Les lecteurs européens que nous sommes connaissent la démesure des paysages canadiens au travers des récits virils de voyageurs aventuriers, de carnets d’écrivains géographes aux accents volontiers lyriques. Le premier recueil de Kristina Gauthier-Landry, publié par les Éditions La Peuplade, nous donne à voir un tout autre Québec : celui d’une femme, Montréalaise native de Natashquan, qui revient sur ses pas pour retrouver la magie et les secrets du pays de son enfance. Et c’est une voix talentueuse.

« Tu en connais, toi, des gens qui ne sont pas dans le système ? Si demain arrive un extraterrestre, un type vraiment bizarre, avec un cul cimenté, une tête en plastique, je me dirais tiens, celui-là, il vient vraiment d’ailleurs. Et il ne restera pas trois jours sans entrer dans le système. Et à Libération, ils ne sont pas dans le système ? Où est-ce qu’ils achètent leur papier ? leur encre ? Les mecs qui travaillent dans leur imprimerie, ils sont à quelle sécurité sociale ? Et Jean-Paul Sartre, directeur de Libération, il est édité où ? (…)  Libération est dans le système. » Léo Ferré, interview par Louis-Jean Calvet, Libération, 25 février 1974, en réponse à ce journal qui l’« accusait » » d’« être dans le système ».

Le nouvel élu, visiblement ému  (debout derrière son petit pupitre) : Madame la Ministre des Troubles Séditieux à budget préservé, Madame la Présidente du Syndicat européen de l’Oligopole à frange, Monsieur  le Président du Centre national des lunch-box et des kit P.L.V, Monsieur le Secrétaire perpétuel des Revues émeutières entre elles, Madame la représentante des librairies réfractaires offrant une rose un jour par an pour tout achat dans leurs locaux, Mesdames et messieurs de l’Académie, chers amis,

Que l’image d’une maison introduise au portrait d’un écrivain pourrait surprendre, sauf à se souvenir d’un des passages les plus saisissants d’un livre de Claude Ollier, Une histoire illisible, que Christian Rosset cite dès le prologue, comme pour marquer le seuil du récit qu’il s’apprête à faire : « La maison avait un corps. Elle avait des mains, des yeux. Elle avait un souffle ».

On aurait intitulé ce texte : « Éloge du silence ». Parce que cela fait longtemps que ce titre-programme trotte en tête. Et puis, au moment de se mettre à l’écriture, découvrir que le titre existe, qu’il a été celui d’un livre à succès il y a trente ans et seize fois réédité depuis : un essai sur le silence qui est surtout un livre de sagesse, par un auteur qui puise dans la philosophie asiatique et cite le maître zen Deshimaru : « Vous devez pouvoir méditer sous les bombes ! »

Prenez un premier rôle musculeux sévèrement burné, opposez-lui un adversaire un peu lisse mais ténébreux quand même, ajoutez un mentor au grand cœur et un ou deux personnages féminins histoire  de réduire un peu le taux de testostérone au mètre carré et vous avez tous les ingrédients de Balle perdue : un film d’action français qui s’ajoute à la trop longue liste des films dont ne souviendra plus dès le début du générique de fin.