Dans son dernier roman, Mathias et la Révolution, Leslie Kaplan explore Paris lors d’une folle journée, un lundi 20 mai sans année, un aujourd’hui pris entre le passé des révolutions antérieures (astronomiques, politiques, esthétiques, sociales) et l’avenir à construire. Dans le beau volume que coordonne Mireille Hilsum chez Garnier dans la collection « Écrivains francophones d’aujourd’hui », c’est toute l’œuvre de Leslie Kaplan qui se voit arpentée, depuis un présent, lecture et analyse de ses ouvrages passés comme aventure d’une écriture ; une forme de Depuis maintenant.
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Mathias est un piéton de Paris. Un lundi 20 mai, il arpente les rues d’une ville sous tension, prise dans une forme d’urgence, un Paris post- et pré-révolutionnaire en quelque sorte, gros de révolutions passées (le 20 mai 1795, 1er prairial, le lundi 20 mai 1968) et du rêve d’une nouvelle révolution : « La Révolution n’a jamais lieu une fois pour toute ».
Sous le titre Le grand camouflage, Écrits de dissidence (1941-1945) (Paris, Seuil, 2009, puis 2015), Daniel Maximin a eu l’heureuse idée de réunir en un volume les articles rédigés par Suzanne Césaire dans la revue littéraire et culturelle martiniquaise Tropiques, durant les années de guerre. Heureuse et lumineuse idée car cette édition permet de (re)découvrir une voix féminine restée dans l’ombre, cachée derrière la présence solaire de son époux Aimé Césaire.
Mtrain : 18 stations dans la « carte de l’existence » de Patti Smith, un voyage à travers les bars, cafés — elle qui a toujours rêvé de tenir le sien — et lieux qui l’ont inspirée, prétexte à l’évocation d’un univers littéraire, poétique, intime, puisque, comme l’écrit Wittgenstein, cité dans le livre, « le monde est ce qui arrive » et c’est bien ce monde tel qu’il advient que consigne Patti Smith, « zombie optimiste », « noircissant des pages somnambuliques ».
Dans la mouvance de #NuitDebout et de #BanlieueDebout, une libraire d’Achères dans les Yvelines lance #LibrairieDebout. Mélanie Le Saux-Glaymann, la patronne de la librairie Neverland, librairie de l’imaginaire, s’associe en effet au mouvement et invite ses clients à venir discuter, débattre ou, comme elle le précise sur le blog de la librairie, « tout simplement se réunir pour parler ensemble de notre avenir commun. »
Le métier de critique gastronomique est une invention française de la seconde moitié du 18e siècle. Car tous les pays où une gastronomie s’est développée n’ont pas perçu comme nécessaire la constitution d’un discours analytique autonome sur les jugements culinaires. Par Ryoko Sekiguchi.
La Déposition de Pascale Robert-Diard, paru aux éditions L’Iconoclaste en janvier dernier, est le récit d’une saga judiciaire et intime, la fameuse affaire Agnelet, qui a tenu le public en haleine pendant près de quarante ans, de la disparition d’Agnès le Roux, en 1977, au dernier rebondissement de l’affaire, en 2014.
S’il existe peu de livres dont le titre formule une question, il en est sans doute encore moins qui livrent la réponse en quatrième de couverture. Or c’est précisément ce qu’ose ici Marc Cholodenko ; et comme pour rendre la chose encore plus lumineuse, sinon plus coupante, titre et quatrième relèvent d’un seul et même énoncé, repris tel quel, au signe de ponctuation près : Il est mort ? Il est mort. Est-il d’ores et déjà besoin de préciser que l’enjeu de ce livre est homogène au temps qui s’écoulera entre ces deux formulations ?
Après «Trahir» et «Écrire petit», la troisième proposition offerte à la réflexion et à la rêverie des plasticiens et auteurs de la revue de « Littérature & appels d’air » La moitié du fourbi, parue en ce début de printemps 2016, est « Visage ».
Les principes de la schizoanalyse exposés dans L’anti-Œdipe et Mille Plateaux résultent en partie des recherches que Deleuze et Guattari ont menées séparément. Si L’anti-Œdipe implique un rejet de la théorie œdipienne, cela n’inclut pas pour autant l’abandon de Freud.
Kate O’Riordan est Irlandaise, écrivain et scénariste. Chacun de ses romans dissèque, avec une précision redoutable, la complexité des sentiments, la puissance dévastatrice de l’intime, la force cruelle des secrets de famille et de la mauvaise conscience.
Comment expliquer le charme étrange et paradoxal que le fait divers, cette « horreur miniaturisée », exerce sur nous ? Cette question est à l’origine de l’«essai» que publie Mara Goyet chez Stock, Sous le charme du fait divers, interrogeant son « inquiétant enchantement », sa « promotion », son « style » et son « esthétique », à travers journaux, romans, films et séries.
De l’inquiétude
Je suis d’un naturel inquiet. Dans mon premier roman, Paris s’émiette et fond sous une pluie corrosive. Dans mon deuxième roman une jeune femme disparaît comme si ce n’était rien, comme si c’était facile et évident de disparaître, comme si au fond c’était la permanence, le scandale – et non les ruptures qui nous dévient de nous-mêmes. Dans le troisième, des œuvres d’art se dégradent, se transforment : des images bien aimées, à titre privé ou collectif, deviennent irregardables.
Jakuta Alikavazovic, une blonde, un bunker. Un roman singulier et intrigant, un diamant brut, quasi insaisissable.
En postface à Un dernier verre au bar sans nom, Jonathan Lethem raconte sa découverte de Don Carpenter à la librairie d’occasion Moe’s de Berkeley, dans les années 90 : le choc arriva via Deux comédiens et l’évidence d’une « vision des choses si humaine, ironique et captivante ». Puis ce fut Sale temps pour les braves, premier roman de Carpenter, la quête de ses premiers titres dans d’autres librairies d’occasions, l’envie de le rencontrer (trop tard), enfin l’envie, avec George Pelecanos, de le faire découvrir à d’autres lecteurs.