Une rentrée littéraire en poches (1)

Diacritik a évoqué ces livres lors de leur parution en grand format. Mais les poches font aussi leur rentrée littéraire.
Revue des sorties, par ordre alphabétique d’auteurs, 1.

Laurent Demanze évoquait l’Histoire du lion Personne, l’odyssée animalière de Stéphane Audeguy, en octobre 2016, article republié dans nos colonnes lorsque le roman a reçu le Prix Wepler.
« Vie et mort d’un animal, au lieu d’une silhouette illustre ou d’une figure minuscule. C’est à ce changement de perspective que Stéphane Audeguy nous invite dans ce roman alerte. Il y a là quelque chose comme un roman picaresque, mais sur le mode animalier : on traverse avec lui, par son regard, des strates sociales, on parcourt les mers et sillonne les terres du Sénégal à Versailles. Bien sûr, ce sont les hommes qui le mènent, qui orientent sa trajectoire, mais les hommes passent tandis qu’il reste le fil rouge du récit. C’est d’ailleurs l’une des qualités de ce roman : les hommes apparaissent et passent, deviennent des acteurs essentiels du récit, pour mieux s’évanouir, tandis que le lion Personne reste une basse continue du récit. Le roman est alors comme désaxé, et entraîne le lecteur dans des bifurcations imprévues ».
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Stéphane Audeguy, Histoire du lion Personne, Points, 168 p., 6 € 50

Christine Marcandier a écrit sur La Pipe d’Oppen lors de sa sortie chez Actes Sud, en janvier 2016.
« Depuis quelques livres, Paul Auster infléchit son œuvre vers une dimension (auto)réflexive : on se souvient de son diptyque autobiographique, en 2013 et 2014, Chronique d’hiver, suivi d’Excursions dans la zone intérieure, pendant mental de ce miroir d’encre, non plus le sexe, les cicatrices, la chair pour tenir la chronique d’une vie mais ce qui, dans son enfance, l’a conduit à devenir lui-même, les expériences fondatrices. La Pipe d’Oppen, recueil d’essais, discours, préfaces et entretiens, est dans cette continuité, quatorze textes qui forment un nouveau portrait oblique, en éventail, pour définir son propre art poétique à travers l’analyse de Perec (dans son rapport à Truffaut), André du Bouchet, Nathaniel Hawthorne, Jim Jarmusch et d’autres ».
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Paul Auster, La Pipe d’Oppen, traduit de l’américain par Céline Curiol, Christine Le Bœuf, Emmelene Landon et David Boratav, Babel, 6 € 90 — en librairies le 6 septembre prochain.

En décembre 2016, Jan Le Bris de Kerne revenait sur l’épopée et enquête de Laurence Cossé, tragédie noire pour monument blanc, La Grande Arche : « Belle à couper le souffle. Colossale, mais pas tant que ça. D’un blanc de neige sur le bleu du ciel. Éblouissante, au sens premier, à faire mal aux yeux. De proportions parfaites, c’est peu dire: la perfection posée (…) Nécessaire. Empêchant aujourd’hui d’imaginer un autre monument à cet endroit clé. » Son article était accompagné d’un entretien avec la romancière, vous pouvez le retrouver ici.
Laurence Cossé, La Grande arche, Folio, 400 p., 7 € 70

Prix Goncourt 2015, Boussole de Mathias Enard sort en poche, chez Babel, un roman exigeant, littéraire, foisonnant, un récit des frontières, comme celle qui scinde et unit les deux rives d’Istanbul : « Se promener dans Istanbul était, quel que soit le but de l’expédition, un déchirement de beauté dans la frontière — que l’on voie Constantinople comme la ville la plus à l’est de l’Europe ou la plus à l’ouest de l’Asie, comme une fin ou un commencement, comme une passerelle ou une lisière, cette mixité est fracturée par la nature, et le lieu y pèse sur l’histoire comme l’histoire elle-même sur les hommes. » Lire l’article de Christine Marcandier ici
Mathias Enard, Boussole, Babel, 480 p., 9 € 80

Livre sensation de l’année 2016, acclamé par les lecteurs, les prix (dont le Goncourt des Lycéens), une partie de la critique, Petit Pays de Gaël Faye sort au Livre de poche.
L’occasion de découvrir, pour d’autres lecteurs, un sympathique premier roman.
Lire ici l’article de Christine Marcandier
Gaël Faye, Petit Pays, Le Livre de poche, 224 p., 7 € 10

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