Comment qualifier la cérémonie des César 2020, sinon par un mot : HONTE.
Merci à Adèle Haenel qui a prononcé ce mot, le seul possible, en quittant la salle Pleyel. Merci à celles et ceux qui ont quitté la salle derrière elle. Merci aux militant.e.s qui ont manifesté devant la salle.
Nous republions l’article que Joffrey Speno avait consacré au film, majeur, de Céline Sciamma.
Depuis Memories of Murder, peut-être le plus important film noir de ces 20 dernières années, on savait que Bong Joon Ho était un cinéaste majeur. Il confirma avec une filmographie presque impeccable, au point que le ridicule et consternant Okja soit immédiatement considéré comme un accident. Parasite le confirme : il est bien l’un des plus grands cinéastes actuels et la Corée du Sud est décidément une des cinématographies dominantes depuis plus de 20 ans. Le film a reçu une pluie de prix : César du meilleur film étranger, Oscar du meilleur film, Palme d’or, Golden Globe du meilleur film étranger, Brit Award, etc.
C’est la nuit. Sous les néons au loin, une plage. Un homme chante, M chante. Et sa complainte yiddish nous déchire, s’accroche au ressac, à la nuit de Tel Aviv, indifférente.
Fils de valet de pied et amant de cœur de Charlus, le musicien Morel affiche une prescience rare des dispositions sexuelles d’autrui, une prescience charmant le baron.
Un temps « juste », un temps juste et lumineux de l’analyse, c’est le temps de l’entreprise de Tristan Garcia, dans sa volonté de « tout penser, mais sans jamais rien détruire », qu’il poursuit dans ce deuxième volume de Kaléidoscope, à l’image de son œuvre en cours, d’écrivain et de philosophe.
Bernard Pingaud est mort le mardi 25 février à Collias où il résidait depuis une vingtaine d’années. Né à Paris en 1923 dans un milieu bourgeois, normalien, secrétaire des débats à l’Assemblée nationale puis conseiller culturel auprès de l’ambassade de France au Caire, c’est par ses activités littéraires que Bernard Pingaud s’est fait connaître.
« La plupart ne savent l’histoire, des vivants et des morts », alors la dire, comme une litanie, depuis l’ombre et la lumière. Le noir d’abord, opaque, cet « immense rectangle » dans lequel se déroule la mélopée d’une histoire en négatif, Europe Odyssée de Jean-Philippe Cazier.
Avec Surex, son troisième opus qui vient de sortir, Perez livre incontestablement son meilleur album à ce jour. Enfant de Suicide et Bashung, Surex se donne comme une épopée pop et électronique à l’élégance rare. Claviers hypnotiques, voix traitées comme instruments, mélodies implacables, Surex donne à Perez tout l’éclat et la plastique de son timbre mélancolique. Autant de raisons pour Diacritik d’aller à la rencontre du jeune chanteur qui, avec Surex, s’impose définitivement comme l’un des chanteurs les plus remarquables de la nouvelle scène musicale française.
L’été 2017, Tassadit Imache publiait Des cœurs lents, son sixième roman, après un long silence éditorial. La fiction mettait en scène une fratrie réunie autour du décès d’un frère et en l’absence d’une mère qui était sans cesse évoquée. D’une certaine façon, Fini d’écrire !, essai publié en cette rentrée d’hiver 2020, , aux éditions Hors d’atteinte à Marseille, poursuit des interrogations de la fiction.
Deux ouvrages récents sont consacrés à la grande peintre mexicaine. Ils viennent enrichir la bibliothèque qui lui est consacrée. Avant de les présenter, mettons en exergue une de ses peintures de 1932 : en ces années Trump de construction d’un mur entre le Mexique et les États-Unis, c’est celui qui a pour titre, « Autoportrait à la frontière entre le Mexique et les États-Unis » qu’Ariadna Castellarnau analyse dans sa biographie. La peintre rendait visible le fossé entre deux mondes.
Du 27 février au 1er mars 2020, à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou se déroule le festival Effractions, centré sur les écritures du réel (autofictions, journalisme narratif, non fiction novels, exofictions etc.). Rencontres, ateliers, tables rondes, lectures et performances seront autant de manières d’interroger l’articulation du réel et de la littérature (récit, poésie).
Que reste-t-il de nos émotions d’enfant, de nos premiers émois amoureux ? Les enfouissons-nous à jamais ou se cachent-ils au plus profond de nous, pour réapparaître sans prévenir lorsque tout va bien ou, au contraire, quand rien ne va plus ?
Dans le nord-ouest de la Syrie, une dernière grande bataille fait rage entre la rébellion et les forces loyalistes de Bachar Al Assad soutenues par l’aviation russe. Mais le véritable nom de cette dernière bataille est massacre, il s’agit bien d’une épuration ethnico-religieuse de grande ampleur.
Bizarre : « qui est difficile à comprendre en raison de son étrangeté ». C’est la nature même du post-exotisme que de provoquer ce sentiment du bizarre, et le nouveau livre de Manuela Draeger ne déroge pas à la règle. Et si, pour comprendre cette défamiliarisation, l’on ébauchait une théorie du bizarre, qui permettrait de lire les hétéronymes de cet édifice littéraire si singulier ?