Amorces rassemble les derniers « carnets » d’Henri Thomas et constitue peut-être une bonne entrée en matière pour découvrir une œuvre qui occupe une place singulière dans le paysage de la littérature française de la seconde moitié du XXe siècle.
Auteur : Jean-Pierre Ferrini
Thomas Clerc dans le cadre du Festival de la littérature vivante, EXTRA! du Centre Pompidou, a donné chaque soir du 9 au 19 septembre un « toast » à un livre et un auteur qu’il aimait. Le vendredi 17 septembre, c’était mon tour pour mon Sexe des Modernes, Pensée du Neutre et théorie du genre. Un toast appelle une réponse, voici qu’elle fut la mienne après l’avoir entendu.
Sur Illusions perdues par Balzac & Giannoli (1837-2021)
Actuellement sur les écrans, l’œuvre repose de tous temps sur les rayonnages des bibliothèques et librairies.
Quand les vagues ne remuaient pas les claquettes et les vélos électriques comme le tambour de la machine à laver, elles ne s’échouaient sur rien. Tout l’été la mer n’a rien donné et le soleil a brillé sans aider personne.
Olivier Sécardin s’entretient avec Ryōko Sekiguchi au sujet de ses années d’apprentissage – entre le Japon et la France – et de son métier de traductrice, d’une langue à l’autre.
Les petits ouvrages admirablement maquettés et façonnés que propose la collection « Discogonie », aux Éditions Densité sont des objets agréables. Je dirais même, des objets à collectionner. (J’en fais, pour ma part, la collection. J’en offre régulièrement.) C’est à chaque fois la même histoire, à la caisse, en librairie. Où diable est le code barre de ce petit livre ? Eh ! bien, sur la couverture. Gros yeux derrière le comptoir. Car les sillons qui ornent la couverture desdits bouquins, s’ils renvoient à la galette de vinyle, peuvent aussi bien être scannés en caisse. En faisant du gencod la couverture même du livre, le discogonie en tant que marchandise a intégré le sceau de la consommation de masse, pour tâcher d’en atténuer la terrible damnation. Et ces précieux petits livres en format de poche restent abordables. (Alors même que d’autres éditeurs, plus en vue, font des livres incommensurablement plus moches et chers…).
La recherche de Sara Sadik tourne autour d’un premier mot : fragilité. Fragiles, ses protagonistes, réels et imaginaires, le sont — même s’ils veulent « ne rien laisser paraître » — par leur condition sociale et politique. « Mecs de quartiers », Noirs, Arabes, musulmans, les sujets qui peuplent et nourrissent son travail sont ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps des « damnés de la terre ». Maudits par le champ politique, par le racisme institutionnel, par le chômage et la précarité, maudits pour leur religion, leur culture, leur langue.
Sylviane Coyault s’entretient avec Stéphanie Hochet et Akira Mizubayashi dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».
Auteur de Saint-Just & des poussières, Arnaud Maïsetti fait (re)naître dans sa fiction un Saint-Just complexe, lyrique – un Saint-Just dont la figure et le destin peuvent aussi être l’occasion d’une lecture indirecte de notre présent. Entretien avec Arnaud Maïsetti.
Auteur d’Où que je sois encore (Seuil), d’un remarquable essai biographique consacré à Bernard-Marie Koltès (Minuit), enseignant les études théâtrales à l’université Aix-Marseille, Arnaud Maïsetti délivre un roman saisissant, démesuré et virtuose, Saint-Just & des poussières, aux Éditions de l’Arbre vengeur.
Au cœur des Prières, nouveau livre de Marco Lodoli, un personnage, essayant tout à trac d’imaginer de quels mots il peut s’agir quand à la messe on confie au Seigneur « Dis seulement une parole et je serai guéri », propose « Un nid pour tous ». Est-ce la forme même, celle d’un nid textuel, que Lodoli choisit pour Les Prières qui se compose de trois courts romans, comme avant lui Les Fainéants, Les Prétendants et Les Promesses ? Toujours est-il que la publication des douze textes regroupés en quatre volumes se sera étendue sur plus de trente ans, et l’écrivain romain confie en préambule du dernier qu’un titre pour l’ensemble « vibre dans [sa] tête telle la dernière et pathétique corde pincée par un vagabond sur une place déserte » : Les Pauvres.
L’aliénation est-elle ou a-t-elle un genre ? Je veux dire un genre littéraire comme le roman, la nouvelle, le polar, la science-fiction, etc.
Lettre lue le 11 juin 2010, à la Maison de l’Amérique Latine, à l’occasion de la soirée consacrée au roman de Daniele Del Giudice, Horizon Mobile, publié au Seuil dans « La Librairie du XXIe siècle ». Participaient à cette soirée, inscrite au programme de « Paris en toutes lettres », Mathieu Amalric, Jean-Paul Manganaro et Maurice Olender.
PATOS RIVER
Une ville calme où certains ont trouvé
le repos éternel
À chaque fois que j’arrive dans un nouvel établissement scolaire, je m’attends à voir le genre de panneau que, dans les albums de Lucky Luke, on trouve à l’entrée des villes.
Nous avons finalement convenu de nous retrouver vers Tour et taxis, ce lieu étrange, immense, longtemps en déshérence, dénué de centre comme de périphérie, coincé entre Molenbeek et Laeken.