Le 20 mars dernier, Frank Smith présentait au Collège des Bernardins (75005) une série de cinétracts qu’il a réalisés à partir d’images prélevées sur le web, dans le flux assourdissant et aveuglant des actualités. Frank Smith s’inspire dans ce travail des cinétracts réalisés durant les événements de mai 1968 par Chris Marker et Jean-Luc Godard.

Renaud Monfourny expose à la Maison Européenne de la photographie et l’on retrouve 131 de ses portraits dans Sui Generis, livre publié chez Inculte/Dernière marge. Entrée dans un univers immédiatement identifiable, ou la scène culturelle par l’intime.

« Génie du lieu », « inventeur d’Amérique » et « découvreur d’écriture : de La Modification à Transit, en passant par Mobile et Matière de rêves, Michel Butor auquel Frédéric-Yves Jeannet adressait la semaine dernière sa lettre anthume, n’a cessé, au gré de ses voyages au Japon, aux États-Unis, en Australie, de faire bouger l’écriture, de la mener, elle aussi, aux antipodes.

L’exposition de Dorothée Smith à la galerie Les Filles du calvaire, à Paris, (jusqu’au 27 février), qui comporte deux volets, TRAUM et Spectrographies, est traversée par le thème des fantômes. On avait laissé Smith, né-e en 1985, avec la série Löyly, présentée aux Rencontres d’Arles en 2012, qui comportait un aspect bio-documentaire, et qui n’était pas sans évoquer Nan Goldin. On la retrouve armé-e d’une caméra thermique et proposant une fiction multidisciplinaire et fragmentaire. Entretien avec Dorothée Smith, par Charlotte Redler et Isabelle Zribi.

Capture d’écran 2016-02-19 à 09.27.09

Toute la semaine dernière, Diacritik a publié une série d’articles centrés sur littérature et art, dans ces croisements qui furent à l’origine même de notre journal : art contemporain, roman, essai, photographie, série télé, bande dessinée, cinéma et leurs échos infinis, comme une toile et un récit pour dire et penser le contemporain.

Parmi les figures de l’art contemporain représentées sur les tableaux retrouvés de Randall, dans le roman de Jonathan Gibbs, p. 172 : Louise Bourgeois. Et c’est justement Louise Bourgeois que figure un court (et magnifique) livre de Jean Frémon, Calme-toi, Lison, Louise Bourgeois prise dans un monologue intérieur en « tu », parfois interrompu par un « je », bribes de souvenirs et sentiments évidemment imaginaires mais ancrés dans la biographie — l’enfance à Choisy-le-Roi, le mariage avec Robert Goldwater, le départ pour New York, la création, Jerry Gorovoy…

Capture d'Øcran 2016-02-13 à 12.11.00

Bonjour Monsieur, l’exposition Jeff Koons on the roof, c’est à quel étage s’il vous plait ?

L’été est souvent propice aux activités les plus diverses et cette année-là, Bobo Loyer avait décidé de se mettre à l’art. Le vrai, le seul, l’unique, celui qui fait se vendre la croûte au prix de plusieurs Airbus A380, celui qui fait s’ébaubir les connaisseurs, se pâmer les ménagères et s’ennuyer les lycéens dans les couloirs des musées nationaux, avec dans le regard les airs atones du couteau regardant la poule dans le blanc des œufs.

En 2006, Deborah Eisenberg publiait un roman implacablement titré Zwilight of the Superheroes (Le crépuscule des superhéros, L’Olivier, 2009). En 2011, Marco Mancassola lui donne la réplique (sismique) avec La Vita erotica dei superuomini (La Vie sexuelle des super-héros, Gallimard). Comme l’illustration romanesque des installations de Gilles Barbier, L’Hospice (2002) ou du passage des Heroes de David Bowie (1977) (we can be heroes / just for one day) aux Zeroes, dix ans plus tard, sur l’album Never let me down. « Ne tombe pas » sont derniers mots, murmurés, de La Vie sexuelle des super-héros, justement.

 Galerie Simple1

La Galerie Simple est située dans le XVIIIe arrondissement de Paris, au cœur d’un quartier populaire. Elle est à la fois un atelier de création, un lieu d’exposition et un espace de résidence. Elle accueille également des intervenants qui y mènent des activités qui ne sont pas immédiatement artistiques ou encore des lectures d’écrivains. A travers ces pratiques diverses, la ligne générale est toujours celle d’une ouverture sur le dehors, une ouverture au public et au quartier, une politique des rencontres. Entretien avec Cécile, l’animatrice du lieu.

591

Voici un livre étonnant que publient à Liège les éditions Fourre-Tout : il est fait de 500 feuillets encollés les uns aux autres et réunit les archives d’un projet de transformation en musée d’art moderne et contemporain du vieil Arsenal de Maubeuge. C’est là qu’au terme de diverses péripéties devait naître un Centre Pompidou Mobile — bien moins coûteux que le Pompidou de Metz. Mais ce projet, écrit Emmanuel Caille, rédacteur en chef de la revue d’A qui rapporte les faits en introduction au volume, a été emporté avec pertes et fracas par l’élection qui remplaça en mars 2014 un maire socialiste par un maire UMP-UDI.

Le Centre Pompidou expose l’œuvre de Dominique Gonzales-Foerster jusqu’au 1er février 2016, un labyrinthe temporel (« Dominique Gonzalez-Foerster. 1887-2058 »), spatial (une trentaine d’œuvres entre la Galerie Sud, les terrasses du musée et l’atelier Brancusi) et intertextuelle tant l’œuvre de l’artiste est nourrie de cinéma, de littérature, de musique et d’architecture. Extension de l’exposition et œuvre à part entière, Marienbad électrique d’Enrique Vila-Matas paraît aux éditions Bourgois. L’ensemble forme un diptyque fascinant, jeux de miroirs entre deux artistes, deux univers, deux manières d’interroger la création, en conversation, dans une double mise en espace de strates qui se superposent, se conjuguent, se répondent.

Alors que paraît L’Autre journal d’Hervé Guibert (L’Arbalète Gallimard) — rassemblant les articles que l’écrivain publia en 1985-1986, mais aussi des entretiens et photographies —, retour sur le premier volume de ces Articles intrépides, paru en 2008 chez Gallimard et regroupant les papiers culturels de Guibert dans Le Monde (1977-1985).