Prenez une distribution internationale étonnante (Donald Sutherland, Hilary Swank, Harris Dickinson, Brendan Fraser, Luca Marinelli), un show-runner passé par le cinéma (Simon Beaufoy, scénariste de Slumdog Millionnaire, The Full Monty, 127 heures), un réalisateur-producteur emblématique (Danny Boyle) et vous obtenez une série fascinante et addictive : TRUST ou l’enlèvement de John Paul Getty III en 1973 raconté par le menu, porté par une musique et une esthétique 70’s envoutantes et référentielles.
« Il faut prendre soin de ceux qui restent et enterrer les morts. On n’écrit pas autre chose. Des tombeaux » avançait Mathieu Riboulet, partageant sa voix avec Patrick Boucheron, à l’entame de Prendre dates à propos des attentats de 2015 pour venir dire combien, désormais, à la mesure des morts qui peuplent les jours et les nuits, il appartient à chacun d’œuvrer non à la déploration continue et au deuil irréversible des êtres disparus mais d’en convoquer la revie depuis la littérature même.
Les écrivains Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon rencontrent le cinéaste Alain Cavalier : un entretien où il est donc question de cinéma, d’images, de littérature, de textes et récit, de représentation, mais aussi de mort, de l’Inconscient, d’Homère et Charles Trenet, de dépression, d’animaux, du Christ, et bien sûr, surtout, de création.
Il est banal de dire qu’un écrivain ne nous quitte jamais. Ses livres sont là pour l’inscrire dans le présent des lecteurs. Chacun a ses fictions de prédilection, la mienne est son roman La Tache, qui a donné à Roth une notoriété certaine en France, plus large que celle qu’il avait déjà depuis ses premiers romans.
Les aventures de Perlimtintin : « donner ses données, les reprendre c’est pas gagner ».
Pierre est né à la ferme. La maternité, à cette époque, n’est pas encore ce lieu incontournable.
Allez, coache ta vie, vas-y, n’hésite pas, tu es bien, tout ira bien, allez, n’hésite pas, vas-y, coache ta vie.
Cette phrase et aucun mot
Aucun mot dans cette unique phrase
Une seule phrase et aucun mot il y aurait
Pleine de corps qui n’ont pu être enterrés
Voici une robinsonnade postmoderne en quelque sorte. C’est que Robinson, le héros, est un jeune autiste (10 ans) et que son île n’est autre que sa personne même, celle que raconte par petits tableaux son père en bon Vendredi qu’il est, protecteur et infatigable. Comme on voit, les rôles langagiers sont ici inversés : Robinson n’a pas la parole ou plus justement est sans parole (hormis ses rires, ses pleurs, ses colères) tandis que le père ne cesse guère de s’adresser à lui, veilleur attentif et toujours en alerte.
Fred le Chevalier, dans les colonnes de Diacritik comme sur les murs de la ville.
Un homme ( roman, Philip Roth ), c’est une vie.
Dans Les jeunes gens, de Mathieu Larnaudie, il est question des signes, des images du pouvoir actuel, signes et images qui sont ce pouvoir. Celui-ci est aussi signes et images, langage et image. C’est ce langage, ce sont ces images qu’il s’agit de déployer, de décrypter, de mettre au jour pour en comprendre la logique.
Une peinture. Un portrait plus exactement. Un portrait de toi que je m’étais mis en tête de réaliser.
« Quand on admire un écrivain, on est curieux de le connaître. On cherche son secret — les clés de son puzzle » (Philip Roth, L’Écrivain fantôme).
Philip Roth n’aura donc jamais le Nobel… Quelle importance ? Il est, à jamais l’un des plus grands écrivains américains, toutes époques confondues. Dans Manhattan People, Christopher Bollen écrit que la mort raconte « la vie à l’envers », la « biographie du défunt » se muant en « en quête acharnée pour tenter de comprendre ». Dans le cas de Roth, tout a été pensé avant et par l’écrivain : il y a quelques années, il avait annoncé avoir renoncé à l’écriture en 2010 (mais l’avoir d’abord tu), travaillant à la biographie que lui consacre Blake Bailey (il rassemblait pour lui ses archives) et à des échanges ludiques de textes avec Amelia, la fille d’une de ses amies proches, dont il admirait la fraîcheur et l’imaginaire. Mais jamais, plus jamais, de fiction, assurait-il. Parcours d’une œuvre et d’une vie, à l’envers, alors que la mort de l’écrivain vient d’être annoncée, mardi 22 mai 2018. Il avait 85 ans.