Le dernier livre de Marie Cosnay est le troisième moment d’une série commencée en 2021 autour de la politique d’immigration européenne actuelle. Il s’agit de mettre au premier plan ce que fait cette politique productrice de mort, de négation des vies non reconnues comme valables. Il s’agit de produire un contre-discours, d’affirmer ce qui est fait politiquement mais aussi, surtout, ces vies en elles-mêmes, les espoirs, les rêves, la recherche de la vie par ces corps et ces esprits vivants.
livre
Après avoir publié l’an dernier Ordure, d’Eugene Marten, les éditions Quidam publient aujourd’hui En aveugle, livre aussi étrange que le précédent.
Récemment, la littérature autour de la violence incestuelle se multiplie, tissant une trame de plus en plus serrée d’expériences singulières mais qui, par cette multiplication et ce tissage, se mettent à résonner ensemble. Dans ce contexte, le recueil Firestar d’AD Rose se distingue par une écriture trash, gonzo, une poésie sans lyrisme qui recueille l’écume rougeoyante de la violence et se présente comme la première étape pour construire un espace discursif dans lequel penser en commun le fait incestuel.
Comme dans son précédent roman, Real Life, Brandon Taylor, dans Les Derniers Américains, se concentre sur un microcosme composé d’un échantillon de jeunes américains, sur leurs relations, leurs aspirations et désirs, sur leurs actes. Dans les deux livres, l’auteur choisit moins un point de vue omniscient que celui d’une sorte d’entomologiste, celui d’un regard qui par son microscope devient capable de décrire, de contempler, d’examiner.
Deuxième partie de l’entretien avec Jørn H. Sværen à propos de son livre Musée britannique, mené par Emmanuèle Jawad et traduit par Emmanuel Reymond.
Une formule liminaire donne le ton, grandiose, du nouveau recueil de poésie d’Ocean Vuong : « Il était seul dans le jardin, si noir / que la nuit bleuissait autour de lui ».
Il s’agirait d’une sorte de journal qui ne serait pas un journal. D’une sorte d’autobiographie dans laquelle le mouvement réflexif n’atteindrait jamais le centre où est supposé se trouver ou se constituer le Je – mouvement qui repartirait toujours vers d’autres directions, comme spiralaire, sans fin. Il s’agirait de l’Histoire mais prise dans les spirales d’un temps décloisonné. Il s’agirait d’un Je rhizomatique, arborescent, pluriel. Il s’agit d’un livre d’Hélène Cixous, c’est-à-dire d’un météore étrange, errant.
Écrit autour de sa vie de Palestinien vivant à Paris, de la nostalgie de la Palestine, de l’activité de journaliste, de l’existence des êtres broyés et de la nature détruite, Exercices d’apprentissage écrit un Je à la fois singulier et collectif, une poésie qui est peut-être un contre-pouvoir. Entretien avec Tarik Hamdan.
Essai sur l’histoire et la littérature, Faire trace analyse les différents types de textes relatifs aux camps d’extermination nazis pour en approfondir les enjeux et implications, pour mettre en évidence leurs choix formels, stylistiques, mais aussi leur prolongement jusqu’à aujourd’hui. Entretien avec Maxime Decout.
Jørn H. Sværen est un auteur, éditeur et traducteur norvégien. Il a dirigé la maison d’édition H Press et dirige actuellement England Forlag. Il a édité Den engelske kanal, une revue annuelle dédiée à la poésie contemporaine scandinave et internationale en traduction. Figure reconnue de la poésie norvégienne contemporaine, il est aussi le traducteur en particulier d’Emmanuel Hocquard et de Claude Royet-Journoud.
À travers ses trois ouvrages – Photocall, projet d’attendrissement (Petits Matins, 2021), Récupérer (Petits matins, 2015), La langue du garçon (Al Dante / Presses du réel, 2023) – y-a-t-il un rêve de livre unique ? À l’occasion de la parution de La langue du garçon, entretien avec Vincent Broqua.
Dans le récit d’Adrien Girault, les mots forment une surface qui laisse passer un silence, des choses non dites, non articulées par un langage qui les exposerait en plein jour. Le livre est fait de ce rapport entre la surface et ce qui existe au-dessous, ce qui s’agite sous cette surface et y produit des ondes, des remous – des signes qui cachent autant qu’ils font pressentir une obscurité, des ombres.
À l’occasion de la réédition, aux éditions Gospel, des Carnets de l’Underground, centrés désormais sur les seuls textes de Gabriel Cholette, retour sur cette œuvre remarquable de la littérature LGBT+ actuelle, au style épuré et intense (paru initialement aux éditions Triptyque et illustrée par Jacob Pyne).
Le livre de Frank Smith concerne des faits qui ont eu lieu en Syrie durant l’année 2013 : massacres, bombardements, tortures, emprisonnements, violations des droits humains. Le livre se base sur des rapports rédigés par une commission d’enquête internationale de l’ONU.
Incendire. Le livre d’Hélène Cixous effectue ce que le titre annonce, il incendie-incendit le réel, la littérature, il propage un brasier verbal qui élève la langue au rang de phénix, de création immunisée contre son devenir cendres.