On pense à Gracchus, au « Chasseur Gracchus » de Kafka, le chasseur mort dont la barque funèbre a suivi un trajet erroné à cause d’une mauvaise rotation du gouvernail, avec pour conséquence une barque qui parcourt dès lors les cours d’eau terrestres – et un chasseur qui voyage après sa mort par tous les pays de la Terre, au lieu de monter au Ciel… Mathias Enard, quant à lui, descend la Sèvre avec son canoë et qualifie son périple de « pèlerinage »… et même de « chemin de deuil »… Il poursuit là son cycle de la Mélancolie des confins…
éditions Actes Sud
On avait laissé Sébastien Berlendis sur les rives de la Méditerranée, entre vieux palais décatis et archéologie familiale. Deux ans après Lungomare, 24 fois l’Amérique s’éloigne pour un temps de l’Italie afin d’explorer le nord-est des États-Unis. Sur la route, le narrateur est en quête de Marianne, une femme avec qui il avait déjà fait le voyage une décennie auparavant.
Est-ce un jeu tragique, une mise en abyme, une tentative de saisir le monde d’aujourd’hui ? Dans son roman Trash Vortex, Mathieu Larnaudie dresse le portrait d’une société obsédée par sa propre fin, en s’emparant du motif des gyres de déchets, notamment plastiques, qu’on retrouve dans l’océan. À travers quelques figures, souvent choisies parmi les élites politiques et économiques (la riche héritière, le directeur de cabinet, le réalisateur à succès…), le roman offre une analyse sociologique, psychologique et poétique de personnages de notre époque, qui pourraient sortir des limbes pour relancer une autre forme d’Histoire. À l’équilibre entre aventure et métaphore, Trash Vortex est aussi une invitation à être pleinement présent au monde, comme l’a souligné Mathieu Larnaudie dans le grand entretien qu’il nous a accordé.
Avec Trash Vortex, Mathieu Larnaudie poursuit son exploration du pouvoir, en particulier d’un certain mode de celui-ci s’exerçant autrement que par la violence ou le simple fait de donner des ordres.
L’Histoire commence un lundi comme les autres, alors que Berlin « remue derrière son écran de brouillard ». Mais ce lundi 20 février 1933 « ne fut pas une date comme les autres » : au bord de la Spree, « vingt-quatre costumes trois pièces » se réunissent secrètement dans un salon feutré du Reichstag. Ils sont le « nirvana de l’industrie et de la finance » qui va lever des fonds pour le parti national socialiste, premier rouage d’une mécanique inexorable dont nous connaissons les conséquences.
On se souvient que La Guerre des pauvres avait paru en plein mouvement des gilets jaunes, il y a sept ans. Voici qu’Éric Vuillard publie Les Orphelins. Une histoire de Billy the Kid, une sorte de « résumé somptueux de l’Amérique ».
On pourrait s’arrêter de lire Les orphelins très tôt après avoir débuté la lecture du premier chapitre tant il est magnifique et touchant: « À dix-sept ans, il tua son premier homme. C’est alors que sa vie commence. » Il y a quelques choses splendides dès les premiers mots, dès les premières phrases du livre.
Ça commence par une disparition. Un homme a disparu : il manque — et autour de ce manque, quelqu’un se met à écrire. Rue des Batailles part de là : une absence qui ne s’explique pas, déclarée mais jamais expliquée.
Est-ce un jeu tragique, une mise en abyme, une tentative de saisir le monde d’aujourd’hui ? Dans son roman Trash Vortex, Mathieu Larnaudie dresse le portrait d’une société obsédée par sa propre fin, en s’emparant du motif des gyres de déchets, notamment plastiques, qu’on retrouve dans l’océan. À travers quelques figures, souvent choisies parmi les élites politiques et économiques (la riche héritière, le directeur de cabinet, le réalisateur à succès…), le roman offre une analyse sociologique, psychologique et poétique de personnages de notre époque, qui pourraient sortir des limbes pour relancer une autre forme d’Histoire. À l’équilibre entre aventure et métaphore, Trash Vortex est aussi une invitation à être pleinement présent au monde, comme l’a souligné Mathieu Larnaudie dans le grand entretien qu’il nous a accordé.
« Oui, j’aimerais retrouver la fraîcheur d’un instant à jamais interrompu, un instant éternel, vierge, et lavé de tout soupçon », Fabio Viscogliosi, Mont Blanc.
Dans La maison indigène, il pourrait s’agir de souvenirs, de la recherche de souvenirs qui ont disparu, ont été refoulés, refusés, ou n’ont jamais existé. Il faudrait alors les rechercher, les inventer, les approfondir. Mais il s’agit surtout d’autre chose.
Avec Trash Vortex, Mathieu Larnaudie poursuit son exploration du pouvoir, en particulier d’un certain mode de celui-ci s’exerçant autrement que par la violence ou le simple fait de donner des ordres.
Début mars 2023, est sorti dans la collection d’Actes Sud, « Un endroit où aller » qui réserve, la plupart du temps, de belles surprises, un premier roman attachant et séduisant, signé Florian Préclaire, Le Cavalier de Saumur. Tout a son importance dans les informations de la couverture : le nom de l’auteur, la fonction et le lieu du personnage supposé du titre, l’icône représentant Pégase.
Russells Banks vient de mourir, à l’âge de 82 ans. En hommage, Diacritik republie le grand entretien qu’il nous avait accordé en 2016.
« Il regarda la scie très longtemps à la lumière du soleil avant de la reposer. Les mains sur les genoux, il demeura assis un bon moment, comme s’il faisait une pause. Puis il entreprit de gratter avec la scie les saletés incrustées dans les crevasses de ses pieds.