« Envoyer au Nigeria un Gainsborough ou un Turner ?! You must be joking ! »
Category Archive: Musique
La littérature n’arrive jamais à temps. Inlassablement et comme malgré elle, elle ne cesse de temporiser l’Histoire, d’accuser sur elle et de lui faire accuser un retard qu’aucun temps ne saurait refaire et qui, au fur et à mesure, creuse un abîme à figure de faillite et d’effondrement où le Présent semble s’éloigner de lui-même, où, d’unique et indivisible, il finit par ne plus s’appartenir non plus que véritablement exister.
« Les multiples transgressions des baby-boomers auront suscité entre 1960 et 1980, l’indignation, la peur, la répression, la réflexion. L’efflorescence des branchés n’engendra chez leurs contemporains qu’un indicible malaise, voire un profond mépris.
En 2009, Alban Lefranc publie Vous n’étiez pas là, une « antibiographie » de la Queen of the bad girls, Christa Päffgen, mannequin, chanteuse, icône et égérie, actrice, « surface de projection » d’affects et fantasmes, plus connue sous le nom que lui offrit le photographe Herbert Tobias : Nico.
Émilie Simon, Feist, Christine and the Queens, Mansfield.Tya, Holden, Metric : depuis 18 ans, le Festival « Les Femmes s’en Mêlent » qui se déroule chaque printemps à Paris et en province a le flair pour sélectionner les chanteuses et les groupes à dominante féminine qui seront peut-être les stars de demain. Toutes ses artistes susnommées ont pu être découvertes (parfois) bien avant tout le monde par les festivaliers dans des cadres plus intimes que dans les salles dans lesquelles elles se produisent aujourd’hui.
En 20 ans et 9 albums, les Suédois de Club 8 se sont affranchis de toute étiquette. Le duo (Karolina Komstedt et Johan Angergård) s’est affairé à faire la musique qui lui plaisait, sans trajectoire définie, sans se laisser distraire par divers succès ponctuels — sur les radios US (Strangely Beautiful, 2003) ou dans les charts de leur propre pays — variant d’un style à l’autre pour y mieux revenir quelques années plus tard après d’autres digressions.
« Daho !
M’avez-vous déjà vu quelque part ?
Rafraîchissez-moi donc la mémoire
Extasié devant une toile de Witsen
A Rome, Londres ou Rennes
Vous m’appeliez Étienne… » (Des Attractions Désastres)
« Crois moi, évite les face-à-face avec les gens du métier, t’es venu te faire des potes, pas lécher des bottes, distribuer ton EP »
Alors que paraît L’Autre journal d’Hervé Guibert (L’Arbalète Gallimard) — rassemblant les articles que l’écrivain publia en 1985-1986, mais aussi des entretiens et photographies —, retour sur le premier volume de ces Articles intrépides, paru en 2008 chez Gallimard et regroupant les papiers culturels de Guibert dans Le Monde (1977-1985).
Pervers et idolâtre de la musique rock et pop, j’ai passé dans l’enceinte du Bataclan de merveilleux moments durant ces 15 dernières années parisiennes qui sont les miennes.
« Adelaïde qui m’ensorcelle ». Après Arnold Turboust — et Zabou Breitman — , Destin ou Fiodor Dream Dog — je passe les titres homonymes qui ne sont pas dans dans ma bibliothèque musicale, car on pourrait en citer d’autres —, c’est au tour de Requin Chagrin d’honorer le prénom au i tréma en lui consacrant une chanson.
Non, ne vous moquez pas. Vous avez toutes et tous un jour fredonné Call Me Maybe dans la rue sur vos lecteurs MP3 en simulant le téléphone avec votre main, provoquant peut-être quelques sourires auprès des passants ayant croisé votre chemin — oui, c’est du vécu. Avouez également ! Le produit Carly Rae Jepsen a le mérite de poser au moins une question : comment un artiste peut il poursuivre sa carrière après un tube aussi écrasant et omniprésent que Call Me Maybe ?
C’est l’apocalypse ! La fin du monde n’est peut être pas si proche – je ne suis devin –, mais l’issue de l’année l’est bel et bien, généralement accompagnée de son lot de compilations et d’albums de « poids lourds » censés booster les ventes d’ici Noël, pour peu qu’on offre encore des CD de nos jours (j’attendrai la sortie du vinyle du nouveau Lara Fabian avant de l’offrir à mon pire ennemi, c’est quand même un bien plus bel objet).
J’ai bien rigolé dans les années 1990 lors de la diffusion d’un reportage sur l’Eurodance de l’émission Capital sur M6. Une bande de jeunes filles fans de Capella, une des stars de ce courant qui a engendré les affreux Dance Machine, les Dr Alban et compagnie, était filmée à la sortie de l’enregistrement d’un programme télé où le groupe devait faire un playback.
La tristesse, comme le chante le musicien du jour.