Si les revues littéraires, en particulier celles de poésie, ont le plus souvent peu de visibilité, elles offrent aussi des possibilités moins contraintes et plus aventureuses que celles de beaucoup de maisons d’édition, proposant des expériences littéraires, publiant des auteurs peu ou non édités par ailleurs, les réunissant et créant des rencontres qui permettent aux revues de construire des constellations, des convergences, des points de vue multiples sur la littérature et sur ce que pourrait être une édition de création plus vivante.

Paris 19 juillet 2017 © Joffrey Speno (Diacritik)

Action des militant.e.s LGBTQI ce mercredi matin à Paris sur le Pont des arts. Ils ont déployé une banderole d’environ 15 mètres avec ce message : « Macron Starves the Migrants – Queers Against Borders » (« Macron affame les migrant-es – Queers contre les frontières »).
L’article de Joffrey Speno est à lire ici
Reportage photo, Joffrey Speno et Jean-Philippe Cazier, Diacritik.

Patrick Chamoiseau © Sylvain Bourmeau

Frères migrants de Patrick Chamoiseau vient de paraître au Seuil : l’occasion, pour Diacritik d’un grand entretien avec l’écrivain qui évoque la mondialisation déshumanisante, le « Tout-Monde », Édouard Glissant, la créolité, la littérature et un monde qui pourra se construire « non pas selon les modalités de la communauté, mais sur la base de solidarités multidimensionnelles, évolutives, et de fraternités imprévisibles et transversales ».

Gareth Nyandoro, Stall(s) of Fame © Jean-Philippe Cazier

En donnant pour titre à son exposition au Palais de Tokyo Stall(s) of fame, Gareth Nyandoro met en avant le doublement de l’espace du lieu institutionnel et institutionnalisé d’exposition par un autre lieu d’exposition : celui, populaire, de la rue et des marchandises exposées sur les étals au regard des passants. Dans les deux cas, il s’agit d’exposer mais, d’un espace à l’autre, le statut, la valeur, et la nature de ce qui est exposé sont supposés différents. C’est cette différence que Gareth Nyandoro perturbe et interroge, non en l’effaçant, en la niant mais, par son maintien, en produisant une juxtaposition problématisante. Quel est le fondement du statut et de la valeur de l’œuvre d’art et de sa différence avec l’objet manufacturé vendu sur un étal de rue ? Quelle est la différence entre un lieu culturel d’exposition et l’espace de la rue comme lieu d’exposition ? Que signifie « exposer » et quels sont les processus culturels, économiques, historiques à l’œuvre qui ont produit et produisent les deux types d’exposition, celle de l’œuvre d’art et celle de la marchandise quelconque ?

Elisabeth Lebovici © Jean-Philippe Cazier

Ce que le sida m’a fait, d’Elisabeth Lebovici, est très riche d’informations, convoquant un grand nombre de noms, d’événements, d’œuvres qui, d’être ainsi réunis, forment la trame d’une mémoire de l’art, d’une mémoire politique, d’une mémoire personnelle. La volonté de faire exister ces diverses mémoires entremêlées dans un discours n’est pas sans évoquer le AIDS Memorial Quilt, une volonté de faire exister au présent et de transmettre la mémoire de ceux et celles qui, nombreux, ont été tués par le sida : la mémoire comme forme non de la nostalgie mais de la survivance. Ce que le sida m’a fait est aussi le lieu d’une mémoire de la vitalité des inventions et productions artistiques, politiques, subjectives qui ont accompagné l’horreur du sida. Enfin, le livre construit de nombreuses analyses et de nombreux outils théoriques portant autant sur l’art que sur le politique en privilégiant un point de vue « minoritaire », celui d’une approche à partir d’objets, de manifestations, de thématiques, de discours qui échappent à nombre de points de vue établis et totalisants. Rencontre et entretien avec Elisabeth Lebovici.

Pour la troisième fois, l’organisation d’une Pride de Nuit à Paris apparaît nécessaire tant les problématiques soulevées les années précédentes demeurent et ont même été réactivées par la campagne électorale : racisme, évolution des droits insuffisante, multiplication des violences physiques comme des discours haineux, instrumentalisation de nos luttes.