En novembre 2023, les éditions Burn~Août publiaient, sous la direction de Vincent Romagny, Politiser l’enfance. Cet impressionnant recueil, dont le titre est inspiré des travaux de Tal Piterbraut-Merx, réunit des textes classiques ou inédits qui dénaturalisent la catégorie d’enfance pour la considérer comme une construction politique.
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Dernier livre en date du poète espagnol, Le sentiment de la vue se compose de 63 poèmes écrits entre 2003 et 2015. Il s’agit du premier livre de Miguel Casado intégralement traduit en français (par Rafael Garido et David Lespiau). Parallèlement à son travail de poète, Miguel Casado a produit une importante œuvre critique et de traduction. Cet entretien avec Miguel Casado mené par Emmanuèle Jawad est traduit du castillan par Rafael Garido.
« J’aimerais mieux pas » est devenu célèbre comme une des traductions possibles du « I would prefer not to » énoncé par Bartleby dans la nouvelle de Herman Melville (1856). « J’aimerais mieux pas » et « je préférerais » reviennent dans le livre de Cathy Jurado comme les amorces de huit longs poèmes sur la condition féminine.
Dans Tout ce qui nous était à venir, Jane Sautière développe un regard rétrospectif mais surtout un questionnement sur le présent : non pas « qui suis-je aujourd’hui ? » mais « qu’est-il en train de m’arriver, d’arriver ? ». La vieillesse, la maladie, l’absence du monde d’avant sont synonymes de l’émergence de quelque chose de nouveau. C’est cette nouveauté qui est d’abord l’objet de ce livre.
Ça commence par un soir à Lille. J’assiste à la restitution d’un atelier étudiant intitulée « Nos colères », un montage d’une heure et demie à partir d’une vingtaine de textes différents, mis en scène par Catherine Gilleron et Rémi Poppeschi. Ce spectacle tout en fragments se termine par un extrait de sola gratia de Yacine Sif El Islam.
À l’occasion de la parution de son livre Le cours de l’eau, aux éditions Corti, entretien avec Grégoire Sourice par Emmanuèle Jawad.
Auteur de romans de science-fiction d’avant-garde comme La Lune noire d’Orion ou Rivage des intouchables, d’un roman de fantasy en deux volets, Khanaor, et d’un cycle romanesque en neuf volumes, Le Rêve du démiurge, Francis Berthelot semblait avoir conclu avec le dernier tome de ce cycle sa carrière de romancier en 2015. Il nous est revenu en octobre 2023 avec un nouveau roman, Auto-Uchronia ou Fugue en zut mineur, qui nous montre qu’il n’a pas fini de nous étonner.
Plus qu’un roman de formation, La vie précieuse (The Terrible) est le récit d’un trajet, d’une trajectoire de vie mais apparemment sans finalité claire, sans but autre que continuer à vivre – une vie que l’on veut continuer sans savoir comment ni en vue de quoi.
Le dernier livre de Marie Cosnay est le troisième moment d’une série commencée en 2021 autour de la politique d’immigration européenne actuelle. Il s’agit de mettre au premier plan ce que fait cette politique productrice de mort, de négation des vies non reconnues comme valables. Il s’agit de produire un contre-discours, d’affirmer ce qui est fait politiquement mais aussi, surtout, ces vies en elles-mêmes, les espoirs, les rêves, la recherche de la vie par ces corps et ces esprits vivants.
Après avoir publié l’an dernier Ordure, d’Eugene Marten, les éditions Quidam publient aujourd’hui En aveugle, livre aussi étrange que le précédent.
Récemment, la littérature autour de la violence incestuelle se multiplie, tissant une trame de plus en plus serrée d’expériences singulières mais qui, par cette multiplication et ce tissage, se mettent à résonner ensemble. Dans ce contexte, le recueil Firestar d’AD Rose se distingue par une écriture trash, gonzo, une poésie sans lyrisme qui recueille l’écume rougeoyante de la violence et se présente comme la première étape pour construire un espace discursif dans lequel penser en commun le fait incestuel.
Comme dans son précédent roman, Real Life, Brandon Taylor, dans Les Derniers Américains, se concentre sur un microcosme composé d’un échantillon de jeunes américains, sur leurs relations, leurs aspirations et désirs, sur leurs actes. Dans les deux livres, l’auteur choisit moins un point de vue omniscient que celui d’une sorte d’entomologiste, celui d’un regard qui par son microscope devient capable de décrire, de contempler, d’examiner.
Deuxième partie de l’entretien avec Jørn H. Sværen à propos de son livre Musée britannique, mené par Emmanuèle Jawad et traduit par Emmanuel Reymond.
Une formule liminaire donne le ton, grandiose, du nouveau recueil de poésie d’Ocean Vuong : « Il était seul dans le jardin, si noir / que la nuit bleuissait autour de lui ».
Il s’agirait d’une sorte de journal qui ne serait pas un journal. D’une sorte d’autobiographie dans laquelle le mouvement réflexif n’atteindrait jamais le centre où est supposé se trouver ou se constituer le Je – mouvement qui repartirait toujours vers d’autres directions, comme spiralaire, sans fin. Il s’agirait de l’Histoire mais prise dans les spirales d’un temps décloisonné. Il s’agirait d’un Je rhizomatique, arborescent, pluriel. Il s’agit d’un livre d’Hélène Cixous, c’est-à-dire d’un météore étrange, errant.