43ᵉ cérémonie des César du cinéma, organisée par l’Académie des arts et techniques du cinéma, 2 mars 2018.
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Préambule. Les livres apparaissent et disparaissent des rayons des librairies au gré, non du vent, mais des ventes. Ils circulent tant bien que mal, et tandis que cette forme de jeu (au chat et à la souris) se déroule, il y a non seulement à lire, mais aussi à voir – à perte de vue. Il suffit de peu – un léger défaut d’attention – pour que tel ouvrage qui nous était pourtant ô combien destiné s’évanouisse aussitôt, comme s’il n’avait jamais matériellement existé.
En épigraphe de Contrecoup, Rachel Cusk avait placé un extrait de L’Orestie, Eschyle soulignant l’unité de la conscience et de la douleur : « il n’y a pas d’intelligence vraie sans souffrance ».
Lundi 5 mars prochain, à 19 heures, aura lieu, à La Maison de l’Amérique latine, une grande rencontre avec Jacques Roubaud, dans le cadre des soirées « Coïncidences », organisées par Maurice Olender et François Vitrani.
L’année vient de débuter et Les garçons sauvages est déjà sans nul doute l’un des plus beaux films qu’il nous sera donné de voir. Une bande de cinq garçons d’une arrogance à toute épreuve commet le crime de trop.
« La reprise est la réalité, le sérieux de l’existence. Celui qui veut la reprise a mûri dans le sérieux : celui-là vit. Il ne galope pas comme un gamin » lance, avec vigueur et force, Kierkegaard pour venir définir la reprise, ce grand et intrépide principe de vie qu’il voit naître à l’horizon vital de chaque homme qui entend se déprendre du passé, en dépasser les atermoiements contrits et se livrer pleinement à l’instant présent qui ne cesse de venir à soi dans l’étourdissement de l’immanence.
« J’aimerais pouvoir écrire ce récit à la manière des gens qui se souviennent de tout » : cette phrase, extraite d’Une année avec mon père, pourrait dire le nouveau livre de Geneviève Brisac, Le Chagrin d’aimer, portrait diffracté, tendu, presque buté d’une mère impossible, Jacqueline, dite Hélène ou Mélini.
Toute percée d’un écrivain à la fois célèbre et invisible, par l’édition de ses œuvres complètes est véritablement un événement à faire connaître au-delà des aficionados des littératures africaines. C’est le cas du magnifique travail accompli par Boniface Mongo-Mboussa pour l’œuvre de l’écrivain congolais Tchicaya U Tam’si.
Des boulots, j’en ai fait des dizaines. Des contrats, j’en ai signé de toutes sortes. Depuis deux mois je travaille au château de Versailles en tant qu’agent de surveillance, sécurité et accueil, avant on disait « gardien de musée ». Je suis vacataire, CDD pour quatre mois et après on verra, je suis « employé stand-by », comme on peut lire dans les pièces de Richter.
Les premières images sont littéralement des images. Une à une, comme une irrépressible tautologie, s’égrènent des photographies de statues antiques, marbres notamment de Praxitèle, aux bords légèrement jaunis, comme passées et jetées pêle-mêle au milieu d’objets eux-mêmes datés qui, sans attendre, font signe et se donnent comme les signes indiscrets d’une époque, les années 80 au cœur desquelles Luca Guadagnino a choisi de placer l’intrigue, presque archéologique, de Call Me By Your Name, son nouveau film aux accents puissamment romantiques qui sort demain sur les écrans.
Dans Data Transport, Mathieu Brosseau nous amenait dans un récit-traversée, n’ayant pour but que ce passage, récit composé en son cœur de lettres ne pouvant parvenir nulle part. Récit traversé et récit traversant, c’était l’écriture qui induisait, au niveau des personnages mêmes, un état de porosité avec le monde et les mots tendant à dissoudre les attaches de leur identité dans le tout autre de l’écriture.
