Dans un article du 15 mars 2017, j’interrogeais la citation de Camus mise à toutes les sauces avec un à-propos plus ou moins justifié et essentiellement comme caution morale et idéologique pour « parrainer » le positionnement de l’utilisateur. Il serait aisé de trouver chaque année un autre secteur de lectures camusiennes, mieux informé sur les textes de l’écrivain, mais s’inscrivant aussi dans la lecture d’admiration.

Alors que George Romero nous a quitté cet été et que John Carpenter vient de faire paraître un best of de ses meilleures bandes originales, l’occasion était toute trouvée pour Diacritik de revenir sur Wes Craven, l’un des autres maîtres de l’horreur en compagnie de l’un de ses spécialistes les plus avisés : Emmanuel Levaufre.

Astérix et la Transitalique peut s’enorgueillir d’illustrer farpaitement le mot inflation : de 6000 exemplaires pour le tirage initial d’Astérix le Gaulois en 1961 à cinq millions de copies pour la trente-septième aventure, la série imaginée par René Goscinny et Albert Uderzo défie tous les superlatifs. Signé des repreneurs Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, ce 37è Astérix est d’ores et déjà en route pour le succès qui lui était promis. Et vers le Vésuve, puisque après la Calédonie et les arcanes de la presse antique, la destinée de l’irréductible Gaulois est routière et emprunte les vias (mal) pavées (de bonnes intentions).

Créé par Hugh Hefner à Chicago, en 1953, Playboy n’est pas qu’un magazine couchant sur ses unes comme dans ses pages intérieures des femmes dénudées, en somme dédié au seul « Entertainment for men », son sous-titre. Luttant contre le puritanisme, accompagnant la révolution sexuelle américaine, le magazine accorde aussi une large place à la culture, en particulier dans ses grands entretiens.

« À quoi ça pourrait ressembler, un roman du XXIe siècle ? En quoi ça serait différent d’un roman du XIXe, par exemple ? », se demande Pierre Ducrozet dans la note d’intention qui accompagne L’Invention des corps, son dernier roman, récemment couronné du Prix de Flore.

Deux ans après Tu n’auras pas d’autre dieu que moi, Joann Sfar revient avec La Tour de Bab-El-Oued à paraître le 17 novembre. Une nouvelle « aventure » de son personnage fétiche, chat parlant, avatar de l’auteur qui s’interroge et questionne le monde sur la religiosité du monde, sur le besoin de sacré, sur la nécessité des dieux. Un nouvel album forcément en résonance avec l’actualité récente : migrants, laïcité, quête de réponses, intolérance et espoir d’un monde plus pacifique.

Après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, Michael Cunningham a surpris en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.
Diacritik avait rencontré l’écrivain au Salon du livre lors de la parution du recueil en grand format chez Belfond. Flashback, alors que paraît le volume en poche chez 10/18.

En ces semaines où les prix littéraires d’automne consacrent des livres tout juste parus, mettant en lumière des textes qui demeureront (L’Ordre du jour d’Eric Vuillard) et d’autres plus éphémères, il serait utile de revenir sur des aventures éditoriales au long cours, de celles qui marquent durablement le paysage de leur empreinte singulière : ainsi Tristram, maison d’édition qui fête cette année ses trente années d’existence, dans une forme tout autant insurrectionnelle qu’anthologique (mais la maison aime les paradoxes et la littérature lui est sport de combat), avec la publication d’une Association de malfaiteurs.