Coney Island en deux livres, pour accompagner les photographies de Camille Le Falher-Payat. L’un est signé Patti Smith, c’est l’immense Just Kids. L’autre est de Marco Mancassola, La Vie sexuelle des super-héros. Deux écrivains pour célébrer un même lieu, une plage mythique, un bout de Brooklyn et les hot dogs…
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En 2006, Deborah Eisenberg publiait un roman implacablement titré Zwilight of the Superheroes (Le crépuscule des superhéros, L’Olivier, 2009). En 2011, Marco Mancassola lui donne la réplique (sismique) avec La Vita erotica dei superuomini (La Vie sexuelle des super-héros, Gallimard). Comme l’illustration romanesque des installations de Gilles Barbier, L’Hospice (2002) ou du passage des Heroes de David Bowie (1977) (we can be heroes / just for one day) aux Zeroes, dix ans plus tard, sur l’album Never let me down. « Ne tombe pas » sont derniers mots, murmurés, de La Vie sexuelle des super-héros, justement.
Malcolm Ede décide, le jour de son vingt-cinquième anniversaire, de ne plus jamais se lever. Sa vie se réduira désormais à son lit, couché 24 heures sur 24, amoureusement gavé par sa mère. Position horizontale pour les vingt années suivantes. Lorsque le roman de David Whitehouse commence, Mal pèse « autour de six cents kilos », il est une « montagne de viande ».
Linda Lê est un écrivain qui aime à descendre Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau (Bourgois, 2009). Lecteurs et narrateurs y sont et « trompe-la-mort » et « déterreur de vestiges » : « soulever la dalle des mots, c’est rentrer en soi-même tout en côtoyant un autre ». Tel est, encore, le programme de Lame de fond.
Le livre de James Baldwin, La prochaine fois le feu, publié aux USA en 1963, est un texte autobiographique où l’auteur parcourt son enfance et sa vie de jeune adulte triplement discriminé — noir, homosexuel et pauvre.
Tout naît d’une demande éditoriale adressée à Erri De Luca, choisir et traduire du yiddish quelques œuvres d’Israel Joshua Singer, frère du Nobel, inconnu du lectorat italien.
Par quel phénomène, souvent inconscient, décide-t-on d’ouvrir un livre ? Pour Amy Grace Loyd, ce furent deux citations en exergue du Bruit des autres. Comment ne pas avoir envie de lire une auteure américaine qui place son premier roman sous le double signe de Marguerite Duras et de Grace Paley ?
Parue aux éditions Gaïa en 2012, La Cuisine totalitaire de Wladimir et Olga Kaminer trouve une seconde vie en poche chez Babel. Traduit de l’allemand par Max Stadler et Lucile Clauss, illustré par Vitali Konstantinov, ce livre révèle la cuisine russe (ou soviétique, la nuance est explicitée dans la préface) et l’étendue de notre ignorance de ses secrets.
Le texte qui ouvre L’Entretien des muses s’intitule « La Terre parle » et pourrait résumer l’écriture de Philippe Jaccottet : l’écriture y est parole et la parole est moins de celui qui écrit que de la Terre.
Faut-il encore présenter Edmund White, biographe de Genet et Rimbaud, romancier américain dont l’œuvre — au-delà de ses qualités littéraires — a contribué à faire reculer les barrières des sexes et des genres ? Qu’il s’agisse de sa tétralogie autobiographique — Un jeune Américain (1982), Tendresse sur la peau (1988), La Symphonie des adieux (1997), L’Homme marié (2000) —, de ses romans, de mémoires (City Boy en 2010), c’est la société américaine que White met en perspective, interroge, dont il sonde les tabous et les avancées, les mutations sociétales et culturelles.
Les irrésistibles Recettes de Roald Dahl (Revolting Recipes) est un Folio bilingue, illustré par Quentin Blake, publié en 2009 et toujours en vente libre. Tout le monde connaît les nouvelles humoristiques et fantastiques et les contes pour enfants (ou adultes restés jeunes ou voulant le paraître) de l’auteur de James et la grosse pêche ou Charlie et la chocolaterie. Le présent volume regroupe les recettes qui émaillent ses récits.
Olivier Adam, inutile sans doute de le présenter, sinon peut-être de manière oblique, comme l’a fait Elle il y a quelques mois, à travers ses recettes de cuisine. On retrouve dans les quatre fiches proposées l’univers et l’imaginaire de l’écrivain, la Bretagne (il vit près de Saint-Malo) — avec une recette de homard tiède et salade de courgettes au parmesan ou un tagine express de lieu jaune — et le Japon avec un tataki de thon, aux épices et sésame, recette ramenée de Kyoto.
Le titre du premier roman de Kerry Hudson est déjà un roman. L’annonce d’un rapport singulier au genre comme au monde, des mots qui jaillissent, tout ensemble acidulés et désespérés. Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman pourrait n’être qu’un titre fabuleux, c’est un fabuleux roman.
Mikhaïl Bakhtine écrivait : « Il existe des œuvres qui, effectivement, n’ont rien à voir avec le monde, mais seulement avec le mot ‘monde’ ». Pour Claro, au contraire, l’œuvre a tout à voir avec le monde puisqu’elle est agencement de la langue et du monde :
Les éditions Actes Sud viennent de faire paraître en format de poche le livre d’Oliver Rohe, Ma dernière création est un piège à taupes, initialement publié en 2012 aux éditions Inculte. Si le livre tourne autour de la figure de Mikhaïl Kalachnikov, inventeur du célèbre fusil d’assaut, l’autre personnage central est la Kalachnikov elle-même (AK-47), dont Oliver Rohe relate la naissance et l’histoire, parallèlement à la naissance et à l’histoire de son inventeur.