En 2012, dans un entretien amical, Jean-Luc Nancy et Jean-Clet Martin échangeaient au sujet de Derrida, du corps, du politique, de Spinoza – échanges ouvrant ou soulignant des résonances, des lignes possibles entre l’œuvre de l’un et celle de l’autre, des transversales à l’intérieur de chacune de ces œuvres qui sont aussi des lignes qui tendent vers un dehors, comme pour toute pensée véritable.

                                                                                                                          À l’invitation de la Triennale d’art contemporain SUD2017, une œuvre éphémère de Sylvie Blocher a été posée mercredi 6 décembre sur un carrefour de Douala au Cameroun.

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

L’histoire du concept de déconstruction – en philosophie et au-delà de la philosophie – est longue et complexe. Mais c’est ici au sens spécifique donné à ce mot par le philosophe français Jacques Derrida que je veux exclusivement référer afin de réhabiliter l’ampleur et la subtilité de ce geste aujourd’hui souvent décrié, essentiellement d’ailleurs par ceux qui ne le connaissent pas. L’amour, qui traverse cette démarche de part en part, semble-t-il, inquiète. Et parce que Derrida a toujours pensé et écrit dans une chronologie décalée, c’est maintenant plus que jamais, alors que notre temps radicalisé est comme allergique à toute forme de subtilité et de nuance, qu’il faut le lire et l’affronter.

« Surtout, pas de journalistes ! » ironisait Jacques Derrida lorsqu’il rapportait les paroles de Dieu enjoignant à Abraham d’observer une absolue discrétion. Force est de reconnaître que Dieu, s’il était vraiment parmi nous et devant sa télévision hier soir, aurait pu clamer la même chose en prenant des airs derridiens s’il avait regardé l’épouvantable et ultime débat des primaires de la Gauche, opposant le présenté-comme-frêle Benoît Hamon au hargneux-et-autoritaire Valls.

Jeudi 3 novembre à partir de 19h, Diacritik vous propose d’assister en direct à une conversation entre le philosophe Armen Avanessian et le théoricien de la littérature Lionel Ruffel. Cette rencontre animée par Jean-Max Colard et Johan Faerber sur la question du « post-contemporain » a lieu au Centre Pompidou (dans la Petite Salle) et sera par ailleurs retransmise en simultané sur Diacritik.

Au cœur de ses chroniques quotidiennes et benjaminiennes sur la télévision rassemblées, à la fin des années 1980, dans Le Salaire du Zappeur, Serge Daney abandonne le cinéma à sa présumée mort pour privilégier la quête herméneutique sans répit d’une nature profonde de l’image télévisuelle, toujours diffuse, à travers ses différents programmes. C’est inévitablement que le critique en vient à examiner avec attention la retransmission de la messe du dimanche matin qui, selon lui, ouvre à une interrogation fondatrice sur l’image et son lien à la foi intangible : « Peut-on ne communiquer (voire communier) avec quelque chose que par le regard ? » Nul doute qu’une telle question qui fait du visible télévisuel l’espace renouvelé sinon inédit du sacré trouve une réponse plus que positive de Jacques Derrida dans Surtout, pas de journalistes !, stimulante conférence prophétique de justesse sur l’époque, récemment publiée aux éditions Galilée.