« Montrer trois triangles et dire qu’on est passé d’Euclide à l’Étoile de David (qui précédait Euclide du reste), c’est une pensée. Une pensée mise avec une autre pensée, dans un autre contexte, permet de porter un jugement, et de ne pas dire seulement « quel malheur », ou que sais-je…

Une fois par mois depuis mars 2016 et pour six séances, le Reflet Médicis accueille l’association Cinewax et son cycle documentaire Baatou Africa. La programmation met en avant les cinémas africains encore peu distribués dans les salles (encore moins s’agissant du documentaire), tout en mettant en relief leur diversité. Chaque séance s’inscrit dans une problématique telle que la jeunesse, l’oralité, le conte et la transmission, les diasporas ou les visions de femmes. Rencontre et entretien avec Marie-France Aubert qui met en lumière ces films au travers de sa programmation.

Double opportunité aujourd’hui d’évoquer l’œuvre de l’écrivain guinéen Tierno Monénembo, résidant hors de son pays depuis près de cinquante ans : le palmarès des grands prix de l’Académie française ce 23 juin, l’associe à 62 autres noms. Il est particulièrement mis à l’honneur avec le Grand prix de la francophonie que des écrivains prestigieux avant lui ont également obtenu. Par ailleurs, son roman de 2012, consacré à Addi Bâ, de son vrai nom, Mamadou Hady Bah (1916-1943), sous le titre Le terroriste noir, a été porté à l’écran par Gabriel Le Bomin sous un autre titre, Nos patriotes.

« Au tournant des années 80 et 90, un jeune universitaire, cinéphile et historien, fait des recherches sur un scénario perdu qu’un vieux cinéaste russe voulait tourner sur la Révolution française. Son enquête le conduit de Moscou à Paris, d’Arras à Barcelone, de Naples aux archives d’un studio de Hollywood, et jusqu’à Berlin au moment de la chute du mur.

Le journaliste et critique de cinéma Didier Roth-bettoni vient de publier aux éditions ErosOnyx Les années sida à l’écran. Un ouvrage pionnier sur la représentation au cinéma, entre 1981 et 1996, des malades et de leur entourage, ouvrage dans lequel l’auteur déploie une filmographie vertigineuse composée de centaines de films souvent très confidentiels ou malheureusement oubliés, ayant eu et continuant à avoir une importance cruciale sur cette question.

Un jour, je marchais rue de Belleville avec Thierry Thieû Niang, nous allions chez mon filleul Ariel, nous parlions et des enfants nous ont dépassé. Je les ai vu sans les voir. Je ne sais plus ce que nous nous disions quand Thierry m’a coupé, me montrant les trois gamins devant nous, un petit asiat, un petit rebeu et un petit noir : Regarde, c’est de ça qu’il faudrait parler, de ce qu’ils sont en train d’inventer. Et en effet, la danse était belle entre ces trois-là, ils avaient 9 ou 10 ans, leurs marches, le mouvement de leurs bras et leur voix avaient beau être si différents, leur trio faisait corps et sens et art, on avait là trois petits Titis parisiens. Je les revois encore.

Après Général Idi Amin Dada sur le terrifiant dictateur ougandais puis L’avocat de la terreur , où il dévoilait la face cachée de Jacques Vergès, Barbet Schroeder achève sa trilogie de la terreur avec Le vénérable W., documentaire glaçant sur le moine birman Wirathu, bouddhiste prêchant la haine et appelant à la disparition de la minorité musulmane des Rohingyas.

Vous vous souvenez sans doute de la musique de la série des Angélique, celle des Tontons flingueurs ou des Barbouzes ou de Fantômas ? Sans doute savez-vous que c’est Michel Magne qui a composé toutes ces notes que vous fredonnez encore. Véritable génie créatif, il est passé de la musique concrète à la variété pour ensuite se consacrer à la musique de film.

Une jeune fille avec un anus à la place de la bouche, une naine enceinte star d’une émission pour enfant sous le costume d’un ours rose, une prostituée sans yeux, une obèse sans le sous, une femme au visage déformé et son conjoint grand brûlé, un jeune homme qui rêve de perdre ses jambes pour devenir sirène face à une mère haïssable et un père absent que l’on soupçonne de pédophilie. Le tout enrubanné d’un décor ouaté, pailleté, rose vif ou mauve guimauve – les deux seules couleurs présentes dans un louable souci du détail : c’est un freak show kitschissime que le jeune réalisateur et comédien espagnol Eduardo Casanova nous propose dans son premier long métrage : Pieles.

Cannes 2017 ne renonce pas à la sacralité du cinéma en salle et va jusqu’à annoncer l’exclusion du concours, à partir de l’année prochaine, de ceux qui auront l’audace de distribuer leurs œuvres en dehors de l’écran magique de la salle.
Almodovar, président du jury, renforce l’anathème en affirmant qu’il ne sera pas possible de songer à une éventuelle Palme d’Or pour des films produits par Netflix ou par des plateformes semblables essentiellement dédiées au streaming.

Nous connaissons tous, à notre corps défendant souvent, les paroles de cette chanson de Pascal Obispo et son efficacité de earworm (ces vers d’oreille analysés par Peter Szendy dans Tubes) : « si j’existe, c’est d’être fan ». C’est à ce phénomène des fans, débordant largement du seul synonyme de groupies hystériques pour devenir un mouvement créatif, qu’est justement consacré le documentaire de Maxime Donzel, Tellement fan, diffusé sur Arte ce soir à 22 h 25.

Life : origine inconnue est probablement l’un des films les plus insignifiants qui soient. Le genre qu’on ne peut pas aller voir par choix ou par accident mais par désespoir.
Ni film d’auteur, ni blockbuster incontournable, il flotte dans la galaxie des films pop-corn qui remplissent tout de même les salles de moitié. On notera néanmoins deux têtes connues au casting, à savoir Ryan Reynolds et Jake Gyllenhaal – présents, on s’en doute, pour le cachet.