On a beaucoup.

On a des cheveux, un crâne, un cerveau, un visage, des yeux (deux), des oreilles (deux), une bouche, des bras (deux), terminés par des mains (deux) et leurs doigts (dix), on a un sexe, un dos, des fesses (deux), un anus, on a des jambes (deux), terminés par des pieds (deux) et leurs doigts (dix).

Écrire sa critique sur le Procès Goldman après l’attaque du Hamas contre Israël, et c’est tout le sens que l’on souhaitait donner au film qui bascule. Dans ces conditions, la critique se doit – au-moins – d’être à la hauteur des enjeux qui lui ont été légués par les Lumières : émancipation des opprimés, construction d’une société du discours en contre-force, contrepoids, contre-tribunal au réel apocalyptique qui, sinon, englue tout. Reconquérir des droits sur le réel : voilà la mission de la critique. Au moyen de médiations artistiques en mesure de faire percevoir qu’est possible un autre réel que ce réel de bruit et de fureur qui envahit tout.

Cher Maxime,

Je viens de refermer Faire trace, que j’ai lu avec le plus grand intérêt. Nombreuses sont les perspectives ouvertes par le texte qui mobilisent la réflexion de ton lecteur. J’ai particulièrement été sensible à la problématisation (lyotardienne, disons) de la difficulté de parler d’un événement, la Shoah, ayant pour singulière et tragique caractéristique d’avoir détruit sa propre factualité. J’ai souvent eu en tête le paragraphe 22 du Différend qui consiste en un appel relativement optimiste à la puissance créatrice de la littérature, convoquée pour conjurer l’impossibilité de parler…

Dans le cadre de la 14e édition des Enjeux contemporains organisés par la Maison des écrivains au Vieux-Colombier, Diacritik, partenaire de l’événement, est à la rencontre de la romancière Laure Gouraige. Voix majeure du contemporain, la jeune autrice a fait paraître successivement deux récits remarquables chez POL, La Fille du père (2020) et Les Idées noires (2022). L’occasion de lui demander avant sa table ronde sur la sororité avec Lamia Berrada-Berca de vendredi matin ce qu’elle entend par « Faire commun ».

Comment encore faire commun dans une démocratie attaquée de toutes parts, sans cesse remise en cause, dont les services publics font l’objet d’une destruction en coupe réglée ? C’est à cette question urgente que Barbara Stiegler et Christophe Pébarthe, qui viennent de cosigner le remarquable Démocratie ! Manifeste tenteront de répondre dans le cadre des Enjeux Contemporains à l’occasion d’une table ronde ce jeudi après-midi au Vieux-Colombier. Barbara Stiegler pose ici pour Diacritik le temps d’un entretien les pistes de cette discussion.

Avant de se déployer sous forme de constellation, les ouvrages dont il est question dans ces chroniques se sont d’abords empilés. Si mon regard se dirige en bas à droite de la table sur laquelle je travaille, je vois plusieurs piles qui se sont formées plus ou moins simultanément, en raison d’affinités supposées entre les livres qui les composent. La plus proche, celle qui doit alimenter cette nouvelle chronique, est un peu plus volumineuse que les autres.

Le commun à l’épreuve : tel est le nom de la rencontre qui réunira Eric Faye avec Arno Bertina afin de réfléchir, sous la houlette d’Alain Nicolas, sur les questions sociales et éminemment politiques qui soulèvent notre commun contemporain. En avant-goût de ces échanges qui auront lieu ce jeudi matin, Diacritik est allé à la rencontre de l’auteur du formidable Il suffit de traverser la rue pour savoir comment le commun est précisément éprouvé autant que mis à l’épreuve.

Qui de mieux placé pour modérer une discussion sur les groupes littéraires que Jan Baetens ? S’il est le critique littéraire et chercheur dont chacun connaît l’excellence, Jan Baetens est aussi un écrivain remarquable, poète d’une oeuvre singulière qui l’a vu encore récemment offrir de superbes Vacances romaines. Avant la rencontre qu’il animera entre Benoît Peeters et Hervé Le Tellier, Diacritik est allé à sa rencontre le temps d’un bref entretien.

En prélude à la rencontre de ce vendredi qui, dans le cadre des « Enjeux contemporains », le conviera sous la houlette de Jan Baetens à échanger sur la question des groupes littéraires en compagnie de Hervé Le Tellier, Benoît Peeters revient sur ce que signifie « Faire commun ». L’occasion pour Diacritik de recueillir les propos du biographe de Robbe-Grillet qui souligne la place séductrice mais aussi problématique du « Nous ».