluence des arts : peinture, dessin, leporello, céramique, tapisserie, poésie, roman, théâtre, essai – à travers les innombrables facettes de son art, elle a exprimé tout ce qui était exprimable, du plus universel au plus intime.
Pour sa vingtième fiction (romans, récit, nouvelles), Nancy Huston offre à la lecture un roman à la structure complexe comme elle aime à les construire. Exigeante envers ses lecteurs, elle les oblige à être en éveil pour repérer des liens, des bifurcations et des relations. J’avoue pour ma part qu’ayant lu sans difficulté tout le roman mais sans aimantation constante, je n’ai vraiment accroché que dans les cent dernières pages avec l’histoire qui se précise de Shayna, et bien entendu, je me suis demandée pourquoi.