Des bords des rues pleuvaient des morts et le drapeau les recouvrait.

Des frères et sœurs, des pères et mères, versaient les larmes.

Mais j’ai éteint la télévision.

J’ai coupé la radio.

Je me suis retiré des réseaux sociaux.

J’ai arrêté de lire la presse.

J’ai déchiré Le Monde, le Parisien. L’Express, Télérama, Libération.

J’ai farfouillé dans ma bibliothèque.

J’avais en tête cette phrase d’Harold Searles, psychanalyste, celle au sujet du commentaire.

« Le commentaire réitéré dans le dos du fou et qui rend fou »

Felipe Luchi, Jailhouses
Felipe Luchi, Jailhouses

par Mathieu Potte-Bonneville, philosophe

Dans la compétition que se livrent ces jours-ci le chagrin, la colère et l’effroi, on avoue avoir esquissé un sourire en apprenant que le colloque consacré, en Sorbonne, aux quarante ans de Surveiller et punir se trouvait reporté « pour raisons de sécurité ». Non que les impératifs de protection et de surveillance aient manqué de sérieux, au contraire : c’est l’actualité des questions dont Foucault entreprenait, voici quarante ans, la généalogie, c’est le retour des enjeux de sécurité au cœur de la raison politique qui contraignit les organisateurs à différer l’étude d’un livre dont c’est tout le propos.

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Vues, chaque jour ou chaque semaine, par des millions de téléspectateurs, les fictions TV, et plus encore les séries populaires peuvent constituer des outils prescripteurs majeurs de valeurs et de normes. Elles s’avèrent à ce titre un objet important pour l’analyse de la représentation des minorités dans les médias en France. Parmi ces séries, Plus belle la vie, actuellement le feuilleton français le plus regardé à la télévision et en replay sur Internet a, au-delà de sa fonction de divertissement, un rôle explicitement éducatif, politique et social.

Un article de Stéphanie Arc et Natacha Chetcuti-Osorovitz