L’année du singe est l’année du chaos : une forme de désordre envahit le monde – à moins que ce désordre ne soit l’état réel du monde ainsi révélé. Le désordre n’est pas ici la simple absence d’ordre, son opposé, il correspond à un effacement des limites habituelles qui servent à penser et à instaurer un certain ordre que l’on appelle d’ordinaire « réalité ». Le chaos qui traverse le livre de Patti Smith n’est-il pas une réalité plus profonde ? Les nouveaux rapports qui apparaissent entre les vivants et les morts, entre le rêve et la réalité, entre la pensée et le monde, ne sont-ils pas, plutôt qu’une négation de l’ordre du monde, la révélation de son chaos essentiel ?

Dans son étude sur l’œuvre littéraire et cinématographique de Duras, Simona Crippa met en évidence, à travers cette œuvre, les références mythologiques récurrentes et prégnantes. Il ne s’agit pas par là pour Duras de s’inscrire dans une culture déjà établie, simplement reproduite, ou d’intégrer dans ses œuvres les signes d’une culture classique légitimée par les institutions. Le référent mythologique, pour Marguerite Duras, serait le moyen d’une critique du texte et de l’image, d’une pratique de plus en plus radicale de la création, d’une politique du monde voulue révolutionnaire.

Depuis le 22 octobre dernier, l’interdiction quasi absolue de l’avortement a été prononcée en Pologne par le Tribunal Constitutionnel. Cette décision privilégie la morale catholique sur le droit. Après des attaques, depuis des mois, contre les personnes LGBT, les femmes jouent de nouveau le rôle de l’ennemi de l’Etat qui, faute de pouvoir faire passer ses lois liberticides par la voie parlementaire, les impose à l’aide d’une cour suprême aux mains d’alliés du PiS, parti conservateur au pouvoir. Un rassemblement avait lieu à Paris ce dimanche 25 octobre en solidarité avec les femmes polonaises. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.