Le onzième film de David Ficher n’est pas qu’un somptueux hommage à l’âge d’or du cinéma américain. Récit de l’écriture sous contrainte de Citizen Kane, le chef d’œuvre d’Orson Welles, Mank est un film radical qui parle de Hollywood et de l’Amérique, des tournants de l’histoire, du pouvoir de l’image et de la dictature des studios.
« Une rencontre de mes réflexions et de mes souvenirs ; de mes vieux thèmes (existentiels et esthétiques) et de mes vieux amours (Rabelais, Janacek, Fellini, Malaparte…)… » : C’est sur ces mots que Milan Kundera ouvre Une rencontre, après Les Testaments trahis, L’Art du roman et Le Rideau, recueil de la mémoire, des filiations, des admirations, porte ouverte sur une « galerie imaginaire », une bibliothèque, en neuf chapitres, souvent subdivisés.
Le groupe australien The Avalanches poursuit une œuvre marquée par la brillante fusion des genres electro, disco, hip-hop et indie. Leur troisième disque se révèle puissamment intelligent et les consacre.
« Un livre rigolo sur les tampons fantaisie » : c’est ainsi que le tampographe Sardon présente Chroniques de la rue du Repos (Flammarion), livre « bordélique » comme l’est son atelier et le coin de ville qu’il évoque dans les textes qui rythment les pages. Les tampons ici ne sont pas seulement des objets mais bien « des lubies » qui « prennent la forme de tampons encreurs », et plus encore que des lubies, une manière d’être au monde qui se donne à lire dans les chroniques des moments de vie et scènes décapantes.
Gilberte présente sa fille de seize ans à Marcel qui la trouve bien belle tout en taisant son prénom.
Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? : le titre de ce livre, fruit d’une enquête de cinq années à propos d’une guerre et de ses conséquences individuelles et familiales, ne peut qu’interpeller le lecteur. La démonstration est ferme, nuancée, précise.
L’Anse des coquelicots est le deuxième roman d’Océane Madelaine, publié comme le beau et légitimement remarqué D’argile et de feu (2014) aux éditions des Busclats. Il a paru en février 2020, période difficile pour tou.te.s et peu propice à une ample réception.
Voici un roman que l’on n’attendait pas et qui vient de remporter le Prix Rossel de littérature. Il nous vient de l’Ardenne belge et profonde via l’éditeur Weyrich à Longlier. Il est tout de paradoxe. C’est qu’il nous parle de mort violente à chaque tournant (la confiture du titre est faite des fruits qui viennent sur les arbres du cimetière) alors que, via la jeune Véra, son héroïne, il s’avère puissamment tonique.
Dans Chaosmogonie, Nanni Balestrini ne demande pas ce qu’est la poésie mais ce qu’elle fait, ce qu’elle peut faire. Le titre semble proposer une réponse : la poésie crée du chaos, elle crée une langue qui est un chaos indissociable d’un monde qui est lui-même un chaos.
Entretien avec Suzanne Doppelt, à l’occasion de la parution de Meta donna aux éditions P.O.L.
