Henry James en 1910, photo de Bettmann/Corbis
Henry James en 1910, photo de Bettmann/Corbis

Le 14 mars, une conférence s’est tenue à Londres sous l’égide de The Royal Society of Literature sur le thème What’s so new about Henry James? (qu’y-a-t-il donc de si actuel avec Henry James ?) et dont le but était de mesurer l’impact de l’œuvre du romancier américano-britannique, dont le centenaire de la mort a été commémoré le 28 février 2016. Les intervenants étaient d’éminents spécialistes de James, à savoir Frances Wilson, Alan Hollinghurst, Philip Horne et Lyndall Gordon.

Renaud Monfourny expose à la Maison Européenne de la photographie et l’on retrouve 131 de ses portraits dans Sui Generis, livre publié chez Inculte/Dernière marge. Entrée dans un univers immédiatement identifiable, ou la scène culturelle par l’intime.

9782260029205« On reconnaît un écrivain à ses obsessions », m’a dit un jour Philippe Besson.  Philippe Besson est un écrivain. Un écrivain de l’absence, du manque, de la mort, de l’autre. Un écrivain qui, de Los Angeles à Florence, de Charleville à La Rochelle, d’une Arrière Saison à Cape Cod ou d’un adieu à Cuba, nous promène dans sa saudade, sa mélancolie joyeuse. Ici, au Portugal, avec Les passants de Lisbonne.

« Il ne faut pas essayer de fixer l’homme, puisque son destin est d’être lâché. […] Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. Tous deux ont à s’écarter des voies inhumaines qui furent celles de leurs ancêtres respectifs afin que naisse une authentique communication. Avant de s’engager dans la voie positive, il y a pour la liberté un effort de désaliénation […] ».

Quatre livres signés Colette Fellous, Antoine Compagnon, Philippe Sollers et Chantal Thomas ; tous ont Roland Barthes pour centre irradiant, qu’il s’agisse de La Préparation de la vie, de L’Age des lettres, ou de L’Amitié de Roland Barthes : un Pour Roland Barthes. Un Roland Barthes par d’autres, connu, aimé, feuilleté. Quatre images du désir du texte, d’un amour de la langue et du goût du présent.

Le silence du monde

Pendant neuf semaines, du 15 janvier au 11 mars 2016, Jean-Philippe Cazier a déployé le silence du monde et la manière dont littérature, poésie, philosophie, arts l’affrontent ou le disent. En neuf articles qui sont autant de textes littéraires, il a évoqué Derrida, Rimbaud, Dupin, Deleuze, Michaux, Mallarmé, tant d’autres : une série à retrouver dans son ensemble ici.

« À long terme, nous sommes tous morts. L’éternité, ici-bas, c’est trois générations » lançait de manière aussi cinglante que sciemment définitive, John Keynes pour toute réponse aux tenants des théories économiques classiques qui prétendaient sortir de la violente crise de 1929 par une solution s’échelonnant sur plusieurs décennies. Citée par Pierre Bergounioux dans son très bel Agir écrire à propos de la puissance américaine à synthétiser avec fulgurance de sa sève neuve ce que la pensée européenne, rampante, vieille et impuissantée de grimoires, avait peiné à dire des siècles durant, une telle formule qui fait du vivant la proie d’une irascible et insurmontable mort pourrait figurer comme le tutélaire exergue du magistral quatrième tome du Carnet de notes, à la funèbre beauté, du même Pierre Bergounioux, paru chez Verdier.

John Savage photo The Quietus
Jon Savage photo The Quietus

Jon Savage, de son vrai nom Jonathan Malcolm Sage, patronyme plus calme que le nom de plume, est très connu de l’autre côté de la Manche. Producteur et journaliste spécialisé dans la musique, sa notoriété est due à son histoire des Sex Pistols et de la musique punk, publiée sous le titre England’s Dreaming, en 1991. Il a publié en novembre 2015 un ouvrage qui plaît mais qui fait débat aussi, 1966: The Year The Decade Exploded. Donc, selon Jon Savage, l’année 1966 est le point culminant du volcan des années 1960. 

Capture d’écran 2016-03-17 à 16.08.10Le 16 mars, hier soir, était inauguré le Salon du livre de Paris – lire au salon, pépère, au coin de la cheminée ? Le livre comme un petit salon cosy ? Alors que les livres devraient être dans la rue…

Le droit d’entrée est de 12€ (tarif réduit pour étudiants et plus de 65 ans), avec flicage à l’entrée puisque tu es un voleur potentiel : si tu transportes des livres avec toi, tu devras les déposer à l’entrée.

Dans le Salon du livre, tout se côtoie, tout et son contraire, peu importe le contenu, seul compte le livre comme produit, l’important étant que ça se vende : indifférenciation totale typique du néolibéralisme pour lequel tout se vaut dans la mesure où la seule valeur de tout est la valeur financière, ce que ça peut rapporter, le fric.

tumblr_mjco89cUVY1rkz363o1_1280Il est rare de pouffer de rire, en lisant un roman. Qui plus est : un roman sur la (grave) question des origines et des (sacro-saintes) racines. Quoi de plus salvateur que de rire à un enterrement – celui du père, en l’occurrence ? Effacer sa trace de Malika Wagner fait partie de ces livres, facétieux et légèrement désespérés, dont certains passages arrachent le sourire (voire le fou rire) aussi sûrement qu’un dessin de Reiser ou qu’une blague de Fellag. On ne rit jamais mieux qu’en s’attaquant aux siens.