En marge du roman, de son succès visible et bruyant, de ses aventures trépidantes, s’est inventée une autre histoire de la littérature narrative. C’est cette histoire que dessine ici Dominique Rabaté dans La Passion de l’impossible, pour suivre tout au long du XXe siècle les devenirs du récit de Paludes d’André Gide à Pierre Michon.

Dans le sillage du très riche 28e Salon de la Revue qui vient de se tenir, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues exigeantes qui renouvellent en profondeur le paysage littéraire. A l’image de la dynamique Daïmon, revue de singularités littéraires, dirigée par Raluca Belandry que nous avons rencontrée le temps d’un entretien.

Benaouda Lebdaï, professeur émérite de l’Université du Mans, spécialiste des littératures africaines coloniales et postcoloniales, a répondu à quelques-unes de nos questions à propos de Winnie Mandela, femme hors normes, icône et figure controversée, à l’occasion de la parution de son livre, Winnie Mandela. Le mythe et la réalité chez Casbah éditions.

Nous avons rendu compte ici même du bel ouvrage de Manon Garcia réinterprétant tout philosophiquement Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir sous le titre de On ne nait pas soumise, on le devient. Voilà qu’un autre ouvrage d’inspiration féministe vient comme lui donner suite mais sur un mode plus pratique en ce qu’il reprend des chroniques publiées dans Philosophie Magazine autour de la question des femmes et de leur corps au long de la vie. C’est en politiste et en militante que Camille Froidevaux-Metterie signe cet essai audacieux. Certaine philo n’est cependant pas loin, une philo qui rejoint celle de Garcia à travers la référence à une commune phénoménologie passant par Merleau-Ponty.

« Les 212 fragments qui suivent répondent aux 212 fenêtres des bâtiments du 168, rue de Crimée, dans le XIXe arrondissement de Paris » : Villa Crimée de Célia Houdart n’est ni un exercice de style à la Queneau ni une vie mode d’emploi, un immeuble en coupe raconté par short cuts. Il s’agit plutôt de variations et « points de vue sur une architecture contemporaine et sur la vie rêvée de ses futurs habitants ». Un inventaire fascinant qui brouille les genres comme les temporalités.

L’écriture théâtrale de Marguerite Duras trace les lignes d’une écriture de l’écriture, de la voix, du corps. Ce sont ces lignes que Christophe Pellet parcourt dans Le théâtre de Marguerite Duras, montrant en quoi l’écriture théâtrale de Duras présuppose une prise en compte des conditions matérielles de l’espace théâtral ainsi qu’une approche radicale des conséquences de celles-ci concernant le corps, la voix, l’écriture, le jeu.

130 ans d’archives, une iconographie d’une richesse sidérante, pour dire une histoire invisibilisée : celles d’hommes et de femmes, de groupes qui ont lutté pour la reconnaissance de leurs droits. Archives des mouvements LGBT+ est de ces livres qui nous mettent face aux images de notre histoire, la documentent et surtout la questionnent. L’archive n’est rien sans mise en perspective, Antoine Idier, sociologue et historien le montre dans ce livre fondamental qui s’offre comme la mise en lumière d’une histoire en marche.

En prélude au 28e Salon de la Revue qui se tiendra le 9, 10 et 11 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Paul de Brancion de la très belle Sarrazine.