Comme dans son précédent roman, Real Life, Brandon Taylor, dans Les Derniers Américains, se concentre sur un microcosme composé d’un échantillon de jeunes américains, sur leurs relations, leurs aspirations et désirs, sur leurs actes. Dans les deux livres, l’auteur choisit moins un point de vue omniscient que celui d’une sorte d’entomologiste, celui d’un regard qui par son microscope devient capable de décrire, de contempler, d’examiner.
En ces temps de réécriture(s) permanente(s) de l’Histoire, à l’ère des fake-news, de la post-vérité et des exubérances érigées en nouvelle doxa bolloréenne, il convient de remettre sinon l’église 2.0 au milieu du village numérique du moins un peu de fantaisie dans le morose. Fort de son savoir d’autodidacte diplômé, Boris-Hubert Loyer vous propose un petit précis d’histoire-géo pour les pas trop nuls qui sauront séparer le vrai grain du faux livresque. Cinquième épisode du PPHA : Pavlov.
Terrorisme(s), attentats, dérèglement climatique, violences faites aux femmes, réforme des retraites, contestations, violences policières, bollorisation des médias, libération(s) des paroles (pour le meilleur et pour le pire), plus que banalisation de l’extrême-droite… les années télévisuelles se suivent et se ressemblent.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett publiés tout au long de l’année 2024.
Annelies Schulte Nordholt enseigne la littérature française à l’Université de Leyde (Pays-Bas). Spécialiste de Blanchot et de Proust, elle a écrit de nombreux articles sur la littérature moderne et contemporaine. Sur la littérature de la Shoah, elle a notamment publié Perec, Modiano, Raczymow. La génération d’après et la mémoire de la Shoah (Amsterdam, Rodopi, 2008) et le volume collectif Témoignages de l’après-Auschwitz dans la littérature juive-française d’aujourd’hui (Amsterdam, Rodopi, 2008). Son dernier livre, Georges Perec et ses lieux de mémoire. Le projet de Lieux (Leyde, Brill) a paru en 2022. Une édition brochée du livre a paru en novembre 2023.
The principle of this series is simple: one day, one player, one gesture.
And all the rest.
Oui, Ocean Vuong, le temps est une mère, le temps est une Rose, le temps est ta Rose, le temps est notre Rose, merci pour tes livres à elle dédiés, à ta Rose dédiés, à ta mère, Lê Kim Hong, « appelée de l’avant », dédiés, merci pour ton bref instant de splendeur, ta lettre adressée à elle, par- delà l’absence, merci pour nous avoir appris que le temps est une mère,
Si Perec, dans La Vie mode d’emploi, occupait un immeuble, il s’agit pour Olivier Rolin, avec Vider les lieux, de le quitter. Sommation lui a été faite de déménager d’un appartement dans lequel il vivait depuis 37 ans, rue de l’Odéon. Au-delà des milliers de livres à emporter, c’est bien la moitié d’une vie qui s’achève avec ce départ, moins « une fin du monde au petit pied », pour reprendre la définition du déménagement par Michel Leiris, qu’un état des lieux, le déploiement d’un « atlas intime », puisque chaque livre, chaque objet raconte une histoire et que ces récits se bousculent en soi. Entre Biffures et (ré)Invention du monde, Olivier Rolin écrit pour reprendre pied.
Une nouvelle année commence et, comme c’était déjà le cas les années précédentes, le titre de cette chronique (à suivre) change tout en restant sensiblement le même. À la frontière devient Terrain vague, du nom de ce lieu inlassablement arpenté, où les choses, vues, lues, entendues, circulent librement, sans jamais devoir justifier leur présence. Si l’on devait représenter le Terrain vague, on y trouverait des traces de blanc cézannien, déposé en réserve dans une toile à jamais inachevée.
12 octobre 2019. Yannick Haenel passe dans la plus scintillante des solitudes une nuit entière au sixième étage du Centre Georges-Pompidou, au contact des quarante-deux tableaux exposés sur les huit salles de l’aile hermétiquement close de l’exposition Bacon en toutes lettres.
Entre ici, Jean Siméon Chardin ! Le tableau Le panier de fraises va-t-il retrouver définitivement le Musée du Louvre après y avoir été exposé durant le Salon de 1761 ? Cette sublime nature morte ostensiblement signée par un artiste phare du XVIIIe siècle peut quitter le pays en succombant au rapacier marché de l’art mondial. Cependant, elle a été salutairement classée Trésor national le 22 avril 2022 et fait désormais l’objet d’une opération enthousiasmante : un appel au don, lancé par le musée, auquel de grands donateurs ont déjà répondu, et qui pourrait permettre au chef d’œuvre d’être acquis et d’entrer définitivement dans ses collections permanentes. Intitulée Tous Mécènes ! et donc ouverte à tout un chacun selon ses moyens, notamment via l’excellente Société des Amis du Louvre, la campagne prendra fin le 28 février prochain. Mais d’ici là, l’œuvre est à voir dans l’Aile Richelieu.
Le principe de cette série est simple : un jour, un joueur, un geste.
Et tout le reste.