Don Carpenter, né à Berkeley en 1931, a mis fin à ses jours en 1995. Il vécut longtemps en Californie avant de s’installer à Portland (Oregon). Il connut la guerre de Corée (dans l’armée de l’air), séjourna à Tokyo, fut scénariste pour Hollywood, délaissa l’enseignement pour se consacrer à l’écrtiture. Dans les années 80, accablé par un divorce, le suicide de son ami Richard Brautigan et la maladie, il mena une vie recluse, dans un petit appartement de Mill Valley, non loin de la baie de San Francisco. Son œuvre, pourtant culte, a longtemps échappé au public français.
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Que l’écriture – et l’écriture poétique en particulier – n’ait rien à voir avec l’argent et les hiérarchies sociales, c’est ce que montre le travail de nombreuses « petites » maisons et de nombreux écrivains qui n’ont qu’un intérêt : affirmer l’écriture, le renversement du monde par l’écriture, les mondes possibles que l’écriture crée. C’est ce qu’exprime nombre de revues qui de manière le plus souvent très précaire diffusent et rendent accessibles les écritures contemporaines les plus diverses, souvent marginales.
Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes quand « commence notre histoire », au beau milieu de la ville, de la journée comme du XXIè siècle. « Là », en un monde qui a stoppé les émissions toxiques, cultive harmonie, tempérance et juste… milieu, justement. « Ici une humanité apaisée a cessé de combattre la nature, et donc de se combattre elle-même ».
Fairyland ou « notre royaume enchanté », « notre féerie », c’est le San Francisco des années 70, cet espace aux « frontières mouvantes » dans lequel Steve Abbott, poète, homosexuel, militant, éleva sa fille Alysia. Devenue écrivain, Alysia raconte leur histoire bouleversante dans un livre, Fairyland, qui tient des mémoires, de l’enquête identitaire et politique, du cahier de photographies, dessins, lettres, poèmes. Paru en grand format aux éditions Globe en 2015, le magnifique livre d’Alysia Abbott vient de sortir en poche, chez 10/18.
Tout commence, désormais, par un «après David Bowie», par « le jour où Bowie est mort », comme le livre de Patrick Eudeline, Bowie L’autre histoire qui vient de paraître aux éditions de La Martinière.
Voilà les revenants de retour : personne n’a échappé au phénomène qui sévit depuis quelques années, les morts ne le restent pas longtemps et reviennent hanter les vivants. Des Revenants à Walking Dead, de la spectrographie de Jacques Derrida aux films de Night Shyamalan, une obsession spectrale parcourt le contemporain.
La mloukhia est plat traditionnel tunisien, à base de poudre de feuilles de corète et d’huile d’olive.
Ce carnet de notes a été écrit à Tunis, à l’occasion de la Foire internationale du livre (25 mars au 3 avril). Il est fait de sept courtes interviews, retranscrites presque littéralement, exception faite de deux textes envoyés par courriel.
Frédérique Clémençon est écrivain. Elle a d’abord publié deux romans aux éditions de Minuit — Une saleté, 1998 et Colonie, 2003 — puis Traques (2009) et Les Petits (2010) aux éditions de l’Olivier. Son dernier roman, L’Hiver dans la bouche, vient de paraître chez Flammarion. La voici de A comme Artaud (et d’ailleurs Antonin) à Z comme Zamiatine.
« J’ai une maladie, je vois le langage ».
L’affection est partagée, et se répand sur Internet comme un virus : taper « Graffiti » dans le moteur de recherche de FlickR ou d’Instagram, ces plateformes de partage de photos sur le Net, c’est risquer la surchauffe du système, l’incendie du hashtag, tant sont nombreux les groupes constitués autour de ce centre d’intérêt. Pourquoi l’univers numérique, dont on se plaît constamment à décrire l’immatérialité supposée, recueille-t-il avec tant de soin, cette écriture à même les murs que sont les graffiti ?
Le vendredi 8 avril, la revue La Mer gelée aboiera au Bistrot du canal 8 avenue de Flandre. Métro Stalingrad à partir de 19 h 00, « autour d’un verre et de quelques croquettes ».
Voici un premier roman charmant et inattendu. Inattendu en ce qu’il est nourri de littérature du passé — celle du temps de Mauriac— et qu’il conte une histoire rêveuse qui, elle, tient d’une expérience bien plus récente.
Ils sont deux, les frères Turriani, Mirko 17 ans et Tommaso 11 ans, au centre du roman doux-amer de Giorgio Scanna, On inventera bien quelque chose. Leurs parents viennent de mourir dans un accident et les deux gamins doivent désormais grandir dans cette drôle de « situation », comme les adultes à la sollicitude pesante appellent ce moment, sans très bien savoir quels mots mettre dessus. C’est cette latence, ce moment suspendu et tendu que narre Giorgio Scianna, dans un Bonjour Tristesse à l’italienne, un roman singulier qui explore les contradictions propres à l’adolescence, comme le souligne la citation d’Albert Camus en exergue, « les erreurs sont joyeuses ».
Giorgio Fontana construit un « univers narratif », comme il l’écrit dans la note finale de Mort d’un homme heureux, soulignant la complémentarité de ce livre avec Que justice soit rendue, la silhouette du premier roman devenant le personnage central du second. Mais cet univers narratif se divise en une multitude de continents : l’Italie des années de plomb, la justice, la question des filiations et des héritages, des rapports (historiques comme intimes) des fils à leurs pères et la haine et la douleur : « Au bout du compte, cela ne se ramenait en tout et pour tout qu’à la douleur ».
Après une absence momentanée pour raison de Salon du livre de Paris et autres joyeusetés, votre Diacritik globe-trotteuse revient pour la suite de son journal nantais au Festival Atlantide (le jour 1 est à lire ici).
Elle a une façon d’écrire, Claude Favre, une façon bien à elle et rien qu’à elle, Claude Favre, sa façon de nous envoyer des phrases comme des lassos qui nous amènent vers elle, tout contre sa bouche, pour nous faire entendre le monde comme elle l’entend elle, c’est-à-dire absurde, c’est-à-dire violent, c’est-à-dire désopilant, et désespérant ; nous faire entendre les bruits insupportables dans sa tête trouée par le marteau-piqueur d’une langue usuelle qui réinterprète le monde et le rend incompréhensible.