Indiscutablement, Farouches de Fanny Taillandier est l’un des romans les plus remarquables de cette rentrée littéraire. Dans une Ligurie, à la fois proche et distante de nous, la romancière nous conte l’histoire d’un couple, Baya et Jean, qui, entre attaques de sangliers et rixes entre bande rivales, sentent depuis leur maison comme une menace sourde s’immiscer progressivement dans leurs vies. Roman politique et géopolitique, fable écocritique et interrogation sans trêve sur le rapport au savoir et notamment à Wikipedia, Farouches offre une stimulante réflexion stimulante sur les liens de l’humanité avec le vivant sous toutes ses formes. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre de la romancière le temps d’un grand entretien.
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Dans cette catégorie, retrouvez nos articles consacrés à l’écologie, à la terre, à l’écosystème, aux animaux et plus largement aux questions écopoétiques et écocritiques. Comme l’écrit Bruno Latour en introduction de « Face à Gaïa », « tout change dans la manière de raconter des histoires, au point de faire entrer en politique tout ce qui appartenait naguère encore à la nature — figure qui, par contrecoup, devient une énigme chaque jour plus indéchiffrable ».
Cette rubrique est conçue et animée en partenariat avec le Master Lettres à distance « Écopoétique et création », Aix-Marseille Université, formation à distance labellisée A*Midex : https://epokhe.hypotheses.org/master
« C’est dommage que tu ne sois pas une vraie psy, me dit mon mari, on serait riches » : Lizzie n’est en effet pas psy mais bibliothécaire à Brooklyn, un poste d’observation rêvé de nos vies contemporaines. Elle a une vie « remplie de gens » et croque celles et ceux qui viennent emprunter des livres, mais aussi les gens qu’elle croise dans la rue ou dont elle traque les conversations dans les cafés ; elle dit son quotidien de mère, de femme et de sœur, raconte nos vies et la marche du monde par bribes et éclats qui finissent par composer une fresque de nos modernités aussi fantasque, lucide et tragiquement drôle que le furent les Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon au siècle dernier.
Un premier roman comme un coup de force : telle serait la formule exacte qui vient à l’esprit pour qualifier le stupéfiant Blizzard de Marie Vingtras, déconcertant de maîtrise, qui paraît aujourd’hui aux éditions de l’Olivier.
521 romans sont publiés en cette rentrée littéraire, selon les chiffres de Livres Hebdo. Et pour les critiques et journalistes littéraires, chaque année, c’est la même rengaine : comment s’orienter dans cette avalanche éditoriale et par quel livre ouvrir sa propre rentrée ? Cette fois, pour moi, ce fut simple : Le Grand rire des hommes assis au bord du monde sort du lot, par ses dimensions, son ambition, sa manière. Son auteur est Philipp Weiss, son traducteur Olivier Mannoni, et ce n’est pas un livre mais cinq, sous coffret, publié aux éditions du Seuil. Mais si le choix fut facile, la critique l’est beaucoup moins.
Indéniablement, Antoine Wauters signe avec Mahmoud ou la montée des eaux un des très grands romans de cette rentrée littéraire. Véritable splendeur de langue, bouleversante épopée d’un homme pris dans plus d’un demi-siècle d’histoire de la Syrie, chant nu sur la nature qui tremble devant l’humanité et sa rage de destruction : tels sont les mots qui viennent pour tâcher de retranscrire la force vive d’un récit qui emporte tout sur son passage. Rarement l’histoire au présent aura été convoquée avec une telle puissance et une grâce qui ne s’éprouve que dans un déchirement constant. Diacritik ne pouvait manquer, le temps d’un grand entretien, de partir à la rencontre d’Antoine Wauters qui confirme combien il est de nos écrivains contemporains majeurs.
Ici, la Béringie, le premier roman de Jeremie Brugidou, est un livre puissant et pluriel, porteur d’un imaginaire et de thèmes qui résonnent avec des questions fondamentales d’aujourd’hui : l’écologie, le rapport au monde, à l’animal, les catastrophes planétaires, l’invention d’imaginaires nécessaires à d’autres existences sur Terre, le capitalisme, le colonialisme… Entretien avec Jeremie Brugidou.
Le premier roman de Jeremie Brugidou est un roman d’aventure et une forme de dystopie, une réflexion anthropologique et politique autant qu’une œuvre qui tend vers la SF, un livre de rêves comme une enquête où la science et l’imaginaire vont ensemble. Le livre articule toutes ces dimensions pour dire et imaginer le monde – notre monde, ce qu’il est et ce qu’il pourrait être.
Du 2 au 10 juillet 2021 le Festival de Littérature en jardin organise plusieurs rencontres littéraires dans des espaces naturels remarquables de Gironde et de Dordogne. L’idée est de faire partager au public des moments où les mots, l’art, le patrimoine et la nature se croisent autour de lectures musicales, causeries, tables rondes, projections de films, concerts et balades. Car la poésie rime avec écologie.
Ce devait être au départ un épais roman réaliste, une fresque pyrénéenne, l’histoire sociale d’une vallée. Ce qui reste à l’arrivée est un texte incisif et bref, le sprint d’un groupe de témoins qui précipitent le récit vers son dénouement tragique. Ils reconstituent une histoire très simple : l’histoire d’une fillette élevée par un Ours dans une grotte inaccessible où les fées l’ont déposée. Ce n’est pas un conte de fées ou pas un conte de fées comme on l’entend d’habitude.
« Les choses ne sont pas ce qu’elles sont ; elles sont ce qu’elles deviennent », écrivait Bachelard, cité par Sarah Hall en exergue de Comment peindre un homme mort (Christian Bourgois, 2010). La phrase aurait pu ouvrir Sœurs dans la guerre qui vient de paraître chez Rivages, formidable roman qui tient de la contre-dystopie, mise en récit d’un monde de cauchemar dans lequel une communauté de femmes tente de résister à la menace totalitaire comme au désastre écologique. Alors, oui, plus que jamais, être femme revient à le devenir autrement, à changer l’ordre des choses, dans comme par le récit.
Sylviane Coyault s’entretient avec Jean-Christophe Bailly, notamment autour du Parti pris des animaux dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».
La littérature n’a sans doute jamais autant dit son souci du vivant qu’aujourd’hui, et en marge de nombreux romans qui se saisissent de cet enjeu primordial, quelques essais empoignent avec force cette urgence, comme celui de Pierre Schoentjes, Littérature et écologie. Le mur des abeilles ou celui de Jean-Christophe Cavallin, Valet noir, tous deux publiés chez José Corti.
Florence Orwat s’interroge ici sur l’animal chez Jean de La Fontaine dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».
Pierre d’Almedia s’interroge ici sur les relations de la bête et l’écrivain chez Colette, Giraudoux et Vialatte dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».
Dans le cadre de Littérature au Centre portant les liens de la littérature à l’animal, la comédienne Rachel Dufour et le comédien Cédric Jonchière donnent de la voix pour lire des extraits de Colette, Jean Giraudoux en écho prolongé au propos de Pierre d’Almeida sur la bête et l’écrivain. Ils sont musicalement accompagnés par Théophane Bertuit sur un enregistrement et un montage de Jean-Louis Bettarel.