Un Livre des places, donc. Soit, dans la lignée des essais collectifs Inculte, pluralité de voix en feuilleté pour évoquer un lieu politique et littéraire, un siècle En procès ou les matériaux du roman. Ici, les places comme lieu articulé et problématique, un foyer de revendications et contestations, le surgissement et l’expression d’une voix dissonante, en plein cœur de la cité, à la fois rassemblée et diffractée, dont ce volume se veut l’objet-livre métonymique.

Avec Herzl : une histoire européenne, qui paraît ces jours-ci aux éditions Denoël, Camille de Toledo livre, avec l’inventive compagnie d’Alexandre Pavlenko, son premier roman graphique. Plus que jamais attentif aux formes les plus contemporaines d’expression, Camille de Toledo choisit ici, de manière aussi inattendue que neuve, de déployer le sombre récit d’une figure historique du judaïsme, Theodor Herzl, en la donnant littéralement à voir par les noires illustrations de Pavlenko dans toute sa puissance tragique.

Jacques Rancière fait cette année l’ouverture des Enjeux contemporains

Peut-être, plus que tout homme, le poète est-il par nature un animal politique. Telle serait, aussi paradoxale que provocatrice, l’affirmation qui viendrait traverser les premières demi-journées de mercredi et jeudi de cette 11e éditions des Enjeux du Contemporain portant sur les droits de cité et dont Diacritik est cette année le partenaire. Pour venir poser cette ardente interrogation mais aussi bien en débattre que la construire, la soirée d’ouverture de mercredi à Beaubourg propose tout d’abord les interventions inaugurales de Jacques Rancière et de Mathias Enard. La matinée de jeudi se propose, quant à elle, de convier, à l’Université Paris Nanterre, Pierre Judet de La Combe, Dominique Viart, Claude Eveno, Jean-Pierre Le Dantec, Michel Deguy et enfin Jean-Claude Pinson. À l’heure des mutations urbaines et sociales, qu’en est-il de la cité démocratique qui nous échoit ?

Cette année, la 11e édition de « Littérature, enjeux contemporains » organisée par La Maison des écrivains a choisi, du 24 au 27 janvier, de s’interroger sur la question des droits de cité. À l’heure où l’Europe ne cesse de rejouer son destin démocratique, de rejeter les migrants et où les villes ne cessent de muter jusqu’à entrer dans des zones d’inconnaissable, on ne sait plus ce qu’est la ville et ce qu’est la cité. Peut-être ainsi la littérature contemporaine peut-elle aider à repenser depuis elle-même à comprendre, penser et repenser ces droits de cité dont la question ne cesse de se reposer ardemment. Partenaire cette année de cet événement qui convie plus d’une quarantaine de romanciers, dramaturges, poètes et essayistes à débattre, Diacritik est allé interroger en amont de ces rencontres Claude Eveno, président de La Maison des écrivains et Sylvie Gouttebaron sa directrice, le temps d’un grand entretien sur les liens de la littérature à cette cité qui se retisse. Ou comment nos vieilles cités sont chahutées par le présent.

En prélude au 27e Salon de la Revue qui se tiendra le 11 et 12 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, renouvellent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Anna Guillo pour sa stimulante revue précisément d’entretiens : Tête-à-tête.

Antonine Maillet
Antonine Maillet

On sait, sans qu’il soit besoin d’y insister, que les prix littéraires sont un poste d’observation très intéressant de ce que les institutions reconnaissent et transmettent. Après tant d’autres, je me propose d’observer le Goncourt. Comme l’écrit Christine Marcandier : « Le Goncourt reste le Goncourt ce prix qu’on adore détester parce qu’il récompense trop souvent (voire quasi systématiquement) des livres mineurs. Ce prix que l’on est prêt à encenser quand il ose des choix plus novateurs et offre à des écrivains moins médiatiques une soudaine exposition (et des lecteurs) ».
Ce qui m’y incite cette année, c’est évidemment d’approcher les raisons du choix pour Leïla Slimani.

Claude Ollier (DR)
Claude Ollier (DR)

Le 22 octobre prochain la Maison de la poésie consacrera une après-midi à l’œuvre de Claude Ollier. Organisé par l’association Les mondes de Claude Ollier, cet hommage proposera des lectures, des interventions et dialogues autour de cette œuvre importante, à parcourir et découvrir encore. Entretien avec Arno Bertina qui participera à cet hommage.