Indubitablement, Icebergs de Tanguy Viel, qui paraît aujourd’hui aux éditions de Minuit, s’impose comme un livre clef des années 10. Après la splendide Disparition de Jim Sullivan et le fulgurant Article 353 du code pénal, Tanguy Viel interroge ici l’écriture elle-même et enquête sur cette puissance qui tourne incessamment en lui, entre vide et mélancolie, et qui ne cesse de l’habiter entre deux romans.

En mars 2019, Claire Bouilhac et Catel Muller adaptaient La Princesse de Clèves paru aux éditions Dargaud dans la lignée d’autres albums consacrés à des femmes singulières, Olympe de Gouges, Joséphine Baker (chez Casterman). Retour sur cette parution avec Violaine Houdart-Merot qui parle de l’album, du roman de Madame de La Fayette et de quelques polémiques et créations que La Princesse de Clèves a suscitées ces dix dernières années.

D’un côté, les traces peintes de ces mains millénaires, orientées selon un axe vertical, qui ornent la grotte de Gargas ; de l’autre, l’extension progressive d’un monde horizontal avec cette carte, Cosmographiae introductio, où est dessiné pour la première fois le continent américain, puis celle, rapprochée des toiles de Jackson Pollock, qui figure l’ensemble des trajets des bus Greyhound et où se résume la vocation de cette même Amérique à installer et imposer mieux que tout autre un mode de rapport géographique au monde.

En prélude au 29e Salon de la Revue qui se tiendra le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Sébastien Reynaud, directeur de publication de la formidable revue Zone critique.

Celles et ceux qui sont nés dans les années 1950 forment une génération de précoces. Il est vrai que l’air du temps, dans l’immédiat après-mai-68 (et jusque vers la fin des années 1970), incitait nos aînés à ouvrir des espaces de création – publics ou privés – à des auteurs & artistes en herbe, encore mineurs, les plus hardis d’entre eux ne se privant pas de saisir ces occasions rêvées.

En prélude au 29e Salon de la Revue qui se tiendra le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de Yannick Kéravec et Hugo Pradelle, organisateurs de cet événement clef dans la vie des revues. L’occasion pour Diacritik de les interroger sur la riche programmation de cette année placée notamment sous le signe de l’effervescence critique et de l’investigation politique.

Les Altruistes, premier roman d’Andrew Ridker, en cours de traduction dans une vingtaine de pays, est une saga familiale irrésistible, la comédie cruelle des Alter et, à travers eux, la chronique de nos vies écartelées entre la fidélité à une histoire familiale et des envies d’ailleurs.

Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et celles et ceux sans lesquel.le.s elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français. Carine Chichereau a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Les Cent puits de Salaga d’Ayesha Harruna Attah tout juste paru aux éditions Gaïa.

Régis Jauffret a reçu le prix Goncourt de la nouvelle pour Microfictions II qui vient de paraître en poche. Si l’on ne peut que se réjouir qu’un prix littéraire couronne une œuvre fondamentale, on notera cependant combien le jury avait soigneusement contourné la mention « roman » portée sur la couverture en grand format et, ce faisant, décidé de considérer les Microfictions comme un recueil de 500 histoires et non un volume jouant avec maestria d’une tension entre fragment et flux, d’un (dis)continu et d’un (in)fini.

Au fil de ses romans, dont le premier paraît chez P.O.L en 2001, Christine Montalbetti nous a habitué.es à nous glisser dans des traditions fictionnelles codifiés : épopée dans L’origine de l’homme (P.O.L, 2002), road novel (roadmovie ?) dans Journée américaine (P.O.L, 2009), western aussi (Western, P.O.L, 2005), ou encore roman du casse misérable et grandiose de ce « papy de la côte normande » qui braqua le casino de Trouville en 2011 (dans la vraie vie) et en 2018 (quand Montalbetti s’empare du fait divers dans Trouville Casino).