Magnétique : tel est le mot qui caractérise le nouveau et formidable recueil poétique de Sandra Moussempès, Fréquence Mulholland qui paraît ces jours-ci aux toujours impeccables éditions MF.
Category Archive: Rentrée littéraire 2023
Les livres reçus en cette rentrée commencent à former une pile, certes raisonnable – rien à voir avec les montagnes d’ouvrages débordant de partout dont j’ai été témoin dans certains bureaux de la Maison de la Radio (sans jamais envier leurs destinataires, bien au contraire). Du coup, comme l’essentiel de cette pile ne m’arrive pas par hasard, j’ouvre à chaque fois sans trop tarder ces nouveautés, surtout si quelque indice incite à mener l’enquête (en hommage à Emmanuel Hocquard, ces chroniques auraient pu s’intituler Un privé à Diacritik).
Quand on connaît l’œuvre d’Ananda Devi, qu’on a lu Indian Tango, Le Rire des déesses, Pagli, qui vient de sortir en poche, ou Le Sari vert, pour ne citer que ceux-là, on sait que son nouveau roman sera inévitablement l’un de ceux à ne pas manquer, ce que Le jour des caméléons confirme.
Kathryn Scanlan’s book is the story of a life, of the singularity of a life – the story of a world, of a desire that circulates in this world. It is also a unique book in terms of its writing and stylistic choices. Interview with the author.
Le livre de Kathryn Scanlan est le récit d’une vie, de la singularité d’une vie – le récit d’un monde, d’un désir qui circule dans ce monde. Il s’agit également d’un livre singulier par ses choix d’écriture et stylistiques. Entretien avec l’auteure.
La vie numérique est-elle un supplément d’âme ou le corps du délit ? À cette question, Lucie Rico apportait l’an dernier une réponse marquante avec GPS. Avec Anna partout, Chloé Ronsin Le Mat signe un premier roman qui complète cette interrogation tout en fourmillant de nouvelles pistes, vraies ou fausses, à l’image des possibilités sans cesse changeantes de l’identité en ligne. Son écriture originale, la radicalité de son approche, offrent un modèle de cohérence entre fond et forme d’une matière littéraire.
Cocasse et poignant : tels sont les deux termes qui traversent l’esprit après avoir achevé la lecture du remarquable premier récit d’Élise Golberg, Tout le monde n’a pas la chance d’aimer la carpe farcie, qui vient de paraître aux éditions Verdier.
Magnétique et splendide : tels sont les deux mots qui viennent à l’esprit pour qualifier la nouvelle pièce de Laurent Mauvignier, Proches qui vient de paraître aux Éditions de Minuit. Dès ce 12 septembre, la pièce sera jouée au théâtre de La Colline à Paris dans une mise en scène de Laurent Mauvignier lui-même, une première pour l’auteur.
En traduisant et publiant la poésie de Galina Rymbu, Marina Skalova et les éditions Vanloo permettent la découverte en France d’une œuvre enthousiasmante et forte. Réunissant des textes de 2016 à 2023, Tu es l’avenir propose non seulement un panorama de celle-ci mais surtout un ensemble dont la puissance et la qualité s’affirment à chaque page.
Livre d’une mémoire trouée, d’une recherche dont l’objet se dérobe, Donato est aussi un récit par lequel, de la manière la plus belle, apparaît une vie, un monde. Ce premier livre d’Éléonore de Duve, s’impose par la beauté de sa langue, par la sensibilité de son écriture, par la recherche formelle, narrative, qui font naître la vie la plus singulière de cette figure qu’est Donato. Un livre qui est une des très belles découvertes de cette rentrée littéraire. Entretien avec l’auteure.
Avec Georgette, Dea Liane signe un premier roman, aussi singulier que fort, aux éditions de L’Olivier. D’inspiration autobiographique, ce dense et court récit raconte l’enfance et l’adolescence de la jeune femme sur laquelle veille, entre Beyrouth, la Syrie et Châtenay-Malabry une bonne : Georgette.
Avec Le Plus court chemin, Antoine Wauters signe l’un de ses plus beaux textes, sans doute l’un des plus puissants et singuliers de cette rentrée. Après le triomphe du beau Mahmoud ou la montée des eaux, Wauters surprend radicalement en délaissant les territoires chaotiques et ruiniformes de la fiction pour s’aventurer avec grâce dans le tremblé des souvenirs d’enfance.
Construit autour de la figure de Donato, le livre d’Éléonore de Duve crée un objet pris dans une écriture qui le fait apparaître et, dans un même mouvement, le dissémine. Il ne s’agit pas pour l’auteure de rédiger une biographie dont le récit manque mais de créer un agencement entre la présence de Donato et son absence. Entre cette présence et cette absence, dans l’articulation des deux, l’écriture a lieu.
« Ce qui n’est pas la même chose que de taire. » C’est probablement la seule position tenable pour le récit généalogique et archéologique qu’entreprend Kim de L’Horizon dans son livre de sang (Blutbuch). Le titre allemand referme comme un conteneur le hêtre pourpre que Rose Labourie, sa traductrice, a choisi pour la version française.
Eliot Royer est un comédien sacrément talentueux. La critique, plagiant habilement Lautréamont, est formelle : « Chaque fois que Royer est sur scène, c’est comme si on y déchiquetait la cervelle d’un jaguar. » Le personnage du nouveau roman de Thomas A. Ravier est en tous points fantasque et ne souhaite pas se poser ni même vous imposer la question éculée de la différence entre fiction et réalité.