Même quand il (se) dessine en couleur(s) – Thérapie de groupe, Le Combat ordinaire, Le Retour à la terre – Manu Larcenet est attiré par la noirceur, le gris et les ombres. Il y a donc une évidente logique dans son envie (son besoin ?) d’adapter La Route, chef d’œuvre de Cormac McCarthy. Le roman post-apocalyptique culte, couronné par le prix Pulitzer, adapté au cinéma se voit donc transposé en bande dessinée, par la grâce d’un Larcenet qui a dû prendre sur ses nuits pour restituer si brillamment le vertige et le désespoir de vivre des temps finis, la perte et l’absence.
Category Archive: Livres
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.
Poète, essayiste, auteur d’une œuvre exigeante, traducteur, directeur de la revue L’Étrangère, éditeur, Pierre-Yves Soucy est aussi le créateur d’une œuvre graphique sous-tendue par un questionnement qui prolonge son œuvre poétique. Entretien avec Pierre-Yves Soucy réalisé par Véronique Bergen.
Le flûtiste Jean-Pierre Pinet, responsable de l’atelier de création musicale au conservatoire de Metz, écrit aussi des récits de fiction. Il publie en ce début d’année un recueil de nouvelles au titre explicite, Solitudes.
Ça commence par une réédition des quatre tomes épuisés de son Journal chez Delcourt le long de l’année 2022 ; ça continue avec la parution du Dernier sergent : les guerres immobiles en septembre 2023, album inédit qui fait suite. Fabrice Neaud revient, il reprend son cycle autobiographique là où il s’était arrêté avec le tome 4 publié en 2002 avec encore plus d’approfondissement dans la forme et le fond, malgré le haut niveau d’exigence déjà présent dans les quatre premiers tomes de son Journal.
À réception du catalogue des « 10 ans / 200 livres » de L’Atelier contemporain – ouvrage hors commerce de 488 pages format 16/20 cm, et, comme de règle chez cet éditeur, superbement réalisé –, comment ne pas céder à la tentation de faire le point avec celui qui en est l’âme et le maître d’œuvre principal, François-Marie Deyrolle ?
La Vierge du chancelier Rolin, chef d’œuvre signé Jan Van Eyck (vers 1390/95-1441) est entrée au Louvre en 1800 mais n’avait jamais fait l’objet d’une restauration. C’est chose faite, grâce au Centre de recherche et de restauration des musées de France, et il est donc temps de la célébrer avec une exposition dans la petite salle de la Chapelle de l’aile Sully, qui regroupe pour l’occasion six œuvres de l’artiste, soit le plus grand ensemble jamais présenté en France.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.
Commençons par un lieu commun : disons que L’Orage et la loutre est un roman actuel qui n’a pas pris une ride.
On se méfie toujours des livres posthumes : que va-t-on fouiller dans les tiroirs des morts – pour y dénicher quoi ? Alors nous regardons les œuvres posthumes qui prennent place dans nos bibliothèques : presque tout Kafka, Bouvard et Pécuchet, La Conjuration des imbéciles, l’Art de la joie, 2666. Est-ce que la littéraire serait moindre sans eux ? c’est certain. Mais les livres-sommes qui viennent conclure une œuvre sont moins nombreux que les récits de jeunesse, ouvrages inachevés, nouvelles non recueillies. Face à ces publications que le monde éditorial aime à remettre au goût du jour, deux sentiments sont possibles et souvent cohabitent : la réticence à l’idée de tirer sur la corde, la joie de revoir un instant un vieil ami.
Speaker’s Corner est une sculpture conçue par Christian Delecluse à partir de livres des éditions Dis Voir. L’œuvre, installée à quelques pas du Centre Beaubourg, inclut, dans une structure métallique en forme de poing levé, des ouvrages de la maison d’édition dirigée par Danièle Rivière et destinés à une destruction non pas volontaire mais consécutive à une dégradation causée par la négligence du distributeur.
Le Terrain vague n’est pas un lieu où chacun vit replié sur lui-même, mais un espace ouvert où des bandes d’Indiens, liés par de nombreuses affinités et partageant quelques rejets, échangent au hasard des rencontres, élaborant ainsi des constellations animées par le désir de changement. N’en cherchez pas l’entrée au centre de la Cité, elle n’y est pas. Pour y accéder, il est nécessaire de se projeter à l’écart des lieux de pouvoir – donc de cultiver le goût des marges, et d’entretenir un rapport au temps non mesuré.
Oblige-toi à tournoyer. C’est dans le sillage de ces mots extraits d’un poème de René Char que John Jefferson Selve, fondateur et directeur de la revue Possession Immédiate, introduit la dernière livraison d’un objet littéraire et artistique inouï.
En ces temps de situation géopolitique incertaine, les éditions de l’Olivier ont eu la bonne idée de rééditer (on oserait presque le mot réhabiliter) Le Masque de Dimitrios, thriller littéraire signé Eric Ambler publié initialement en 1939, quand l’Europe fourbissait ses armes et s’apprêtait à basculer dans un second conflit mondial. L’écrivain britannique, futur auteur de The Light of the Day (plus connu sous le titre de Topkapi, adapté au cinéma par Jules Dassin en 1964) y montre toutes ses qualités d’écriture de récits à la croisée du polar et du roman d’espionnage sur fond de vengeance, d’enquête à rebours et de contexte historio(géo)graphique.
Dans Beautés de l’éphémère, Pierre Zaoui ne fait pas que s’intéresser aux bulles de savon, à leur histoire, à leurs significations théologiques ou philosophiques. La bulle de savon y est le support d’une réflexion éthique, elle est le moyen d’une valorisation de l’enfance comme point de vue éthique.