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Demain soir sur France 2, dans Infrarouge, sera diffusé le film de David André, Du côté des vivants. Dès le début du documentaire, un carton rappelle que les attentats ont fait plus de 150 morts en France en 2015. Les premiers, ceux de Charlie, le 7 janvier, dont le film évoque les destins, en onze chapitres, comme la vie d’après de ceux qui leur ont survécu, portant à jamais en eux le poids intolérable de ces morts et « la vie qui résiste chez ceux qui leur survivent ». Résistance pourrait être le maître mot de ce documentaire.

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Et si la pop musique était une expérience poétique ? C’était la thèse de Simon Critchley dans son David Bowie, philosophie intime : « Pendant un instant fugitif, la durée d’une chanson, d’une de ces chansons pop apparemment si simples, si bêtes, si puériles, nous devenons capables de défaire la créature en nous (…) et d’imaginer une autre façon d’exister, quelque chose qui relève de l’utopie ». La pop capture le présent dont elle offre la bande-son, dont elle fixe l’origine. Pour Critchley, alors âgé de 12 ans, ce fut le 6 juillet 1972. Quatre minutes durant lesquelles, moulé dans une combinaison molletonnée multicolore, bottines rouges lacées aux pieds, cheveux orange et guitare bleu pétrole en bandoulière, Bowie chante Starman, dans l’émission « Tops of The Pops » (BBC1). C’est l’irruption de l’étrange dans un univers normé, l’explosion des règles et des codes, une forme de sidération comme de sédition, l’arrivée sur terre de l’homme venu d’ailleurs, David Bowie. Un mystère que le documentaire de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte diffusé mercredi soir sur France 4 tente d’élucider : pour cela il faut revenir en arrière, faire défiler les multiples métamorphoses et incarnations d’un caméléon, d’un « conquérant de tous les futurs » et tenter de fixer ce fantôme dans un lieu qu’il a hanté, le mythique château d’Hérouville, celui qui abrita Chopin et George Sand mais aussi les plus grands groupes des années 70, un lieu dans lequel Bowie se posa par deux fois, pour Pin Ups (73) et Low (76) et dont un mur porte encore un graffiti.

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Diacritik, dans ses premiers brouillons, a quatre origines officielles : une conversation avec Benoît Virot, une rencontre historique au Wepler — aucune photographie pour immortaliser ces deux événements —, une lecture musicale d’Alban Lefranc au Charbon, présentée par Sophie Quetteville et organisée par Lucie Eple, filmée par Dominique Bry et… et… une émission littéraire complétement déjantée, imaginée par Lucie Eple, Sous les couvertures.

A partir du 21 décembre, Arte organise un cycle consacré à Jacques Tati, avec la diffusion de certains de ses films — Trafic, Mon Oncle, Jour de fête, Playtime, L’École des facteurs — ainsi que d’un documentaire d’Emmanuel Leconte et Simon Wallon, Tati express.
Dans l’entretien qu’il a accordé à Diacritik, Antoine Gaudin évoque ce qui, selon lui, fait encore aujourd’hui la singularité et la beauté du cinéma de Jacques Tati.

Marguerite Duras et Loleh Bellon dans la loge de la comédienne durant les répétitions de La Bête dans la jungle, 1962.
Marguerite Duras et Loleh Bellon dans la loge de la comédienne durant les répétitions de La Bête dans la jungle, 1962.

Henry James et Marguerite Duras ont beaucoup en commun. Le goût du secret, de l’amour irréalisable, du désir indicible, de regards insaisissables, de voix silencieuses qui tentent de croiser leurs sons muets. James écrit entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, Duras est la reine de la deuxième moitié du XXe. Ce qui les rapproche, nonobstant le décalage temporel, géographique, sociétal, est aussi la même conception de la littérature. Leurs textes séduisent le lecteur qu’ils attirent dans les filets de l’espace littéraire pour qu’il contribue à combler les absences du récit. On ne pourra sans doute jamais déceler l’image qui se cache dans leurs tapis ou découvrir quelle bête se dissimile dans la jungle de leurs mots, peu importe, le jeu auquel ils nous invitent est celui de continuer à lire et à chercher, à essayer de découvrir ce secret fantôme que recèle tout récit. Peut-être, est-ce ce tour de folie et de magie que tout Art nous fait vivre et que rien, tout simplement rien, ne pourra brider.

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Jusqu’ici cette rubrique culinaire de Diacritik a été très littéraire. Il n’y a pourtant pas que dans les livres que les personnages passent à table, on mange aussi dans les films et les séries. L’occasion d’un triptyque, autour de la cuisine italo-américaine de la Mafia, et plus particulièrement des Soprano, cette série si justement analysée par Emmanuel Burdeau dans son livre La Passion de Tony Soprano.

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Chose promise, chose due, le comité de visionnage de Diacritik a regardé l’intégralité d’Au service de la France, la série d’Arte écrite par Jean-François Halin, Claire Lemaréchal et Jean-André Yerlès. Programmée à raison de quatre épisodes successifs par soirée et labellisée pochade comique et décalée au cœur des services de renseignements français dans les années 60, la sitcom a-t-elle tenu ses promesses ? Éléments de réponse avant la diffusion de la dernière salve ce jeudi 12 novembre.

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Vues, chaque jour ou chaque semaine, par des millions de téléspectateurs, les fictions TV, et plus encore les séries populaires peuvent constituer des outils prescripteurs majeurs de valeurs et de normes. Elles s’avèrent à ce titre un objet important pour l’analyse de la représentation des minorités dans les médias en France. Parmi ces séries, Plus belle la vie, actuellement le feuilleton français le plus regardé à la télévision et en replay sur Internet a, au-delà de sa fonction de divertissement, un rôle explicitement éducatif, politique et social.

Un article de Stéphanie Arc et Natacha Chetcuti-Osorovitz

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Vingt ans. Cela fait vingt ans que Canal+ diffuse sa Nuit Gay, vingt ans de combats, d’audaces, d’idées, d’avancées timides, d’outings sauvages et de coming-out volontaires, vingt ans de reconnaissances et de victoire diverses (depuis le retrait de l’homosexualité de la liste des maladies mentales par l’OMS jusqu’au mariage pour tous en passant par l’idée de Louis-Georges Tin de créer une journée mondiale contre l’homophobie). Mais aussi, vingt ans de drames et une réalité qu’il convient de rappeler : 2197 témoignages d’actes LGBTphobes ont été enregistrés en 2014, soit une hausse de plus 41% par rapport à 2011 ; on garde tous en mémoire les dérives qui ont accompagné les débats des parlementaires en 2013, quand la « parole s’est libérée » jusque dans la rue, une partie de la population française déniant à des concitoyens un droit dont ils disposent désormais : celui de pouvoir se marier (ou non mais ils ont enfin le choix).

La sixième saison de Downton Abbey est diffusée depuis fin septembre en Angleterre, sur ITV. Elle se déroule en 1925, axée sur les mutations dans les mœurs et la société, qu’il s’agisse de la place des femmes (Edith et son journal, Mary rattrapée par son passé) ou des hiérarchies sociales. L’intrigue résout certains de ses nœuds (Anna et Bates, le mariage annoncé de Carson et Mrs Hughes), voit des personnages revenir (mais Diacritik qui a vu trois épisodes ne spoilera pas) et une bataille homérique s’engager entre Violet et Cora autour de l’hôpital.