Indéniablement, livre après livre, David Bosc s’impose comme l’une des voix majeures de la littérature contemporaine. Son nouveau récit, Le Pas de la Demi-lune, splendeur hantée par Marseille, le Japon des Samouraïs et les paysages d’attente de Julien Gracq, ne déroge pas à la règle. À Mahashima, au milieu des ruines, bien après un conflit, deux personnages, Shakudo et Ryoshu vivent heureux jusqu’à ce que Ryoshu décide de revenir sur les paysages de son enfance. Dans une langue mesurée, d’une rare délicatesse, David Bosc livre le contemporain à une écriture du sensible et une réflexion sur la communauté en tout point remarquable. Diacritik est allé à la rencontre du romancier le temps d’un grand entretien car, plus que jamais, il faut lire David Bosc.

Ce matin il y a du vent sur la mer et pourtant tout est déjà chaud. La télé parle en continu et en même temps que la radio et que les gens qui font la queue de partout. Les avions low cost font des allers-retours dans le ciel et déversent sur le Vieux Port des gens qui se ressemblent tous. Et qui se perdent comme ils peuvent dans les petites rues. Et qui cherchent un morceau de la mer. Et qui achètent des savons. En plein milieu d’une tempête de soleil qui bombarde tout.

C’est avec une grande et profonde tristesse que nous avons appris la disparition de la flamboyante poétesse et plasticienne Delphine Bretesché. Enthousiasmante, vivante et généreuse : tels sont les trois termes qui viennent spontanément pour qualifier à la fois la personnalité de Bretesché aussi bien que son approche si singulière de la poésie. C’est une poésie de l’accueil que déployait la jeune femme, aussi bien de l’ailleurs le plus résolu que de la forme la plus mobile. Une poésie qui habite le monde qui, sans cesse, serait une promesse de venir l’habiter. Marseille, Festin !, texte important et si enlevé que signait l’an passé Delphine Bretesché avait été l’occasion pour Diacritik de lui consacrer un grand entretien ainsi qu’une émission radiophonique de Paul de Brancion : ce sont ces deux moments d’écoute et de parole de Delphine Bretesché que nous vous proposons de nouveau aujourd’hui pour lui rendre hommage.

Je voulais m’en aller mais je n’ai pas bougé est le titre d’un livre de Jean-Jacques Viton paru aux éditions P.O.L en 2008. C’est aussi le titre d’un livre de photographies que Marc-Antoine Serra vient de publier aux éditions Salon du Salon. C’est également ainsi que s’intitule l’exposition de Marc-Antoine Serra qui se tient au Salon du Salon, à Marseille, jusqu’au 25 octobre 2021.

Enthousiasmant, vivant et généreux : comment penser autre chose après avoir lu Marseille Festin ! de Delphine Bretesché qui vient de paraître aux toujours passionnantes éditions LansKine ? Dans ce poème continu sur Marseille, la poète nantaise déploie sa joie à explorer la ville, s’interroge sur la manière de l’habiter et d’être poète à la cité. Réflexion sur le foyer mais sur aussi la solitude provisoire, Marseille Festin ! est sans doute l’un des textes contemporains parmi les plus accomplis sur l’acte poétique de la résidence d’écrivain : ce qu’elle implique du vivant et de l’écriture. Autant de questions que Diacritik s’est empressé d’aller poser à Delphine Bretesché le temps d’un grand entretien.

Diacritik inaugure une série d’entretiens explorant les nouvelles écologies du récit : que peut la littérature dans un monde en crise ?
Les éditions Wildproject célèbrent cette année leur dixième anniversaire : l’occasion de lancer cette série par un grand entretien avec leur fondateur, Baptiste Lanaspeze.

Comme chaque année à Marseille, Actoral lance la saison théâtrale. Cette 18è édition prend des airs de fête d’anniversaire : pour les 30 ans de sa compagnie Diphtong, Hubert Colas (à la tête du festival depuis 2001) présente Désordre, l’une de ses pièces re-mise en scène pour l’occasion. Ici, en ville, septembre fête le théâtre, la danse et les écritures contemporaines. Pourtant cette année sonne comme la fin d’une adolescence bercée d’illusions : noircie par la marche du monde, l’hyper-connectivité, la solitude.

« Sois nu quand tu sèmes, nu quand tu laboures, nu quand tu moissonnes, si tu ne veux pas, manquant de tout, aller mendier dans les demeures étrangères » (Hésiode). La scène est plongée dans le noir et bruisse de petits bruits. On pressent dans cet espace, amplifié du son de yodels lointains, que le jour va se lever. Le jour des « travaux et des jours ». Le jour du travail humain. Le jour des mains laborieuses de la journée d’homo faber. Une heure de besogne s’en suit, attentive et concentrée. Les gestes simples du labeur, les figures obligées des danses du folklore autrichien, patiemment formalisés, construisent la gestuelle abstraite d’une liturgie scénique à laquelle un danseur nu officie en solitaire. Un petit neveu montagnard de la grande Hannah Arendt épèle en gestes méthodiques La Condition de l’homme alpin.