La Battue, du journaliste et photographe Louis Witter, expose des faits, les questionne, les analyse, informe et met en perspective. Le livre dénonce la politique policière et donc violente que l’État français théorise et pratique à l’encontre des exilé.e.s sans papiers à Calais depuis des années (mais aussi ailleurs sur le territoire). Si cette politique vaut contre les exilé.e.s, elle vaut sans doute de même, finalement, contre la population en général. La Battue est un livre qui met au jour le fait que la politique française, depuis des années, s’appuie sur des pratiques policières hostiles aux populations.
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Elle est un peu folle, la vitesse qui nous précipite d’une lecture à l’autre. Il convient, non seulement de freiner, mais aussi, et surtout, de faire de longues pauses, avant de reprendre autrement ce qu’on croyait achevé. Au Terrain vague, il n’y a pas de clé, mais des sésames, qu’on ne découvre qu’à relecture. Nul besoin de précipitation, sinon en rêve, après avoir pris soin de glisser un carnet et un crayon sous l’oreiller.
Sy Baumgartner est professeur de philosophie à Princeton, veuf depuis une dizaine d’années. Un matin, alors qu’il poursuit l’écriture d’un essai sur les pseudonymes de Kierkegaard, dans son bureau au premier étage de sa maison, il descend chercher un livre oublié la veille dans le salon. S’enclenche alors une série de hasards et coïncidences, motif central de l’œuvre de Paul Auster, comme un étoilement d’effets papillon, qui provoque un puissant effet d’anamnèse. Un double huis clos sert de cadre au récit, la maison de Princeton, le cerveau de Baumgartner, avec échappées mémorielles et réflexions sur le sens d’une vie, de toute vie, quand un deuil frappe et qu’une vie doit (ou non) se reconstruire.
Entretien avec Jean-Marie Gleize alors que paraît Je deviens (séances) aux éditions Les presses du réel/Al Dante.
Quand Bastien François rencontre Estelle Moufflarge, elle est morte depuis 70 ans et il ne l’a jamais connue. Il vient de croiser son visage et son nom sur le site internet conçu par Serge Klarsfeld et Jean-Luc Pinol, permettant de localiser les lieux où des enfants juifs ont été arrêtés avant d’être déportés. Bastien François y avait entré sa propre adresse. Au 89 rue Caulaincourt, à quelques immeubles du sien, vivait Estelle. Ne demeurent qu’un nom, un visage, une date de naissance. « Je suis parti à sa recherche. Cela m’a pris des années ».
Quelle est la chose la plus précieuse au monde ? L’or ? L’élixir de vie, capable de guérir tous les maux ? Ou est-ce la recherche plus diffuse d’un sens à donner à notre existence, une complétude que nous sommes nombreux à chercher en vain dans notre quotidien ?
Avec Espèces dangereuses, Sergueï Shikalov écrit un roman générationnel et politique, le roman d’une génération de jeunes homosexuels dans la Russie des années 90-2000. Il écrit sur ce qu’aurait pu être cette génération, sur ce qu’elle a entrevu puis perdu. Il écrit sur ce qu’il en reste : des images, des mots, des rêves évanouis ou encore présents mais ailleurs, loin de la Russie.
Je me souviens avoir lu la semaine dernière Je me souviens … de la foulée de Pérec, ouvrage collectif dans lequel chaque auteur, débutant son texte par un « Je me souviens », évoque un souvenir olympique (ou plusieurs) l’ayant particulièrement marqué.
Élégante — Caroline Lamarche l’est de tout son style ; sans beaucoup de recherche parfois, elle trouve toujours le mot juste, le terme approprié, celui qui plaira. De plus, elle sait comme personne emballer la phrase.
Après Foucault en Californie, Foucault à Varsovie. Une série sans Martine mais une manière de redécouvrir un penseur majeur du côté d’une biographie aux épisodes souvent obscurs, mis en lumière par ces deux enquêtes. Michel Foucault auteur devient personnage, chaque fois étudié sous l’angle d’un lieu. Dans Foucault à Varsovie qui vient de paraître aux éditions Globe, Remigiusz Ryziński (spécialiste des questions de genre et des queer studies) tente de démêler ce qui a eu lieu alors que Foucault se trouvait dans la capitale polonaise. Nous sommes en 1958, il vient d’être nommé directeur du Centre de civilisation française au sein de l’université de Varsovie et il termine sa thèse qui deviendra Histoire de la folie à l’âge classique lorsqu’il est expulsé du pays.
Dépoussiérant les archives du Terrain vague, je tombe sur une chronique publiée le 6 juillet 2021, donc au moment où l’idée de recenser quasi-systématiquement plusieurs livres au lieu d’un seul a commencé à s’imposer. Du coup, à l’imitation de la bande dessinée qui faisait déjà depuis longtemps bande à part, la poésie a commencé à jouer cavalier seul.
Au stade Bauer, à Saint-Ouen, une tribune porte son nom. Et ce chant des supporters du Red Star :
« Nous sommes les Red Star fans
On vient de la banlieue rouge
Et la Rino s’enflamme
Toujours pour l’Étoile rouge»
Mais qui est Rino Della Negra ? Qui était-il ?
Deux sœurs ont été retrouvées noyées dans un étang. On raconte qu’elles se tenaient encore par la main, qu’elles portaient leurs tenues blanches de communiantes. Leur mort, en 1978, hante moins les mémoires que les lieux. Elles apparaissent encore aux résidents d’un Ehpad de Varin-le-Haut, un petit village de la Marne. Le fait divers, « coriace », tient en trois lignes, cependant assez denses et mates pour fasciner Manon Gauthier-Faure, spécialiste des Pièces manquantes, titre de son précédent livre aux éditions Marchialy.
Le livre de Guillaume Marie est un récit se rapportant à Benoît Labre, saint ou fou du XVIIIe siècle, mort à Rome dans le plus grand dénuement. Je vais entrer dans un pays est pourtant moins un récit apologétique chrétien que celui d’une vie structurée par le désir d’un autre état de la vie, par un autre rapport à la vie et au monde – une vie capable de devenir la vie générale du monde, celle que l’on peut appeler Dieu ou autrement.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.