Vincent Genin est Liégeois et historien. Il a entrepris un post-doctorat à Paris (École Pratique des Hautes Études). À sa façon, il refait le chemin de Liège à Paris qu’un de ses aînés, Marcel Detienne a parcouru bien avant lui et à partir duquel celui-ci s’est fait connaître internationalement. Detienne est mort en 2019 mais il a donné le temps à Vincent Genin de faire sa connaissance et de s’informer en toute sympathie de la trajectoire de carrière qu’il a suivie après avoir risqué avec succès un essaimage parisien. C’est que Vincent Genin aime à reconstituer des parcours intellectuels — comme il le fit avec Max Weber précédemment.
« Quelle imagination ! » : ainsi salue-t-on certains écrivains. L’exclamation est naïve, semblant signifier que les mécanismes de l’imaginaire ne sont l’apanage que de quelques-uns, mais pas si fausse puisqu’elle cible ce que font les créateurs d’univers romanesques : construire une matière.
Les murs ont la parole.
« Les choses ne sont pas ce qu’elles sont ; elles sont ce qu’elles deviennent », écrivait Bachelard, cité par Sarah Hall en exergue de Comment peindre un homme mort (Christian Bourgois, 2010). La phrase aurait pu ouvrir Sœurs dans la guerre qui vient de paraître chez Rivages, formidable roman qui tient de la contre-dystopie, mise en récit d’un monde de cauchemar dans lequel une communauté de femmes tente de résister à la menace totalitaire comme au désastre écologique. Alors, oui, plus que jamais, être femme revient à le devenir autrement, à changer l’ordre des choses, dans comme par le récit.
Le livre de Marius Loris Rodionoff, composé à partir d’archives historiques concernant l’armée française durant la guerre d’Algérie, est pourtant un livre de poésie autant qu’il est un livre politique et critique dans la lignée de l’objectivisme de Reznikoff ou du Guantanamo de Frank Smith. Entretien avec l’auteur.
« En cette douzième saison des pluies, en ce qui me concernait, les jours se comptaient en degrés, comme l’air au grenier dont la température baissait à mesure que l’ombre des montagnes progressait.
Du 22 au 26 juin, Théâtre Ouvert, à Paris, et le Théâtre de Chelles proposent Comme la mer, mon amour, une pièce de théâtre écrite, mise en scène et jouée par Boutaïna El Fekkak et Abdellah Taïa.
Mes chants
Ce sont des mousses flottantes :
Elles ne sont pas fixées
Sur leur lieu de naissance ;
Elles n’ont point de racines – seulement des feuilles – seulement des fleurs.
À l’occasion de la parution de ses archives personnelles, Une révolution culturelle, et afin de saluer en ce jour de la Fête de la Musique son créateur, Jack Lang, l’ancien ministre de la culture de François Mitterrand, porte un regard sur la terrible période que nous traversons en nous faisant part de ses réflexions sur ce dont la Culture a besoin pour habiter nos vies, notamment Le Parlement des Créateurs qu’il appelle de ses vœux. Alors, Jack Lang, où est le cool ?
Soulever le couvercle du chaudron écumant où s’est préparée pendant quatorze ans la politique culturelle de la France et en découvrir les rouages, tractations, batailles, le rêve en somme de tout chercheur, étudiant, acteur du monde des arts ou tout simplement curieux, est désormais possible grâce à la publication d’une somme de 1300 pages : Jack Lang. Une révolution culturelle. Dits et écrits aux éditions Bouquins.
Mieux qu’une rétrospective, le musée Carnavalet propose un choix judicieux et révélateur d’images d’Henri Cartier-Bresson, l’ensemble allant des débuts du photographe jusqu’aux dessins qu’il réalise jusqu’à la fin de sa vie.
La poétesse et prosatrice Laurine Rousselet publie deux livres incandescents et incendiaires. Un recueil poétique, Rue Ion Brezoianu, aux éditions L’Inventaire, et la réédition de L’Été de la trente et unième, aux éditions de l’Aigrette, un journal-plus-que-journal préfacé par Marcel Moreau.