Avec Vieille Petite Fille, précédé de Lettres à Jean-Loup Rivière, Juliette Riedler et les éditions Tango Girafe font l’heureux pari de publier deux textes en apparence différents mais dont les correspondances ne manquent pas.
Category Archive: Livres
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Avec Une femme sur le fil, Olivia Rosenthal démantèle la linéarité d’une forme littéraire, tire sur le fil de l’écriture et de l’existence en déplaçant nos repères narratifs. Grâce à des fragments numérotés de 1 à 1000, l’écrivaine délivre une œuvre inclassable, à la fois intuitive et réfléchie, où elle explore les violences intimes à travers la figure du funambule, mêlant interviews d’artistes de cirque et réflexions sur l’écriture. Elle donne à voir une pensée qui s’élabore et se corrige continuellement, jusqu’à susciter le vertige. Entretien.
Terrain vague (42) – Instants vus, rêves incarnés (Perec 53, Courbet, Boudin, Bram van Velde, Folon)
On croit se débarrasser de vieux antagonismes en publiant quelques lignes de réconciliation ; mais, en réalité, on n’en a jamais fini : tout fait retour sans prévenir, surtout si on accomplit quelques virées dans les archives.
« Qui peut encore, aujourd’hui, rencontrer des gens capables de raconter quelque chose avec rectitude ? » La question inquiète de Walter Benjamin, à une époque où « l’expérience a subi une chute de valeur », se pose encore lorsqu’il s’agit de définir la nature de celle proprement poétique, en particulier à l’heure où l’économie tout entière, sinon celle du livre, semble tenter d’en dévaluer la portée.
C’est après avoir longé, en autostop, la frontière américano-mexicaine que Sylvain Prudhomme écrit et publie Coyote. Tissant paroles, polaroids, récits et influences cinématographiques, il rassemble les vérités qui coexistent dans la zone traversée. Comment rendre ces rencontres sensibles aux autres, aux lieux, à ce qu’ils racontent pour se fondre en elles ? Coyote, composé d’éclats d’histoires recueillis par l’écrivain-passager, est publié chez Minuit, six ans après « On The Road », un reportage commandé par la revue America et paru en 2018. Entretien avec Sylvain Prudhomme.
Diacritik publie il suffit de traverser la mer, un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
Comme pour Donato, son précédent livre, Éléonore de Duve choisit pour celui-ci un prénom, Sophia.
Le livre signé Frank Smith est pourtant composé d’énoncés prélevés dans l’œuvre de Gilles Deleuze. Ce livre est-il de Frank Smith ? De Deleuze ? Des deux à la fois puisque, si les énoncés sont de celui-ci, leur prélèvement, leur répétition, leur cadrage est le fait du premier ?
Jean-Baptiste Del Amo : « Le quasi-monopole d’une littérature du réel m’exaspère » (La Nuit ravagée)
Une maison abandonnée, au cœur d’une vie de lotissements ; les élans d’une bande d’adolescents, confrontés à leurs désirs et leurs cauchemars, dans la nébuleuse de ces années 90, ces « uncanny nineties ». Le Fils de l’homme, le précédent roman de Jean-Baptiste Del Amo, s’aventurait déjà discrètement vers les lisières du genre, et La Nuit ravagée passe ce point de non-retour où le réel se métamorphose pour laisser place à l’hypertrophie de l’horreur – dans un hommage au genre et une revitalisation vivifiante de la forme romanesque. Rencontre avec son auteur pour explorer les arcanes de ses fantasmes.
Terrain vague est un lieu à l’écart, certes loin d’être déconnecté du centre, mais quand même… Il arrive à ses autochtones de passer à côté de beaux événements parce que des liens avec celles et ceux qui en sont à l’origine n’ont pas été tissés. C’est le prix de ce pas de côté plus que jamais nécessaire – et l’on peut dire que ce n’est pas cher payé.
Avec L’avenue de verre, Clara Breteau offre un premier roman sous forme d’une enquête et d’une méditation sur la mémoire, sur les récits coloniaux et postcoloniaux. Tenter de restituer par la fiction les traces de ce qui reste de ces vies, de ces corps, de ces histoires quand l’oubli et l’effacement s’abattent sur ces héritages et traumas rendus presque imperceptibles, voilà ce que l’autrice parvient à créer dans ce roman poétique et puissant. Entretien avec l’autrice.
Le déménagement serait-il un genre romanesque ? Après Olivier Rolin vidant les lieux et Thomas Clerc passé du Xe au XVIIIe arrondissement, voici Noël Herpe. Le titre de son dernier livre est à entendre au sens le plus concret du terme : Je déménage.
Après Drama Doll de Rose Vidal, la collection Aventures dirigée par Yannick Haenel aux éditions Gallimard se lance avec le roman de Julien de Kerviler Les mouvements de l’Armée rouge en 1945 et c’est une épopée intime dans l’abstraction qui se montre ici. Tout en effet tient du mystère dans ce court livre d’une centaine de pages sans chapitre, presque sans ponctuation, qui réussit un pur chant de littérature.
Le titre du dernier livre d’Alain Galan est énigmatique. On se demande ce que signifie l’expression « battue à l’abîme ». Puis, le sens de cette expression finit par s’éclairer : comme on frappe avec un bâton des buissons pour en faire sortir le gibier, il s’agit de frapper avec un croc de chiffonnier des mots ou des phrases qui ont été jetés dans l’abîme au fond d’un ravin…
En guise de premier recueil paru en français de la poétesse américaine Adrienne Rich, on n’aurait pu imaginer meilleur titre que celui de ce livre, Le Rêve d’un langage commun, ouvrage bilingue de plus de 170 pages, traduit par Shira Abramovich et Lénaïg Cariou.