Frappa, fondée en 2014, est une revue en ligne de poésie et littérature contemporaine, de poésie sonore et de performance. On peut y découvrir des textes, des images, des vidéos qui sont autant de propositions concernant ce qu’est ou pourrait être la poésie aujourd’hui, à la croisée de diverses technologies, de diverses formes et styles, incluant le social, l’ironie, le spectacle néolibéral de nos vies, les ritournelles de nos âmes blessées et joyeuses. La revue Frappa revendique, sans manifeste idéologique, la plus grande subjectivité de sa démarche, comme l’exprime A.C. Hello, initiatrice de Frappa, dans l’entretien qu’elle a accordé à Diacritik.

Le Garçon Cousu est un recueil de textes dont la plupart ont été écrits pour la scène ou la radio. Si le texte intitulé « Le Garçon Cousu » donne son titre au livre, c’est que ce dernier est un assemblage de textes « cousus » entre eux, de « pièces » – morceaux de tissus et œuvres théâtrales – cousues entre elles, que le livre en est la couture, que coudre devient le principe de l’écriture.

Le titre du livre de Liliane Giraudon, Madame Himself, est immédiatement énigmatique. « Himself » est-il le nom de la dame en question comme, dans Les Demoiselles de Rochefort, le personnage joué par Piccoli se nomme Dame, Monsieur Dame ? Ou bien s’agit-il du pronom personnel anglais, « lui-même » ? Dans ce cas, serait normalement attendu « herself », ce qui correspondrait au genre féminin et annoncerait donc une vérité, l’énoncé de l’identité réelle de « Madame » : Madame elle-même. A moins que « Madame » ne soit « Monsieur » – mais pourquoi alors le nommer « Madame » ? Et pourquoi un mot anglais accolé au français « Madame » (ou l’inverse) ? Dans Madame Himself, il s’agit donc au moins du genre, de la langue, de la nomination, de l’identité. Mais les configurations habituelles qui organisent chacun ainsi que leurs rapports y sont questionnées, troublées, perturbées – trouble qui concerne l’être autant que l’écriture, le rapport à soi autant que les pouvoirs du langage, le biographique autant que la poésie.

Avec Pulsions pasoliniennes, Fabrice Bourlez entraîne Pasolini dans un jeu singulier et étrange. En effet, l’œuvre de Pasolini est dans cet essai moins confrontée que greffée à celles d’autres auteurs, ou de philosophes et essayistes, pour rendre possible que se dessinent des idées nouvelles, des directions, des questionnements de ce que nous sommes et de ce que nous pourrions être ou ne plus être. Il y est ainsi question de corps, de sexualité(s), de queer, de psychanalyse, d’écriture, d’images, de politique – et d’un dehors qui toujours nous emporte vers des devenirs encore inconnus.

Depuis plusieurs années, l’énigmatique nébuleuse Général Instin se manifeste de différentes façons : Internet, affiches, textes, manifestations de rue, etc. A l’occasion de deux publications aux éditions Le Nouvel Attila, Patrick Chatelier et Guénaël Boutouillet exposent dans cet entretien certains des partis pris et des orientations de ce projet polycéphale et nomade.

Denis Roche parle des fenêtres. Est-ce que cela signifie que ses mots sont des fenêtres ? Il écrit : Échapper à l’enchaînement obligatoire. Il écrit aussi : L’instant de folie qu’abrite le déclenchement de la photo. Écrit-il que la folie de la photo est cette échappée hors de la rationalité obligatoire ? Que la photo elle-même est cette échappée, la folie au centre du regard ? Au centre du monde ? Au centre du monde après le monde, là où il n’y a pas de centre ? Denis Roche dit qu’il vit dans un monde de fenêtres. Qu’il s’est construit un monde de fenêtres et de verrières. Les miroirs aussi sont des fenêtres. Comme les photos. Et les mots.

Les éditions Galilée viennent de publier le second volume du séminaire que Jacques Derrida consacra à la peine de mort. Le philosophe Patrick Llored, auteur d’un livre original et novateur sur Derrida, souligne dans cet entretien ce qui, à partir de ce séminaire, lui semble ouvrir des pistes de réflexion et de compréhension nouvelles.