Xavier Boissel est le créateur d’un univers littéraire majeur, de Paris est un leurre (2012) à Capsules de temps (2019), en passant par Autopsie des ombres (2013), Rivières de la nuit (2014), Avant l’aube (2017). La sortie en poche d’Autopsie des ombres, dans la collection Barnum des éditions Inculte, est l’occasion de le (re)découvrir. observe un monde qui se désagrège, une Europe véritable terrain vague. Si pour l’ex-casque bleu de retour du conflit yougoslave du livre « il n’y a plus de lieu possible », la fiction est, pour Boissel, cet espace où les fragments trouvent un sens.
Alerte, publié en 1996, est le quatrième roman d’Yves Ravey et le troisième publié aux Éditions de Minuit après Bureau des illettrés et Le Cours classique.
Sylvain Prudhomme a embarqué sur le Pandémonium avec un texte inédit, « La mélancolie des paquebots », 60 notations sur un présent opaque, dérivation maritime et littéraire. Eléa Terrode et Nathan Devillard, qui ont suivi ses masterclasses durant deux ans dans le cadre du Master de création d’Aix-Marseille Université, racontent :
« Dis-nous ce que tu sais. Ce dont tu te souviens ». La première phrase de « Dé mem brer », nouvelle d’ouverture du recueil du même nom pourrait en être son art poétique : écrire depuis les strates du souvenir et d’une perception subjective, forcément partielle, des événements, « comme un tableau noir à moitié effacé ». Ce sera le cas dans la quasi-totalité des sept « histoires mystérieuses » composant le recueil de Joyce Carol Oates qui toutes explorent des violences faites aux femmes mais aussi ce que les noms et les lieux disent et font de nous.
Mille deux cents pages de Jean-Patrick Manchette (dont cinq cents déjà rassemblées en volume en 1997 aux éditions Rivages, mais possiblement neuves pour plus d’une lectrice ou d’un lecteur) paraissent en librairie pour le vingt-cinquième anniversaire de la disparition prématurée de l’auteur du Petit Bleu de la côte Ouest :
Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Paris, 13 juin 2020, place de la République.
« Nous sommes nos écrits. Nous sommes définis par les écrits qui nous entourent. Nous sommes également les écrits que nous provoquons. Et les écrits que nous provoquons deviennent, de fait, les portraits de ceux qui les produisent… » : tel était le postulat de Vie d’hommes illustres d’après les écrits d’hommes illustres d’Anne-James Chaton, rappelé en quatrième de couverture (Al Dante, 2011). Et tel pourrait être celui de Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy, paru en mars chez P.O.L, ample mise en réseau des discours qu’une tentative de portrait provoque et produit.
Un train de mille et un wagons qui ne s’arrête jamais, roulant tout autour du monde dans un hiver éternel. Après un cataclysme planétaire (causé par l’homme), des survivants choisis et une poignée de « resquilleurs » ont embarqué à bord d’un convoi géant, unique lieu de vie sur une planète dévastée, dernier bastion de la civilisation : le Transperceneige (en BD), le Snowpiercer (sur les écrans).
Jean-Clet Martin : Deleuze – Différence et répétition (vidéo)
Une lecture de Gilles Deleuze par Jean-Clet Martin : Différence et répétition.
Cinquième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Marcel a cessé d’aimer Albertine mais non de la connaître et de la comprendre.
pour Émilie et Loïc
On aimerait, mais il s’agit d’un vœu pieux, que la philosophie ne nous arrive jamais sous sa forme dégradée ou désamorcée. Or, tout se passe trop souvent comme si la pensée tendait à être intégrée, à l’image de toute chose, au spectacle et à sa glaçante ironie. À commencer par Le Mythe de Sisyphe (1942) d’Albert Camus.