En novembre 2023, les éditions Burn~Août publiaient, sous la direction de Vincent Romagny, Politiser l’enfance. Cet impressionnant recueil, dont le titre est inspiré des travaux de Tal Piterbraut-Merx, réunit des textes classiques ou inédits qui dénaturalisent la catégorie d’enfance pour la considérer comme une construction politique.

Dernier livre en date du poète espagnol, Le sentiment de la vue se compose de 63 poèmes écrits entre 2003 et 2015. Il s’agit du premier livre de Miguel Casado intégralement traduit en français (par Rafael Garido et David Lespiau). Parallèlement à son travail de poète, Miguel Casado a produit une importante œuvre critique et de traduction. Cet entretien avec Miguel Casado mené par Emmanuèle Jawad est traduit du castillan par Rafael Garido.

Poète, essayiste, auteur d’une œuvre exigeante, traducteur, directeur de la revue L’Étrangère, éditeur, Pierre-Yves Soucy est aussi le créateur d’une œuvre graphique sous-tendue par un questionnement qui prolonge son œuvre poétique. Entretien avec Pierre-Yves Soucy réalisé par Véronique Bergen.

Ça commence par une réédition des quatre tomes épuisés de son Journal chez Delcourt le long de l’année 2022 ; ça continue avec la parution du Dernier sergent : les guerres immobiles en septembre 2023, album inédit qui fait suite. Fabrice Neaud revient, il reprend son cycle autobiographique là où il s’était arrêté avec le tome 4 publié en 2002 avec encore plus d’approfondissement dans la forme et le fond, malgré le haut niveau d’exigence déjà présent dans les quatre premiers tomes de son Journal.

À réception du catalogue des « 10 ans / 200 livres » de L’Atelier contemporain – ouvrage hors commerce de 488 pages format 16/20 cm, et, comme de règle chez cet éditeur, superbement réalisé –, comment ne pas céder à la tentation de faire le point avec celui qui en est l’âme et le maître d’œuvre principal, François-Marie Deyrolle ?

On se méfie toujours des livres posthumes : que va-t-on fouiller dans les tiroirs des morts – pour y dénicher quoi ? Alors nous regardons les œuvres posthumes qui prennent place dans nos bibliothèques : presque tout Kafka, Bouvard et Pécuchet, La Conjuration des imbéciles, l’Art de la joie, 2666. Est-ce que la littéraire serait moindre sans eux ? c’est certain. Mais les livres-sommes qui viennent conclure une œuvre sont moins nombreux que les récits de jeunesse, ouvrages inachevés, nouvelles non recueillies. Face à ces publications que le monde éditorial aime à remettre au goût du jour, deux sentiments sont possibles et souvent cohabitent : la réticence à l’idée de tirer sur la corde, la joie de revoir un instant un vieil ami.

Au Nord Tes Parents : le premier livre d’Antoine Mouton, publié en 2004, reparaît aujourd’hui en format poche chez La Contre Allée. L’histoire d’un enfant qui chemine vers le nord ; dans la voiture, avec lui, ses parents, la maladie de sa mère et la dureté de son père. Dans ce premier livre s’impose l’évidence d’une forme : une phrase souple, déliée, aérienne en même temps que drapée dans une gravité qu’impose son sujet. Qu’est-ce qu’on fait avec la mort et les revers de sa peine ? On va au Nord. Revenons un peu dans ces latitudes en compagnie d’Antoine Mouton, qui nous accompagne dans la genèse de ce premier texte.

Emmanuelle Bayamack-Tam est l’autrice de plusieurs romans (publiés chez P.O.L), plusieurs fois primée et reconnue pour son univers foisonnant et généreux, avec des personnages complexes, des situations familiales, amoureuses, relationnelles intenses. On y retrouve des questions récurrentes sur l’identité, la sexualité, la famille, l’amour, la transgression, la marginalité, l’adolescence. Inspirée et prolifique, elle est aussi la co-scénariste de L’été l’éternité, film sorti au printemps 2022 et a par ailleurs écrit sous le pseudonyme Rebecca Lighieri des romans également primés. À cette bibliographie déjà bien fournie s’ajoutent deux pièces de théâtre : À L’abordage et Autopsie Mondiale, toutes deux créées au théâtre de la Tempête (Cartoucherie Vincennes) par le metteur en scène Clément Poirée. Rencontre, à Orléans, le 8 février 2024.

Pierre Vinclair a écrit une vingtaine de livres (poésie et essais), parmi lesquels Sans adresse (Lurlure, 2018), La Sauvagerie (José Corti, 2020), l’Éducation géographique (Flammarion, 2022) ou Terrorisme et alchimie (Hermann, 2023). Il est également l’auteur principal des œuvres de Claire Tching, dont la récente Poésie française de Singapour, anthologie raisonnée, quoique imaginaire, d’un courant souterrain de la poésie française globale. Claire Tching a pour sa part assuré l’édition critique de Bumboat de Pierre Vinclair (Le Castor astral, 2022).

Les éditions du Sous-Sol publient, dans leur nouvelle collection de poche, « Souterrains » le premier livre de Ted Conover, Rolling nowhere, sous le titre Au fil du rail. L’occasion pour Diacritik de republier un entretien réalisé à l’occasion de la sortie en grand format du livre. La grande figure du journalisme américain avait évoqué les quatre mois passés en 1980 avec les « hobos », la forme très particulière qu’il a donnée à ce livre (devenu culte) et de nous donner sa définition du journalisme littéraire.