Les éditions Dis Voir publient un livre singulier, à quatre mains, signé Gary Hill et Martin Cothren. Si l’on ne présente plus l’artiste américain, le nom de Martin Cothren, par contre, ne dira rien à la plupart, bien que cet ami Indien de Gary Hill ait été lui aussi, à sa façon, un artiste (dessins). Les trajectoires des deux hommes se croisent, se lient, mais demeurent différentes, séparées. Le livre est fait de ces croisements autant que de cette distance.

Le livre de Gabriela Cabezón Cámara, Pleines de grâce, est pluriel, articulant des différences sans nécessairement les différencier. Le récit s’élabore en subvertissant les codes sociaux et culturels – en inscrivant une différence par rapport à ces codes, en les inscrivant dans une différence par rapport à eux-mêmes – autant que les codes de la narration, favorisant la rencontre ou co-affirmation de points de vue divers, rencontre qui vient troubler et suspendre les identités habituelles. Si ce livre est aussi politique, il a comme visée première la destruction de l’identité, ou sa dissémination (visée qui est elle-même politique).

Je voulais m’en aller mais je n’ai pas bougé est le titre d’un livre de Jean-Jacques Viton paru aux éditions P.O.L en 2008. C’est aussi le titre d’un livre de photographies que Marc-Antoine Serra vient de publier aux éditions Salon du Salon. C’est également ainsi que s’intitule l’exposition de Marc-Antoine Serra qui se tient au Salon du Salon, à Marseille, jusqu’au 25 octobre 2021.

Ici, la Béringie, le premier roman de Jeremie Brugidou, est un livre puissant et pluriel, porteur d’un imaginaire et de thèmes qui résonnent avec des questions fondamentales d’aujourd’hui : l’écologie, le rapport au monde, à l’animal, les catastrophes planétaires, l’invention d’imaginaires nécessaires à d’autres existences sur Terre, le capitalisme, le colonialisme… Entretien avec Jeremie Brugidou.

Le premier roman de Jeremie Brugidou est un roman d’aventure et une forme de dystopie, une réflexion anthropologique et politique autant qu’une œuvre qui tend vers la SF, un livre de rêves comme une enquête où la science et l’imaginaire vont ensemble. Le livre articule toutes ces dimensions pour dire et imaginer le monde – notre monde, ce qu’il est et ce qu’il pourrait être.

L’exposition des photographies de Michael Schmidt qui se tient actuellement au Jeu de Paume, exposition en forme de parcours d’ensemble, paraît n’avoir quasiment comme seul objet que Berlin, ville que le photographe allemand n’a cessé d’arpenter et de photographier. Le projet et le référent seraient clairs : photographier Berlin ; et de même la forme, qui serait celle de la photographie documentaire. Or, ce qui s’impose, c’est que le travail de Michael Schmidt est plus complexe que cela.

Pour la sixième année consécutive, le BAAM organisait ce 13 juillet un « bal des migrant·e·s » sur la place Stalingrad à Paris. A la suite d’une polémique infondée lancée par divers politiques de droite et de gauche, le BAAM a été l’objet d’une campagne de dénigrement et de harcèlement aux relents racistes. Le bal qui devait avoir lieu a été interdit par la préfecture. Se tenait aujourd’hui, à Paris, une marche en soutien au BAAM et aux migrant.e.s, marche dénonçant la politique mortifère de l’UE dans le cadre du mouvement #AbolishFrontex. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.