Elle aime la solitude, cheffe des éléphant*es / soutient le monde, qu’elle porte sur ses têtes
Rentrée littéraire 2026
On entre dans Le Château de la Solitude comme dans une eau douce et fraîche, en glissant doucement dans un monde tout d’étrangeté délicate et tranquille, grâce à la prose régulière et claire de Luc Dagognet.
Dans La honte, Aïda N’Diaye explore la destructivité, la violence et la dimension politique de cet affect répandu, mais inégalement distribué.
« Sans autre sillon possible, nous continuerons à croire. » Un nom dissimulé sous un bandeau noir, un chœur-poème qui fait passer du « je » au « nous », une postface signée par la psychanalyste du narrateur…
Le livre de Jane Sautière traite d’un sujet (« les exilés en Europe, dans une grande ville riche d’un pays riche ») et délimite un point de vue (« mes propres observations au fil des jours, subjectives »).
Un soir du mois d’août, tard, par ennui, lassitude, canicule, j’ai revu La nuit des morts-vivants de Georges Romero.
Après deux premiers livres à sonder le désir, Robin Josserand fait paraître Après Mireille, un roman-enquête sur son arrière-grand-mère déportée.
Le strabisme comme clé de voûte du récit familial : voilà le pari audacieux du premier roman de Victoria Kaario, aussi juste que drôle, qui sonde la folie et les violences d’un foyer à partir d’un trouble de la vision en apparence anodin.
Debout dans tes rêves est un réseau de relations amoureuses. Le livre décline différents types d’amour : amours au présent ou amours passés, impliquant la sexualité ou non, amours se décomposant, détruits, qui demeurent.
Trente ans ont passé lorsque Jeanne apprend la mort de son ancienne professeure de sport. Dans les vestiaires du collège, cette femme l’a agressée sexuellement. Jeanne n’en a rien dit. Devenue adulte, elle décide d’entrer par effraction dans la maison de celle qui vient de mourir… Elle ouvre les tiroirs, fouille les placards, regarde les vêtements et les objets. Que cherche-t-elle exactement ? Une preuve, une explication, ou quelque chose qui permettrait enfin d’inscrire dans la réalité ce qui, pendant trente ans, est demeuré sans véritable représentation ?
« La dernière pièce de l’édifice posé dans une zone intermédiaire ». Entretien avec Antoine Volodine
Depuis Biographie Comparée de Jorian Murgrave, publié en Présence du Futur en 1984, celui qui se fait appeler Antoine Volodine a construit un édifice littéraire sans équivalent dans toute la littérature : une cathédrale en ruines, pleine de dédales et de détours, hantée par des figures à la frontière de la vie et de la mort, de l’humanité et de l’animalité ; les trous dans les murs laissent voir au dehors un paysage désastré, où errent les formes diverses que prend l’humanité à un stade terminal. Grand entretien avec l’auteur de Retour au goudron, signé Infernus Iohannes, nom collectif pour un écrivain unique.
La fille de Mars, c’est Hélène Smith, pseudonyme d’Élise Müller, médium et artiste suisse, voyageant astralement à travers l’Univers, rencontrant des civilisations extraterrestres, communiquant avec des esprits, avec la Vierge ou des anges qui lui dictent des consignes, qui l’obligent à réaliser des tableaux.
Devenir enseignant est moins une vocation qu’une folie. Du moins, c’est une source d’éternelle inquiétude. Il n’y a qu’à lire La solitude des professeurs est infinie pour en avoir un aperçu.
Dans sa Bibliothèque, Diodore de Sicile nous apprend qu’Osiris, après qu’Isis eut inventé l’orge et le froment, fit perdre aux hommes l’habitude de se manger entre eux.
Voici « les Onze » de Volodine – les Bardo solo, Chagrins, Défections & Cie, Dernière livraison, La Grande misère, Les Meilleurs d’entre nous, Malaise chez les plongeuses, Mémoire mode d’effroi, Survies minuscules, Zone crypte zone miroir, Ultimes sursauts –, onze volumes du dernier édifice d’une aventure littéraire, poétique, politique, révolutionnaire, qui se clôt sous la signature d’un collectif, Infernus Iohannes…