le noir l’absence illuminent tout, obscur la nuit totale les étoiles pleine lune brillante, jamais ouvert ni écrit ou prononcé cette vie pullule mauvaises herbes et insectes, rouges géraniums roses ou un simple bouquet de marguerites et œillets rouges, où se croisent beaucoup de lignes tracées depuis l’extérieur du livre, est peut-être aussi la mémoire, est peut-être une lettre adressée à toi, une page ? un livre ?
Category Archive: Livres
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Diacritik a déjà présenté un des titres des éditions éditions Hors d’Atteinte, celui de l’essai de Tassadit Imache, Fini d’écrire ! Rappelons que ces éditions sont jeunes puisqu’elles existent depuis 2018 et choisissent de faire entendre des « voix inaudibles ailleurs ».
East Village Blues de Chantal Thomas est tout ensemble une ballade et une balade, pérégrination dans un quartier de New York que la romancière hanta dans les années 70 et chant d’une « vie étrange » au croisement de Rimbaud et de la Beat Generation, célébration d’un « monde (qui) bénit les poètes ». Le livre prend doublement « la forme d’une ville », en ce qu’il est un véritable « poème en marche » et une ode inspirée à la liberté qu’inspire la vie new-yorkaise.
Déboulonner les statues : le geste, fort visuellement et politiquement, ne manque pas d’agiter le débat public occidental depuis quelques semaines. Peut-on relire l’histoire ? Dans quelles conditions ? Est-on fondé à le faire ? L’histoire est-elle univoque ou n’est-elle que l’histoire de quelques-uns plus nombreux et plus violents que les autres ? Autant de questions délicates qu’on ne pouvait manquer de poser à Guillaume Mazeau, historien, auteur du stimulant Histoire, essai qui vient de paraître aux éditions Anamosa.
Dans un de ses ouvrages les plus étonnants, Journal du voyage absolu, sous-titré Jeux et enjeux du grand danger (Hermann, 2003), Jean-Pierre Faye écrit en incipit : “Entrer dans un livre est le seul moyen connu pour entrer dans une tête. Ceci est une entrée. Mais que faire si cette entrée traverse dix, cent, mille entrées ? Car la tête est une Cité interdite.”
« Elle est celle qui sait que pour dire totalement oui à la vie il faut parfois être capable de dire non à l’événement et à la collectivité. Elle demeure une image essentielle et une des raisons de fierté de notre civilisation ». Henry Bauchau
« Indéboulonnable Antigone ! Elle m’oblige à revenir vers des créations récentes et à comprendre sa force d’interpellation », écrivait Christiane Chaulet Achour dans le premier volet de son exploration d’Antigone en fictions. Suite du voyage littéraire.
« Subir la mort, pour moi n’est pas une souffrance. C’en eût été une, au contraire, si j’avais toléré que le corps d’un fils de ma mère n’eût pas, après sa mort, obtenu un tombeau ». Sophocle
Du clin d’œil culturel à l’interrogation approfondie du deuil, la sollicitation d’Antigone ne désarme pas.
« Incarner l’un des personnages principaux de votre vie » : peut-être est-ce le « but » que se fixe Renata Adler lorsqu’elle entreprend d’écrire Speedboat, publié en 1976 qui paraît enfin en poche chez Points, dans une traduction française de Céline Leroy. Déambuler dans New York comme dans son passé, être dans l’excursion (vers des îles, d’autres lieux) pour tenter de cerner ce point mouvant, son «moi» dans le monde, face aux êtres, aux choses vues.
Huitième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Une lecture de Jacques Derrida par Jean-Clet Martin : La différance avec un « a ».
Au crépuscule des terribles années 60, frappé de stupeur et de fulgurance, Michel Foucault l’avait écrit à Pierre Guyotat, alors que sommeillaient déjà en lui les prémices du très bel Idiotie qui paraît cette rentrée : « L’histoire immobile comme la pluie » traverse, comme un intangible point fixe, les pages les plus terribles du romancier. Car, de Tombeau pour cinq cent mille soldats jusqu’à Idiotie, Pierre Guyotat, ce serait tout d’abord l’histoire d’un cri.
Chinelo Okparanta, née en 1981 au Nigeria, vivant aux USA depuis l’âge de dix ans, était jusqu’ici connue pour ses nouvelles (Le Bonheur comme l’eau, Zoé, 2014). Les éditions 10/18 publient en poche son premier roman, Sous les branches de l’udala, dans une traduction française de Carine Chichereau. La sortie en grand format du livre (Belfond) avait été l’occasion pour Diacritik d’un grand entretien croisant les voix de la romancière et de sa traductrice.
Socrate : taille sur tes réponses, et si je dois te suivre,
Fais-les plus courtes
Platon, Protagoras (334a)
Brachylogie : le volume collectif Réinventer la brachylogie remet à l’honneur ce mot qui pourrait sembler démodé, entre pratiques anciennes et contemporaines. Cet ensemble, dirigé par Patrick Voisin, témoigne de la vitalité et de la modernité d’une notion peu connue et qu’il faut réinventer parce qu’elle fut considérée comme « un trope de valeur péjorative classée dans les figures de rhétorique ».
Amélie Mougey est la rédactrice en chef de La Revue Dessinée depuis plus de quatre ans et alors que le numéro d’été 2020 vient de paraître au moment où la France peut enfin se rendre à nouveau en librairie, revenons avec elle sur la poursuite d’une aventure éditoriale (presque une quête), sur ce qui fait de LRD un journal d’information rigoureux et engagé qui a à coeur de chercher et donner des clés pour comprendre le monde.
Après ces quelques mois où il s’avérait plus que problématique de s’approvisionner – en livres, côté whisky, pas de problème, le privé pouvait continuer, en chambre, ses investigations –, le temps est venu de refaire quelques virées dans les librairies afin de satisfaire notre appétit de lectures fraîches (mais n’y trouvant pas forcément ce qu’on a projeté d’acquérir – nombre de nouveautés étant souvent absentes des tables).