Au cœur des années 1960, hanté par la civilisation de l’image à laquelle il commençait à réfléchir, Barthes est soudain déchiré par cette évidence : il n’existe aucune image à l’état adamique. Toute image viendrait après un impossible paradis, n’obéirait à aucune idée de nature et serait toujours, selon Barthes, le fruit d’une culture parfois si ancrée en elle qu’elle en viendrait à oublier son geste culturel même. Nul doute qu’une telle réflexion sur l’impossible nature de l’image pourrait figurer en exergue du splendide nouvel essai de Jean-Christophe Bailly, L’Imagement paru au Seuil.
L’été arrivant, vous vous laisserez peut-être tenter, si la situation sanitaire le permet, par la visite d’un des nombreux musées consacrés à la Shoah, d’un lieu de mémoire en France ou à l’étranger, ou même par la découverte d’un des camps d’extermination, parmi lesquels Auschwitz-Birkenau est celui qui attire le plus de visiteurs chaque année.
Les lecteurs européens que nous sommes connaissent la démesure des paysages canadiens au travers des récits virils de voyageurs aventuriers, de carnets d’écrivains géographes aux accents volontiers lyriques. Le premier recueil de Kristina Gauthier-Landry, publié par les Éditions La Peuplade, nous donne à voir un tout autre Québec : celui d’une femme, Montréalaise native de Natashquan, qui revient sur ses pas pour retrouver la magie et les secrets du pays de son enfance. Et c’est une voix talentueuse.
Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Manifestation contre l’annexion des territoires palestiniens. Paris, Barbès, 27 juin 2020.
Marcel fait à Venise avec Maman un séjour longtemps reporté. Désormais, Albertine n’y serait plus que « faisceau de sensations » que réveillent ici et là les circonstances locales.
« Tu en connais, toi, des gens qui ne sont pas dans le système ? Si demain arrive un extraterrestre, un type vraiment bizarre, avec un cul cimenté, une tête en plastique, je me dirais tiens, celui-là, il vient vraiment d’ailleurs. Et il ne restera pas trois jours sans entrer dans le système. Et à Libération, ils ne sont pas dans le système ? Où est-ce qu’ils achètent leur papier ? leur encre ? Les mecs qui travaillent dans leur imprimerie, ils sont à quelle sécurité sociale ? Et Jean-Paul Sartre, directeur de Libération, il est édité où ? (…) Libération est dans le système. » Léo Ferré, interview par Louis-Jean Calvet, Libération, 25 février 1974, en réponse à ce journal qui l’« accusait » » d’« être dans le système ».
Le nouvel élu, visiblement ému (debout derrière son petit pupitre) : Madame la Ministre des Troubles Séditieux à budget préservé, Madame la Présidente du Syndicat européen de l’Oligopole à frange, Monsieur le Président du Centre national des lunch-box et des kit P.L.V, Monsieur le Secrétaire perpétuel des Revues émeutières entre elles, Madame la représentante des librairies réfractaires offrant une rose un jour par an pour tout achat dans leurs locaux, Mesdames et messieurs de l’Académie, chers amis,
Septième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Chute libre est une émission de Paul de Brancion qui s’entretient ici avec Joël Vernet.
Que l’image d’une maison introduise au portrait d’un écrivain pourrait surprendre, sauf à se souvenir d’un des passages les plus saisissants d’un livre de Claude Ollier, Une histoire illisible, que Christian Rosset cite dès le prologue, comme pour marquer le seuil du récit qu’il s’apprête à faire : « La maison avait un corps. Elle avait des mains, des yeux. Elle avait un souffle ».
On aurait intitulé ce texte : « Éloge du silence ». Parce que cela fait longtemps que ce titre-programme trotte en tête. Et puis, au moment de se mettre à l’écriture, découvrir que le titre existe, qu’il a été celui d’un livre à succès il y a trente ans et seize fois réédité depuis : un essai sur le silence qui est surtout un livre de sagesse, par un auteur qui puise dans la philosophie asiatique et cite le maître zen Deshimaru : « Vous devez pouvoir méditer sous les bombes ! »
Non,ce ne sera pas un texte sur le Covid-19, un de plus. Encore moins un texte sur le monde d’avant et le monde d’après, un de plus.